ARTICLE VI
Maladies des organes de l'appareil de la génération.
290. À part ce qui se rapporte à la syphilis, au cancer et à quelques vices de conformation, je n'ai rien trouvé dans les auteurs ou dans mes noies qui, sous le rapport de ces maladies , présentât de l'intérêt. Sans doute quelques recherches sur la niétrorrhagie normale en rapport avecl'hérédité seraient utiles;mais elles rentreraient dans le domaine de la physiologie.
291 . Les cas de métrorrhagies anormales, de cancer, d'hydatides, etc., des organes génitaux, rentrent facilement dans les considérations générales établies dans la première division de la deuxième partie de ce travail.
Considérations générales déduites de la deuxième partie.
292.L'ensembledes faits particuliers que nous venons de passer en revue dans la seconde partie de ce travail confirme les considérations générales de la première. Il est donc des maladies qui se transmettent par génération , et surtout il en est, dont le germe ou l'aptitude se communique exclusivement des parents à
leurs descendants. Ces dernières sont beaucoup plus nombreuses que les premières ; car il est rare de naître avec une maladie transmise par les parents. Presque toujours c'est à un âge variable , en raison des diverses maladies , que la disposition héréditaire se développe; alors, sans doute, il faut, pour que ce développement s'opère, l'action d'une cause occasionnelle ; mais souvent celte cause est très peu active, et cette circonstance qui n'aurait produit aucun effet si l'hérédité n'eût pas existé, détermine, lorsqu'elle a lieu, un effet très grave et qui n'est en rien en rapport avec elle. Les maladies héréditaires sont loin de l'être toutes au même degré. D'après les faits précédents, au premier rang, sous le point de vue de l'hérédité, se placent l'asthme, l'apoplexie, Fépilepsie, la folie, la phthisie, le cancer, l'emphysème du poumon ; viennent en dernier iieu les maladies aiguës qui ne sont guère héréditaires que sous le rapport de leurs prédispositions. A la rigueur on pourrait considérer la plupart des maladies comme héréditaires, puisqu'il n'en est guère qui ne soient liées à certains états organiques, et que les circonstances organiques sont susceptibles de se transmettre par hérédité. Il est au moins vrai que cette dernière influence agit énergîqueraent et à sa manière sur la marche et la durée même dune maladie non héréditaire. Aller plus loin, ce serait rentrer dans les considérations générales qui ont fait le sujet de la première partie de ce travail.
293. Il faut distinguer, dans les affections héréditaires, la maladie primitive et simple d'une part, et l'effet multiple de l'autre. Soit, par exemple, la prédisposition tuberculeuse : ce sera la circonstance primitive et simple ; soient des tubercules formés dans des or-
ganestrès divers : ce seront les affections secondaires et multiples. — Autre exemple. Soit la syphilis : ce sera Faction simple et première; soient les chancres , les pustules, etc., ce seront les effets multiples, secondaires; or, il est évident que la transmission de la maladie simple , primitive (et en quelque sorte point de départ des autres phénomènes ) est celle dont il est le plus utile d'étudier le caractère héréditaire. Peu importe que les influences d'hérédité ne soient pas les mêmes des pères aux enfants par rapport aux effets secondaires, si elle est la même pour les aptitudes primitives, la maladie n'en sera pas moins la même dans la famille ; seulement, la prédisposition produira dans ses divers membres des effets différents. Cette réflexion remonte haut dans les causes productrices des maladies, et peut faire qu'on se demande si une cause unique par delà les tubercules, le cancer, etc., ne pourrait pas modifier primitivement l'organisation et tenir presque aux premières lois de la vie. Cette même réflexion naît naturellement quand on songe à ces faits nombreux qui porteraient à faire croire que des accidents d'une nature unique chez les parents, tels que le cancer par exemple, peuventse montrer dans les enfants sous la forme multiple de tubercules, d'asthme ou de catarrhe pulmonaire.
Je dois ici remercier du zèle qu'ont apporté , dans la rédaction de nos travaux statistiques, quelques-uns de mes élèves : M. le docteur Remy, MM. Pérard, Mailliot, Gouyou, AlexandreMogne, Angot et Chalvet.