ARTICLE IL
Maladies des organes «le la digestion et des sécrétions.
221 . 1° Pour peu qu'on ait vu quelques familles, on remarque combien les dents se ressemblent dans les générations successives sous le rapport de leur forme et de leur arrangement. Je n'insiste pas sur ce fait vulgaire. Les dents se carient en général promptement chez ceux dont les parents présentaient de bonne heure la même affection. Pour tous les dentistes, et particulièment pour MM. Oudet et Cousin, la chose est incontestable. On assure même que lorsque les pères ou les mères ont des dents surnuméraires, les enfants sont exposés à en avoir.
222. 2° Il parait que certains cas de souffrances inflammatoires, nerveuses, cancéreuses à? l'estomac ont
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été observés dans les divers membres dune même famille , et qu'on n'a pas trouvé d'autres causes que l'hérédité, pour expliquer l'invasion du mal chez les descendants.
223. 3° Ce qui a été dit des hémorrhagies en général se rapporte aux hémorrhoides. Les auteurs citent quelques faits à l'appui de cette assertion.
224. 4° Quant aux maladies du foie, dont les souffrances peuvent souvent être sous l'influence de l'hérédité, il n'y a point de faits importants à noter. Quelquefois le squirrhe de cet organe a été observé chez le père et chez le fils ( Boërhaave ).
225. 5° Les relevés de nos observations sur les maladies de la rate sont de beaucoup plus intéressants. Ces relevés se rapportent en presque totalité aux faits que j'ai dictés à la clinique.
226. Or, bien que je questionne tous les malades sur l'hérédité, et cela depuis longues années, je ne trouy dans aucun des 183 cas que je possède, que les parents aient été atteints de fièvre intermittente. Est-ce que les élèves n'auraient pas écrit, et cela dans aucun cas , les résultats obtenus? Est-ce que Ion n'aurait pas noté la coïncidence ( si elle eût existé), par cela seul que les parents et les enfants habitaient à la fois un lieu où régnaient les fièvres? Cela est possible. Dans tous les cas j'exprime un fait : dans ces 1 83 cas, on n'a pas noté les fièvres intermittentes chez les parents. Je suis tenté d'en accuser la manière dont j'ai dicté les notes. A l'avenir, je me préserverai contre toute erreur à ce sujet.
227. 6° Hernies. La disposition à en être atteint parait être transmise par les parents. On voit quelquefois, dit M. Sanson (49), les enfants d'un père affecté de her-
nie en être atteints à leur tour; mais, ajoute-t-il, eela tient peut-être plutôt à ce qu'en général les enfants adoptent un genre de vie analogue à celui des parents, qu'à une disposition d'hérédité. M. Raige-Delorme, qui paraît admettre celle-ci ,* s'en rend compte en disant : que l'enfant naît avec la même faiblesse originelle des parois et la même largeur des ouvertures abdominales que ses parents; ce qui explique très bien le fait (50). Sur huit cas qui ont étéirécemment recueillis, ii s'en est trouvé quatre où des malades affectés de hernies avaient des parents frappés de cette infirmité.
228 et 229. | 7° Néphrite. 11 est indispensable, sous le rapport de l'hérédité , de distinguer ses diverses formes. Rien ne porte à supposer, dans les faits que je connais, que la néphrite simple, que la pyélo-néphrile, la périnéphrite simple, soient héréditaires. On a fait judicieusement la remarque que la néphrite albumineuse est connue depuis trop peu de temps pour qu'on puisse juger du degré d'aptitude à la contracter qui peut être en rapport avec l'hérédité : « Ce n'est que sur une seule observation, disent MM. De la Berge et Monneret, que l'on peut établir l'influence de l'hérédité comme prédisposition à cette maladie (51). »
230. 8° Les lésions tuberculeuses , cancéreuses du rein suivront en quelque sorte les lois de l'hérédité des tubercules ou du cancer considérés en particulier. Mais parmi les affections nombreuses dont les reins peuvent être atteints, c'est le diabètes et la rayante calculeuse sur lesquels il y a le plus à insister sous le rapport de l'hérédité.
231 . 9° Les auteurs qui se sont occupés le plus du djuibé* /^onteitédesobservations dans lesquelles il a paru être
héréditaire. De ce nombre sent Blumenbaeh , et Isenflamn, qui vit sept enfants dans une même famille en être successivement atteints. D'une part, les observations ne sont pas assez nombreuses pour élucider la question; et de l'autre, comme pour toutes les questions d'hérédité, se présente toujours cette grave difficulté , de savoir si c'était bien la transmission de famille , ou l'influence des mêmes circonstances sur des individus vivant ensemble , qui avait donné lieu au mal. Il n'est pas prouvé dons l'état actuel de la science que le diabètes soit héréditaire.
232. 1 0°Presque tous les auteurs s'accordent pour regarder la gravette et la néphrite calculeuse comme héréditaires. Telle est l'opinion de tous ceux qui ont admis l'existence des maladies transmises par les parents, et il n'y a guère que Louis qui ait une manière de voir opposée. M. Petit ne révoque pas en doute que le mal soit souvent en rapport avec l'hérédité. M. Ollivier dit que cette prédisposition existe surtout pour les calculs et pour les concrétions arthritiques ( 53 ). M. Ferrus l'attribue à une certaine organisation des reins transmise par les parents (54). M. Jolly, admettant le même fait , va plus loin et dit que l'étroitesse congénitale des conduits excréteurs pourrait bien expliquer l'hérédité des calculs dans certaines familles. M. Rayer, dont le nom est devenu inséparable de l'histoire des maladies des reins, admet que l'hérédité de la néphrite calculeuse est un fait incontestable. Aussi les auteurs mentionnent -ils un assez bon nombre de faits particuliers assez analogues aux suivants :
233. Le père de Michel Montaigne était atteint de calcul, et il en fut ainsi de son fils.
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234. Hoffmann rapporte l'histoire d'une princesse attaquée de la pierre, qui mit au monde un enfant, dans la vessie duquel on reconnut, dès le vingtième jour après sa naissance, la présence d'un calcul très volumineux.
235. Je suis, pour ma part, très disposé à admettre que la gravelle et la néphrite calculeuse sont héréditaires. J'avoue même que je le crois, et j'aurai quelques faits à faire valoir à l'appui de cette croyance; mais les faits qui me sont connus ne sont pas assez nombreux encore pour démontrer que ces affections sont héréditaires, et pour faire juger surtout dans quelles proportions elles le sont.