Maladies du cœur.— Le plus souvent, comme
nous l'avons établi ailleurs, les altérations de structures qui constituent pour les auteurs, ces maladies sont les symptômes d'obstacles matériels à la circulation, et ceux-ci peuvent être en rapport : avec une disposition de tout le corps ; avec une petite dimension du thorax ; un grand volume de l'abdomen ; le petit diamètre des vaisseaux ou leur rétrécissement partiel (Gorvisart); des ossifications résultant de l'âge, etc. Dès lors ces circonstances organiques pouvant provenir de la parenté expliquent les faits suivants. Portai cite deux familles dans lesquelles plusieurs individus sont morts à la suite de maladies du cœur dont il constata l'hypertrophie et la dilatation par la nécroscopie (47). Je pourrais citer plusieurs faits de ce genre tirés de ma pratique civile. Tantôt il y avait coïncidence d'un gros ventre chez les ascendants et les descendants; tantôt chez les uns et les autres , les membres étaient effilés et le corps menu, etc. Deux de nos observations se rapportant à l'hérédité, ont trait à l'hypertrophie du cœur : dans la première, un frèieet deux sœurs en furent affectés comme l'avait été leur père; dans l'autre, où le cas fut mortel, la mère, quatre tantes, deux oncles maternels et la fille, furent atteints de la même affection. Toutefois les vingt anévrysmatiques qui ont servi à nos relevés en 1833, étaient nés de parents qui n'avaient point eu île maladie semblable à la leur. La mère seule de l'un d'eux était morte de phthisie.
208. Que si nous consultons nos relevés actuels, nous trouverons 4G cas d'hypertrophie du cœur, sur lesquels des circonstances d'hérédité ont été notées neuf fois, ce à quoi nous étions loin de nous attendre. Cette proportion est d'autant plus grande qu'à coup sûr les malades n'ont pu connaître tous les cas où leurs pa-
rents avaient le cœur plus gros qu'il ne devait l'être.
209. Si l'on additionne les anciens relèves et les nouveaux , on aura 06 cas, dans lesquels 6 fois la maladie a pu être héréditaire, ce qui serait moins surprenant. La différence entre nos anciens relevés et les nouveaux, prouve combien il faut être en garde contre des résultats déduits de faits peu nombreux.
210. D'après les considérations précédentes, l'influence de l'hérédité dans les maladies du cœur me parait exisier; mais jusqu'à présent elle semble renfermée dans des limites assez étroites : le onzième des cas.
211. 3° Laryngite , bronchite , catarrhe. C'est une chose remarquable que de voir les divers membres d'une même famille présenter un même timbre devoix. On trouve daus mesdemoiselles Garcia le talent de leur regrettable sœur, il peut s'agir dans ces faits d'influences autres que l'hérédité.
212. 4" Un praticien de premier ordre m'a afhrmé avoir vu la disposition à la bronchite être transmise par génération. Ce fait est en rapport avec notre relevé; car sur 68 eas de catarrhe, j'en trouve 9 où les parents étaient très disposés à cette maladie.
21 3. 5° Hémoptysie. Elle est souvent héréditaire. Déjà nous eu avons parléà l'occasion des hémorrhagies. On nous a cité des eas où des parents anévrysmatiques avaient donné naissance à des enfants très-disposés aux hémoptysies.
2! 4. 6° Êmpitj'stme du poumon. On doit surtout à MM. Louis et Jackson des recherches sur l'hérédité de l'emphysème pulmonaire. Ces Messieurs ont montré que sur 28 sujets qui en étaient atteints , 18 avaient eu leur mère ou leur père affecté d'une lésion du
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niême genre, et que plusieurs en étaient morts. Les frères et les sœurs en avaient été aussi parfois frappés. Sur 50 sujets qui ne présentaient point d'emphysème, trois seulement avaient été asthmatiques. Sur 10 cas d'emphysème consignés dans nos relevés, l'hérédité a été bien moins marquée, puisqu'elle n'y a été notée que deux fois ; mais peut être s'agit-il ici d'observations où Ton aura omis d'écrire, sous ma dictée, ce qui avait rapporta l'hérédité; de sorte que, comptant peu sur ce résultat, je m'en rapporte , jusqu'à plus ample information , aux inductions auxquelles conduit le travail de M. Louis. Je pense que la prédisposition à l'emphysème pulmonaire est communément héréditaire. Les relevés suivants sur l'asthme , dans lesquels à coup sûr se seront trouvés quelques cas d'emphysème des parents , me portent aussi à partager l'opinion de M. Louis.
215. Nous ne trouvons dans nos notes qu'un fait remarquable à citer; il a élé observé à l'hôpital Necker. Un homme atteint d'emphysème a vu périr son père et sa sœur de la même affection. Sa mère est morte hydropique.
216. 7. Asthme. L'hérédité de l'asthme est généralement admise. Avant d'entrer dans la question qui concerne cette maladie , il faudrait déterminer quelles sont les diverses affections désignées par ce nom. Ceci nous conduirait trop loin. D'abord, s'il s'agit de vices de conformation, de maladies du cœur et d'emphysème des poumons , nous avons dit ce qu'il en fallait penser; nous parlerons bientôt des névralgies, et par conséquent, ce qui a traita l'angine de poitrine y trouvera sa place. Nous ne pouvons donc parler que de l'asthme essentiel ; mais il est évident que les ma-
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lades ne font pas ces distinctions, puisqu'un si grand nombre de médecins ne les font pas eux-mêmes. En conséquence, nous ne pouvons donner que des résultats en rapport avec plusieurs affections désignées par le public sous le nom d'asthme.
217. « Alibert rapporte l'histoire remarquable d'une famille dans laquelle les frères furent atteints d'asthme vers l'âge de 40 ans. Une observation deFloyer prouve aussi l'influence de l'hérédité dans cette maladie.
218. Cette maladie nous a fourni des résultats inattendus dans la question qui nous occupe. D'après nos relevés, elle serait éminemment héréditaire. 32 cas ont été recueillis avec soin ; 22 semblent avoir été transmis par les parents; 1 0 seulement ne le sont pas ; sur ces 32 cas nous en citerons 7 qui nous ont paru de nature à exciter la curiosité et la méditation. Les sujets sur lesquels ont été prises ces observations sont toutes des femmes de la Salpêtrière.
21 9. Une première avait sa mère, 2 frères et un oncle maternel atteints de la même affection.
Chez la seconde, c'était sa mère, 2 frères et 4 sœurs qui avaient été asthmatiques.
La 3e femme avait son père, sa mère, et 3 oncles maternels dans le même cas.
Le père, la fille, et une sœur de la 4e portaient la même affection.
Dans le cinquième cas, le mal s'était transmis directement par quatre générations de la mère à la fille, à la petite-fille et à larrière-petite-fille.
La 6e femme avait vu succomber à cette maladie
son père, sa mère, 2 sœurs et un frère, tous morts à l'Hôtel-Dieu.
Enfin, la 7e avait successivement perdu 7 membres de sa famille, victimes de la même affection; c'était sa mère, sagrand'inère, trois oncles maternels, une tante maternelle et un frère.
220. En présence de tels faits, il serait bien difficile de révoquer en doute l'hérédité de l'asthme considéré en général. Il y a lieu de croire que presque toutes les affections réunies sous ce nom, sont plus ou moins sous l'influence de l'hérédité.