Cas certains chez les bovidés
Cas de Johne et Misaelwits (1 885) (40).— Le 20 février 1885, Johne (de Dresde) reçoit d'un vétérinaire, M. Misselwiiz, les poumons et le foie d'un fatus de veau deSmois, dont la mère, abattue à l'abattoir de Ghemnilz, avait été trouvée atteinte de phtisie pulmonaire avancée ; mais il n*y avait pas de T. ailleurs; en particulier l'utérus et le placenta étaient sains à l'œil nu.
M. MisscLwiTz ne trouva chez le fœtus de T, que dans le foie et les poumons.
JoHNB constata, à la base droite du poumon, un noyau tuberculeux gros comme un pois, sous-pleural, et sur les coupes du poumon 4 tub. gros comme des grains de millet, caséeux et en partie calcifiés ; c'étaient, comme le microscope Ta démontré, des foyers péribronchiques.
Les ganglions bronchiques augmentés de volume (grosseur d'une noisette) renfermaient des foyers caséo-crétacés.
Le foie contenait de nombreux noyaux gros comme des grains de millet, ou plus petits, uniformément gris et opaques, et quelques foyers un peu lus gros, caséeux au centre et commençant à subir la calcification.
Les ganglions du kile présentaient les mêmes lésions que les ganglions bronchiques, sauf que les foyers caséo -crétacés y étaient encore plus nombreux et plus étendus : il y avait en somme une prédominance évidente de la T. gangliohépatique sur la T. des organes thoraci(iues.
L'examen histologique et bactériologique ne laissa aucun doute sur la nature tuberculeuse de ces productions. Dans tous les nodules examinés, il y avait des cellules épilhélioides et de nombreuses cellules géantes; les petits nodules
n'avaient pas encore de traces de caséiûcation centrale, mais celle-ci se trouvait dans les nodules plus grands. On a rencontré des bacilles dans la plupart des cellules géantes ; on en a rencontré aussi en grand nombre à la périphérie des parties calcifiées.
Cas de Halvcz et Bronvier (4889) (43). — l^'cas. — Vache morte de T. généralisée sans T. utérine. — La matrice renfermait Mw/befuscfc 8 moi*, lequel était tuberculeux. Ganglions duhiledu foie, appendus à une branche de bifurcation de la veine ombilicale, caséo-crélacés au centre (grande richesse en bacilles) : dans le foie^ 4 ou 5 granulations, de 4 millimètres de diamètre, nettement limitées, de coloration blanc grisâtre, formées de follicules tuberculeux typiques; quelques-unes étaient imprégnées de sels calcaires : la méthode d*Herman a fait trouver facilement des bacilles dans le foie.
Dans les ganglions du hile pulmonaire , points caséo- crétacés.
Poumons sains.
Les autres organes n'ont pas été examinés.
2* cas. — Veau de 6 semaines.
A la surface du /"oie, deux nodosités gri«âlres, de i centimètre de diamètre, avec cellules géantes et bacilles.
Ganglions du hile notablement hypertrophiés avec foyers caséo-crélacés; d'autres ganglions pins petits renferment des traînées jaunâtres sans calcification. Dans les ganglions, on trouve de belles cellules et de nombreux bacilles.
Au hile des poumons, ganglions augmentés de volume, tuberculisés sans calcification.
Poumons, intestin, sains.
Malgré Tâge relativement avancé du veau, le siège des lésions permet d'affirmer qu'il s'agissait d'un cas de T. congénitale et non pas d'une T. acquise après la naissance.
Cas de Bang (1) (1890-1893) (44 et S5). — 1«<- cas. — « Un vétérinaire du Jutland m'envoya le foie d'un veau mort-né venu 3 semaines avant le terme : au hile siégeait un ganglion lymphatique gros comme une noix, renfermant au milieu un foyer caséeux et crétacé ; quelques autres ganglions du hile, plus petits, renfermaient de petits grains crétacés. (Bacilles tuberculeux dans la matière caséeuse.) Le foie ne contenait pas de tub. visibles à l'œil nu; les autres organes étaient sains maci^oscopiquement.
« La mère du fœtus était atteinte de T. pulmonaire avérée. »
2« cas. — En septembre 1889, TÉcole vétérinaire reçut de l'abattoir de Copenhague les organes d'un veau nouveau-né de2 jours : une partie seulement de ces organes ont été examinés par Bang.
Le foie renfermait un noyau gros comme une lentille avec un point crétacé.
Les ganglions médiastinaux postérieurs étaient tuméfiés comme les ganglions bronchiques et les ganglions lombaires; tous 'ces ganglions renfermaient des noyaux volumineux, fermes, caséeux et partiellement calcifiés {avec bacilles).
(I) En 1895, Bano écrivait ceci (66, pogc 43): « J*ai vu par nioi-même38 cas de T. fœtale et j'ai entendu parler de plusieurs cas semblables, u
moignon du cordon tenait encore solidement à Tombilic). 11 présentait les lésions suivantes :
Plèvre et péritoine normaux.
Rate remplie d'un grand nombre de nodules de la grosseur d'un grain de chènevis, situés pour Ja plupart en plein parenchyme (très peu étaient souscapsulaires) ; sur la coupe, ces nodules étaient presque tous caséeux au centre, quelques-uns étaient calcifiés.
Le foie offrait sous la capsule et sur les coupes de très nombreux noyaux grisâtres, du volume d'un grain de millet à celui d*un très pelit pois ; beaucoup étaient partiellement ou totalement caséifiés et une quantité notable étaient calcifiés.
Les ganglions du hile sont un peu hypertrophiés et parsemés en totalité de tub. crétacés, de sorte qu'ils paraissent au premier abord être complètement calcifiés.
Dans les poumons^ on trouve également (mais en nombre bien moindre) des tub. gros comme un grain de chènevis, en partie caséeux, en partie commen^ çant à se calcifier.
Les ganglions bronchiques et médiastinaux sont très augmentés de volume et renferment de nombreux tub. caséeux.
Hypertrophie des ganglions de la paroi abdominale, du bassin et des aines.
Le rein droit montre sous la capsule une tache grise, irrégulière, du volume d*un petit grain de chènevis ; sur la coupe on voit qu'elle répond â un noyau irrégulièrement arrondi.
Le rein gauche et les ganglions correspondant aux reins paraissent sains.
Les ganglions mésentériques sont notablement hypertrophiés, mais on n'y rencontre pas de lésion spécifique.
Les bacilles n* ont pas été recherchés.
Cas de Rnser (1893) (61). — Ruser a vu à Tabaltoir de Kiel 2 veaux âgés de 24 heures seulement qui offraient des lésions tuberculeuses certaines ; dans les deux cas on put colorer les B.
L'un présentait de la T. des séreuses ; l'autre avait des tub. dans les poumons, le foie, la rate, les reins et les ganglions lymphatiques.
Cas de Siegen (1893) (56). — «J'ai Tait l'autopsie d'un grand nombre de fœtus et de veaux, dont les mères à Vahatage avaient été reconnues atteintes de T. J'ai constaté le bacille spécifique chez 6 fœtus âgés de 6 à 8 mois, et chez 32 veaux au-dessous de 14 jours ; de plus, chez 2 fœtus expulsés avant terme par des vaches ayant toutes les apparences d*une santé parfaite, j'ai découvert différentes lésions caractéristiques de la T. et un grand nombre de B. »
Cas de Kockel et Lnngwits (1894) (131). — l*''caB. — Vache, ~ T. caséeuso du médiastin, des poumons, des plèvres, des ganglions du hile du foie, du foie, des ganglions mésenlériques, lombaires, iliaques et des reins; T. périlonéale.
L'intestin, les pis, les os longs, les centres ne sont pas tuberculisés.
Vutéiiis présente dans la sous-muqueuso des nodules jaunâtres ; la mu* queuse dans Tintervalle des cotylédons est revêtue partout d'une couche jaune sale ; elle est épaissie en beaucoup d'endroits et sur les coupes on aper^
mer; mais ces cas sont déjà connus, car j'ai eu Toccasion d'en parler en maintes circonstances soit dans mes conversations, soit dans les discussions publiques au sein des sociétés.
« Le 1«' en dale remonte au temps où Gornil el Ranvibr venaient d'installer leur laboratoire d'enseignement privé rue Christine. J'y avais apporté des coupes pour les soumettre & l'examen de mes deux amis. Le cas en question concerne un fœtus d'environ sept mois trouvé dans Tulérus d'une vache, ultra^tuberculeuse, abattue à TËcole de Lyon pour servir aux travaux anatomiqnes. Un examen minutieux du fœtus me Ht découvrir, près de la racine d'un des poumons^ une petite masse tuberculeuse d'aspect gris, plutôt transparente qu'opaque, présentant à son centre quelques stries jaunâtres irrégulièrement rayonnées : un ganglion voisin accolé à la bronche présentait aussi de ces stries de matière tuberculeuse en voie de régression : je dois dire que mes amis anatomo-palhologistes n'étaient guère disposés & voir dans ce noyau une lésion tuberculeuse, quoiqu'il fût presque entièrement formé d'éléments lymphùides\ la coupe en était parfaitement plane :il n'en fallait pas davantage pour faire rejeter cette lésion de la catégorie des pneumonies caséeuses vulgaires. Nous en étions en effet à l'époque où la caractéristique de la T. était constituée par la granulation typique de Virchow. Aujourd'hui il n'y a plus de doute à avoir sur la nature tuberculeuse de la lésion en question : elle s'est retrouvée fréquemment tout à fait avec les mêmes caractères macroscopiques el microscopiques dans mes nombreuses expériences de tuberculisation par la voie digestive .
(i Mon 2* fait a été observé sur un fœtus qui m'a été présenté déjà extrait de la cavité utérine et sur la mère duquel je n'ai pu me procurer aucun renseignement. Cette fois, les organes de la cavité thoracique étaient absolument indemnes ; les lésions tuberculeuses, peu développées, mais fort nettes, siégeaient exclusivement dans la cavité abdominale ; discrète éruption de T. miliaire sur le péritoine hépatique, quelques petits tub. crus superficiels dans le tissu de la rate (?) et du foie, inQltration tuberculeuse d'un ganglion de la scissure postérieure de ce dernier organe; la substance de ce gagglion a été inoculée à plusieurs cobayes qui devinrent tuberculeux. »
Le deuxième cas de M. Chauveau est un exemple certain et typique de T. congénitale. Le premier cas est plus sujet à caution, quoique se rapportant très probablement à la T. ; le tub. pulmonaire, uniquement formé d'éléments lymphoYdes, était de formation tout à fait récente ; le ganglion voisin, qui présentait des stries de matière tuberculeuse en voie de régression, était sans doute plus ancien ; enfin il est évident qu'on ne peut pas conclure à une T. exclusivement thoracique, même en admettant que le foie, la rate, les reins aient été examinés, car un tub. splénique et surtout hépatique du même âge que le tub. pulmonaire aurait eu beaucoup de chances de passer inaperçu.
Cas de M. Nocard (i) (1895) (63). — « Il s'agit d'une vache pleine de 7 mots, sacrifiée à l'abattoir d'Angers à la suite d'une conférence que je venais de faire sur la valeur diagnostique de la tuberculine.
(1) Communiqué à la Société centrale de médecine vétérinaire^ séance du 30 mai 189&
Klepp, les ayant trouvés régulièrement au début de ses recherches, crut pouvoir se dispenser de ce contrôle dans la plupart des cas ultérieurs.
La T. siégeait à peu près constamment dans les ganglions du pédicule hépatique , le foie étant ou non concurremment malade ; dans un certain nombre de cas, on trouvait en plus de la T. des ganglions bronchiques ou interbronchiques (14 fois) ou de la T. d'autres organes ou ganglions.
Voici la relation de la T. congénitale la plus étendue rencontrée par Klepp :
Péritoine et plèvre parsemés de nombreux nodules bien limités de la dimensioQ d*ane lentille, d'un rouge vif, et de quelques granulations de la même coaleur, moins bien limitées.
Poumons renfermant un petit nombre de nodules gros comme une lé te d'épingle avec centre jaunâtre crétacé ; Tun d'eux est sous-pleural, les autres inlra-parenchjrmateux.
Ganglions bronchiques et m^dtastînatio? notablement hypertrophiés, parsemés de foyers tuberculeui caséo-crétacés.
Foie contient de multiples nodules calcifiés du volume d'un grain de millet.
Ganglions du pédicule hépatique, mêmes lésions que dans les ganglions médiastinaux.
Tub. calcifié dans le rein gauche.
T. des ganglions du poitrail, de l'aine, de l'aisselle, du creux poplité, de la fosse iliaque interne.
L'intestin et Vestomac n'ont pu être examinés.