N0C4RD
Suc du myocarde : quatre cobayes inoculés : chacun reçoit < X à XX gouttes.
Ici les résultats ont donc été à peu près constamment négatifs, mais les doses injectées étaient bien faibles.
Si on récapitule ces expériences, on voit, en se bornant à celles du premier groupe, que près de 400 animaux ont été inoculés avec du suc de bovidés arrivés à la phase ultime de la T, ; 22 seulement ont réagi. Ces chiffres montrent que la virulence du suc musculaire est possible, mais si faible, qu'on ne la découvre que dans des cas peu nombreux, en ayant recours à des procédés sévères d'inoculation expérimentale; tout en reconnaissant que les animaux réactifs ont souvent été sacrifiés beaucoup trop tôt, et que la plupart du temps les doses injectées étaient peu considérables (1), on est forcé de conclure que même dans les états tuberculeux les plus favorables à la virulence du sang, r infection safiguine n'est pas intense, résultat auquel conduit également Tétude directe du sang des bovidés.
B. — Résultats obtenus par rinoculation du sang.
En 1888, Galtier annonce au Congrès de la T. qu'il a obtenu un certain nombre de fois des résultats posilifs en inoculant sous la peau des lapins du sang provenant de vaches phtisiques saisies aux aballoirs : le sang élait trouvé virulent dans environ 1/5 des cas; en général, 1, 2 lapins sur 4 devenaient seuls tuberculeux, tandis que les 2 ou 3 autres restaient indemnes, bien quMnoculés de la même façon et avec la même dose de sang du même animal tuberculeux. Il conclut ainsi : Le sang des animaux phtisiqucSt quoique souvent non virulent, doit être considéré en principe comme pouvant contenir parfois les germes de la maladie.
En 1890, Bang (153) publie des expériences faites avec le sang de 20 vaches extrêmement tuberculeuses, quelques-unes ayant des lésions généralisées. Le sang déHbriné de ces 20 vaches fut inoculé à 38 lapins et à 2 cobayes; ce. de sang au minimum étaient injectés chaque fois; la plupart du temps, Rang employait 10 à 18 ce. Le résultat fut négatif dans 18 cas, positif dajis 2; un des cas positifs concernait une vache atteinte de T. miliaire aiguë; dans l'autre cas, sur 2 lapins inoculés,! seul devint tuberculeux, et encore d'une façon peu intense.
Me Fadyean (155) a étudié Tinfectiosité du sang d'animaux tuberculeux dans deux séries d'expériences faites avec un soin minutieux; dans chaque cas, le sang était pris directement clans la jugulaire, défibriné, puis injecté tiède dans la cavité périlonéale des animaux de laboratoire.
l""" série d'expériences. Vaches. — Chez 2 vaches atteintes de T. étendue, mais non généralisée, du sang est recueilli et inoculé à des lapins.
(1) Dans une expéri(^Qce de Galtier, un suc musculaire qui, à la dose de 4 ce, était inotleosif, provoquait la T. à la dose de 12 ce, or cette quantité n*a été iaoculi^e que très exceptionueilenient.
cœur, et là on peut le retrouver, ce qui traduit uécessairament une infection sanguine antérieure.
Un des premiers cas de ce genre est dû à Cornil et Babès (1), qui en 1883 trouvent des B. dans le stroma d'un caillot fibrineux au niveau de granulations méningées. — En 1884, Weicbselbaum(103) puisHEiSELs(2) colorent des B. dans des caillots, pris à Tautopsie de granuliques (3 cas de Weichselbaum, 3 cas de Meisels). — En 1886, Hkller(I) (de Kiel) trouve dans le cœur de phtisiques des végétations fibrineuses banales avec des B. ; des faits du même genre sont vus par Londe et Petit (1) (1894) et par Henke (69) (1896).
B. Recherche des B. dans le sang*. — On a réussi parfois à colorer des B. dans le sang des granuliques, sang pris liquide à Tautopsie, comme dans les 5 cas de Meisels (2) (1884) et de Kutimeyer (2) (1885), ou sang recueilli du vivant du malade, comme dans un cas de Meisels (2), un cas de Lustig (2) (1884), deux cas de Sticker (3) (1885). Mais ces faits sont rares. Un des cas de Sticker a trait à une granulie non mortelle.
Dans la phtisie chronique vulgaire, si avancée soit-elle, la recherche du B, échoue toujours : cette règle a été bien établie à l'époque où le traitement de la T. par la tuberculine faisait craindre la mobilisation bacillaire. LiEBMANN (4) (de Trieste) avait trouvé, sans doute en se servant de lamelles déjà utilisées pour Texamen des crachats, de nombreux B. dans le sang des tuberculinés I Des recherches furent alors entreprises sur cette question par Kossbl (154), Prior (4), Ewald (4), Barling et WiLSON (4), Abrauam (4), Cantani (4), Hamerle (4), Mikulicz (4), Gott- MANN et Ehrlich (152), ce qui représente 8 à 900 préparations : les résultats ont été constamment négatifs, sauf pour un cas de Barling et WiLSON, où deux B. furent trouvés dans une préparation chez une malade atteinte de T. multiples, quelques jours après une amputation.
G. Recherche de la bacillose sang-uine par les inoculartions. — On a vu précédemment que dès 1866 la virulence du sang dans la T. a été démontrée possible par Villemin.
Depuis, on a bien continué à recourir à Tinoculation aux animaux pour déceler Tinfectiosité du sang des tuberculeux, pourtant les documents publiés sur ce point ne sont pas nombreux. Que le sang soit infectant dans le T, miliaire aiguë, cela n^est pas contestable ni contesté, mais rintensité de son pouvoir virulent n*est pas élucidée.
(1) Cités par Tkissibr (313).
(2) Cités par Ettlimoer (157).
(3) Cités par Rbissmanft (159 bis).
(4) Cités par Kossbl (154).
monaire était parsemé d'une infinité de Lub. de volume variable, dont les uns de consistance molle, les autres plus durs. Quelques-uns avaient subi la transformation caséeuse, d'autres Tinfiltration crétacée.
Chez le veau, les muscles étaient, comme chez la vache, décolorés, flasques, infiltrés de sérosité; tous les tissus étaient anémiques. Le péricarde renfermait environ 100 grammes d'une sérosité claire et jaunâtre; le péritoine présentait dans le voisinage du rein droit cinq excroissances rouge pâle et molles, dont le volume variait de celui-d'une fève à celui d'un œuf de poule.
Verneuïl (1) a rapporté en 1852 un cas d*arthrite coxo-fémorale congénitale avec fongosités et distension de la synoviale par un liquide épais, sanieux. Broca (1) (1852), Morel-Lavallée (1) (1854), Dolbeau et Padieu (80) (1865) ont rapporté des faits semblables. Mais rien ne démontre qu'il se soit agi de T. : ce pouvaient être des lésions syphilitiques ou des infections de l'articulation de la hanche par des pyogènes.
Une autre obs. intéressante, dans l'espèce humaine cette fois, est due à HOTER (de Marsbourg) (1857) (78).
Femme de vingt-six ans, enceinte du mois d'avril 1844. Au 2® mois de sa grossesse elle prend la variole; au milieu du 8* mois, elle est atteinte d'une pleurésie : un mois plus tard un fœtus mort et macéré de 5 livres est accouché par version podalique.
Le placenta présente des dépôts calcaires à sa surface. Des concrétions semblables se trouvent dans les tissus du fœtus.
Dans le bord inférieur du lobe supérieur existe une masse dure, blanche, calcaire, qui s'énuclée facilement du tissu pulmonaire en laissant à sa place une cavité du volume d*un poi^, aux parois de laquelle sont adhérentes quelques particules calcaires.
Le foie, sur l'étendue d'une pièce de 50 centimes, dans la région de la fossa Sylvii, renferme en plein parenchyme, mais tout près de la surface, une masse calcaire semblable à celle du poumon.
Dans la capsule entourant le rein droit se trouvaient çà et là quelques dépôts calcaires.
L'analyse de ces productions y a fait reconnaître Tezistence de la cholestérine, de la chaux et de Tacide phosphorique.
PouLALiON, qui rapporte ce cas dans sa thèse (d'une manière inexacte d'ailleurs) considère qu'il s'agit de calcification d'abcès miliaires (?). 8ans qu'on puisse rien affirmer, il est plus vraisemblable d'admettre que Hâter s'est trouvé en présence d'une 7'. guérie; l'existence de la choleslérine et du phosphate de chaux rapproche en eflfet singulièrement ces productions des tub. calcifiés, et nous savons par le cas de Csokor que chez le fœtus les processus tuberculeux peuvent se termi- .ner par crétification.
Hûter ne donne pas de renseignements sur l'état de la mère ; celle-ci
(1) Cités par Padieu (80).
aussi les tub. congénitaux ont-ils été mieux cherchés, mieux connus et mieux étudiés : et comme les progrès de Tanatomie pathologique, la méthode des inoculations expérimentales et surtout la découverte du B. ont permis de reconnaître à coup sûr la T. dans ses formes les plus diverses, on a réuni un nombre assez considérable de cas avérés de T. congénitale (une quarantaine chez l'homme, une centaine chez les animaux). Le premier cas authentique de T. congénitale a été décrit par Charrin (de Lyon) en 1873; le premier cas avec examen bacillaire est de JoHNE (de Dresde) (1885), chez un fœtus de vache; chez Thomme, le premier cas avec examen bacillaire est de Bircu-Hibschfeli> (1890). En 1883, Landouzy et Martin ont démontré par des inoculations au cobaye qu'il existe une bacillose congénitale sans lésions à la naissance^ fait qui a été révoqué en doute jusqu'au moment où la preuve formelle a été apportée par Birch-
HlRSCHFELD.
Les cas de T. congénitale sont fort dissemblables ; il serait d'un intérêt médiocre de les énumérer simplement et d'en faire le total, celui-ci ne pouvant être qu'un nombre quelconque indifférent très éloigné du chiffre réel. II est indispensable d'entrer dans le détail, de classer les faits, de fouiller les descriptions pour pénétrer dans la mesure du possible le mécanisme pathogénique et la modalité de la T. fœtale; j'ai donc cherché à rassembler la plus grande partie, sinon la totalité des cas publiés, et afin d'éviter toute erreur d'interprétation j'ai tenu à les reproduire d'après le texte original (1 ) ; pour la plupart, je me bornerai du reste à donner un résumé contenant les points essentiels; les cas à peu près certains sont réunis ensemble, les cas douteux seront énumérés à leur suite ; l'ordre d'exposition sera le suivant : 1. Cas de T. congénitale avec lésions d'abord chez l'homme, puis chez les bovidés et chez les animaux de laboratoire. 2. Cas de T. congénitale sans lésions à la naissance. 3. Hérédité de la T. aviaire. Dans chaque série, je mettrai en regard des faits
(1) A l'exception des cas de Rindpleisch, Yvan Horl, Oubtinofp, Csoror, Rosbr»
bB RbNZI, BAYERSDâRFBR (3 Cas), SbMMBR, jESSBlf, KÔRLBR, SCRLEDSS, GrOTHAUS, LcCAS»
Dbmnb (3 cas), Sciolla et Palmibri, que je n'ai pu me procurer.
A VautopsiCf poumon droil criblé de tub., creusé de cavernes au sommet; pleurésie caséeuse, reliquat de la pleurésie initiale : caséiOcation des ganglions bronchiques : granulie splénique, rénale, pulmonaire, foie gras.
Père. — Bien portant.
Enfant. — Très faible à la naissance. Poids = 1100 grammes. Né avant terme (7 mois 1/2). Meurt au bout de trois jours.
Gazéification de presque tous les ganglions mésentériques sans T. intestinale. Lésions caséeuses dans la chaîne ganglionnaire étendue de la base du thorax à la région sus-hyoïdienne : quelques granulations grises dans les poumons.
Les ganglions de la petite courbure de l'estomac forment une masse résistante, jaunâtre, englobant la veine porte, les voies biliaires, la tête du pancréas et le tronc cœliaque.
Rate farcie de lub., peu augmentée de volume.
Foie. Semis abondant de granulations tuberculeuses tant sous la capsule que dans Tépaisseur du parenchyme.
Reins. 2 petites granulations sur une branche artérielle du rein gauche, ' dans le hile ; les reins eux-mêmes sont sains.
Péritoine. Notable quantité de liquide ascilique. Sur le grand épiploon, on voit le long des vaisseaux de nombreuses granulations miliaires. Sur les anses intestinales on aperçoit de distance en distance quelques granulations, dont le siège anatomique parait être le tissu sous-séreux.
Capsules surrénales. Quelques tub. miliaires grisâtres saillants dans leur parenchyme.
Cerveau. Foyer jaunâtre, gros comme une petite lentille dans la substance blanche du lobe frontal gauche.
En résumé, Tenfant présentait des lésions avancées de tous les ganglions (mésentériques, médiastinaux, cervicaux, pancréatiques) et de la rate, un tub. cérébral et des lésions granuliques généralisées (poumons, foie, reins, capsules surrénales, péritoine) : si on fait abstraction de la granulie, qui bien certainement était de formation récente, on voit que la T. dans ce cas s était localisée au système /ymphatique et à la rate.
Cas de Bertl (1882) (37). — Fillette, née le 24 mars 1882, apportée à Thospice des Enfants-Trouvés de Bologne 5 jours après sa naissance : c'était une enfant chétive, ayant de l'ictère et du sclérème, pesant 2460 grammes.
L'examen clinique, pratiqué à deux reprises, n*avait révélé aucun phénomène morbide Ihoracique.
L'enfant meurt le 2 avril, donc à neuf jours. A Tautopsie, on ne trouve d^abord d'autre lésion du poumon que l'atélectasie de quelques portions marginales, mais en incisant le lobe inférieur droit, Berti y découvre deux cavités rapprochées l'une de l'autre, situées du côté du bord postérieur au niveau de la base, et distantes de la surface libre de l'organe de 2 millimètres à peine. La Tpremière cavité était large et peu profonde, et remplie d^une substance blanc jaunâtre dense. La deuxième cavité était plus étroite, mais sa profondeur était telle que, partie du bord postérieur du poumon, la caverne venait affleurer le revêtement pleural de la face diaphragmatique. Celte cavité était vide, ne laissant voir que des petits morceaux de substance caséeuse épars
Au onzième mois, elle vient accoucher à la clinique de Tubinge d*un fœtas monstrueux et sort bien portante quelque temps après; elle fi'avaitt au moment de r<iCCOuchementf aucun symptôme de T.
Placenta et membranes de Tœnf. — Rien d'anormal macroscopiquement ni à Texamen histologique ; le placenta avait 10 centimètres de diamètre, le cordon mesurait 27 centimètres.
Fœtas. — Longueur, 19 centimètres.
Poids, 770 gr. (y compris une assez volumineuse encéphalocèle).
Difformités diverses. — Ce fœtus était mort, mais tout démontrait que sa mort était récente : il n'était ni momifié, ni macéré ; d'ailleurs, il était complètement développé et les testicules étaient dans Tanneau inguinal.
Dans le corps des trois premières vertèbres cervicales existait un abcès caséeuz partiellement crétacé ayant la structure caractéristique de la T. En effet, Roloff y a trouvé des tub. avec cellules épithélioïdes et cellules géantes.
Sur plus de 70 préparations, les B, manquèrent.
Vinoculation aux animaux de la matière caséo-crétacée et de la paroi de Tabcès (voie sous-cutanée et voie intra-péritouéale) ne donna pas de résultat certain : des 6 cobayes inoculés, 3 montrèrent une T. généralisée ; mais, comme l'endroit de l'inoculation élait guéri sans réaction, la possibilité d'une infection venue d'ailleurs ne peut pas être écartée absolument. Les B. n'ont pas été cherchés, semble-t-il, dans les lésions de ces cobayes.
L'aspect des coupes des parois de l'abcès était si caractéristique que Baumgarten n'hésita pas à conclure d'aune façon ferme à la T. Du reste, il n'y avait pas trace de syphilis ni chez la mère, ni chez le père, ni chez le fœtus : cette hypothèse peut donc être éliminée sûrement. L'intégrité histologique du placenta plaide dans le môme sens.
Le père était très probablement tuberculeux^ depuis longtemps sans doute.
Sghmorl et KocKEL (129), en parlant de ce cas, considèrent que la T. n'est nullement déoiontrée. La mère n'était pas tubei^culeuse ; cliniquement, les bacilles n^ont pas été rencontrés et les inoculations aux animaux ont donné des résultats attaquables^ voilà bien des raisons pour ne pas ranger cette obs. parmi les cas certains de T. congénitale. L^argument que fait valoir Baumgarten (structure typique du tub.) n'a pas grande valeur démonstrative, disent-ils, attendu que les cellules géantes ne sont pas nécessairement fonction de T., que, en particulier, elles se rencontrent volontiers dans les gommes syphilitiques Ils citent à ce propos un cas fort intéressant qu'ils ont observé :
Chez un enfant mort-né syphilitique (ostéo-chondrite spécifique et foie silex), le p'oumon gauche contenait un foyer caséeux gros comme un pois, entouré de petits nodules grisâtres; au microscope, tub. miliaires typiques avec cellules géantes. La syphilis n*était pas contestable; mais n'était-on pas en présence d'une infection mixte, d'une T. chez un syphilitique? La coloration des bacilles ayant échoué, on inocula la moitié du nodule caséeux à un cobaye, sans succès. Sur les entrefaites, la mère mourut et à l'autopsie on put s'as* surer qu'elle n'était point tuberculeuse.
L'obs. de Schmorl et Kockei n'est pas absolument superposable à celle de Sarwey, puisque dans celle-ci l'hypothèse de syphilis semble
dans Vintérieur même de la villositéf les cellules épilhélioîdes provenant des cellules conjonctives de la villosité ou peut-êlre des cellules endolhéliales des capillaires placentaires : tout d'abord, au début de la lésion, la surface extérieure de la villosité restait intacte, mais avec l'accroissement du tub. on voyait les cellules épithélioîdes se frayer un chemin dans les espaces intervilleux: puis, le tub. s'accroissant remplissait complèlement ces espaces, et dans beaucoup de cas s'étendait autour de villosités normales.
Les tub. intervilleux étaient beaucoup plus abondants que les tubes întravilleux ; ils présentaient comme lésion initiale une prolifération cellulaire & la surface des villosilés; il est probable que là les cellules épithélioîdes provenaient des cellules recouvrant les villosités. Le tub. ainsi constitué à Toriginc, s'accroissait vers l'extérieur dans les espaces sanguins, remplissant complètement les espaces intervilleux et entourant les villosités; en bien des points on pouvait voir des cellules épithélioîdes s'étendre dans les masses de Âbrine qui comblaient les espaces sanguins.
Les tissus néoformés présentaient, dans les parties les plus éloignées de la circulation sanguine, des aires caséeuses, avec cellules géantes.
La plupart des villosilés, primitivement tuberculeuses ou secondairement entourées de T, montraient de nombreux points dégénérés; dans beaucoup d'entre elles la couche extérieure des cellules était perdue tout entière, les noyaux du tissu conjonctif se coloraient mal et il y avait des dégénérescences muqueuse ou graisseuse avec de grandes zones de calciflcation.
En ce qui concerne le mode d'infection du placenta, « il semble très probable que les bacilles, fournis par les masses tuberculeuses de la trompe, sont entrés avec le sang maternel dans les espaces intervilleux, que là ils se sont déposés à la surface des villosités du placenta fœtal et ont commencé à y provoquer la réaction caractéristique des tissus. L'origine des tub. primitifs des villosités est plus obscure : on peut admettre qu'ils sont dus à la pénétration des bacilles dans la circulation de la villosité. »
Eq résumé, une femme atteinte d'une T. ancienne et grave des trompes et de rutérus, sans autre localisation bacillaire cliniquement appréciable^ en particulier sans phtisie pulmonaire, devient enceinte pour la première fois : le développement du fœtus a lieu non pas dans l'utérus, mais dans une trompe en grande partie caséeuse ; il en résulte une T. étendue du placenta et consécutivement Vinfection du cordon ombilical et du fœtus. Sans doute, l'examen histologique n'a pas pu démontrer absolument la T. fœtale, et l'examen bactériologique par les colorations n'a pas donné de résultats ; néanmoins, il est bien probable que les altérations des organes du fœtus étaient de même nature que celles du cordon et du placenta, et malgré l'absence d'une preuve formelle^ on peut à bon droit placer ce cas dans le cadre de la T. congénitale par contagion intra-utérine.
L'auteur a recherché la T. chez le père de l'enfant; il n'a pu se procurer que des renseignements indirects : cet homme aurait eu, dixhuit mois auparavant, une affection fébrile avec consomption , mais il s'en est rétabli et son médecin le considère actuellement comme tout à fait bien portant, sans aucun symptôme de T.
Cas de Ansset (1896) (73). — i«' cas. — Tuberculeuse de 29 ans, à la deuxième période y accouchant à terme d*nn enfant chélif (1980 grammes), qui meurt au 2* jour de sa naissance.
A Vautopsi€f foie dur parsemé de granulations, les unes jaunâtres, déjà caséeuses, les autres grises, beaucoup plus fines.
Rate. Quelques granulations grises.
Poumons. Très petit nombre de tub. caséeux.
Ganglions médiastinaux très modifiés.
L'examen microscopique du foie fit trouver des bacilles au niveau des nodules et permit de constater la dégénérescence complète de tout l'élément noble de Torgane.
2« cas. — Tuberculeuse cavitaire cachectique âgée de 19 ans. Elle avorte au 7* mois de sa grossesse d'un fœtus de 1510 granimes.
Au niveau du foie^ gros nodules tuberculeux dont quelques-uns en voie de transformation caséeuse.
Reins parsemés de petites granulations grises.
Capsule surrénale droite tuberculeuse.
Rate, poumons, sains.
Les examens microscopiques ont montré le B. dans ces diverses lésions.
Cas de Oustinolf (1897) (74). — Enfant mort à 3 semaines avec un foie farci de tub. riches en B.; les ganglions du bile étaient tuberculeux et avaient le volume d'une noix. Quelques tub. dans les poumons et le voile du palais. Tub. nombreux dans la rate.