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CHAPITRE PREMIER

De l'hérédité dans les maladies , considérée sous le rapport des aptitudes et des causes.

295 . Si l'on étudie avec soin, sur un nombre considérable d'individus, la manière dont les maladies se sont développées, on voit que, pour les uns, ies causes les plus légères et agissant d'une manière momentanée, ont produit des effets funestes et des affections de long cours le plus souvent terminées par la mort; que pour d'autres , au contraire , les circonstances de causalité les plus actives , et que l'on aurait pu croire capables de déterminer les maladies les plus sérieuses, n'ont fait, pour ainsi dire, que passer, et n'ont pas laissé de traces à leur suite. Ailleurs, la cause est locale, elle agit sur un seul organe; et cependant le trouble général produit par la souffrance de celui-ci, est suivi d'accidents qui ont leur siège dans des parties autres que celles que la cause occasionnelle a frappées. D'autres fois, plusieurs causes combinent leur action , paraissent devoir déterminer des effets très divers, et cependant il n'y en a qu'un seul observable , et qui persiste. Dans d'autres cas encore, l'action de la cause semble d'abord s'épuiser pour produire un effet en rapport avec elle ; le mal paraît cesser, mais il revient bientôt, soit d'une manière périodique soit le plus souvent d'une façon corn»

plétement irrégulière. La pratique fournit trop d'exemples de ces faits.

296. Or, ce sont les prédispositions qui établissent les différences dont il s'agit dans l'action de causes occasionnelles identiques, et parmi les prédispositions, qui dépendent en définitive de l'organisation du sujet, il n'en est pas de plus marquée que celle de l'hérédité. Nous avons déjà assez insisté , dans la première partie de ce travail , sur l'influence que la constitution éprouve de la part de l'hérédité, pour nous dispenser d'y revenir ici.

297. Lors donc qu'un médecin sera appelé auprès d'un malade atteint d'une affection héréditaire ou non, et qu'il voudra juger de la valeur des causes qui ont pu déterminer les phénomènes, ce sera pour lui un devoir de s'enquérir avec le plus grand soin des antécédents relatifs à l'hérédité , et d'établir s'il existe ou non un état organique de parenté qui ait pu influencer la manifestation des phénomènes actuellement observés.

298. De la même façon , lorsque, pendant la durée d'une maladie , il surviendra quelque épiphénomène dont on sera porté à accuser une cause accidentelle et fortuite , il sera d'une extrême utilité de chercher à apprécier si cette cause donne bien véritablement la raison de l'épiphénomène , et si l'hérédité ne vient pas porter ici sa fâcheuse influence.

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