SERRE
mique qui disparaît chez le fœtus à terme, et par une couche plasmodiale irrégulière et discontinue.
11 semble donc que le placenta humain, au point de vue de la séparation des circulations fœtale et maternelle, est intermédiaire entre le placenta des rongeurs et le placenta des bovidés ; mais son étude n’est pas encore suffisamment poussée à fond pour autoriser des déductions en ce qui concerne la plus ou moins grande facilité de l'invasion fœtale par des microbes circulant dans le sang maternel.
A côté de la structure histologique du placenta, vient se placer, comme condition favorisant le passage des germes, l'imprégnation maternelle par les toxines microbiennes, et d’une facon plus générale, par toutes sortes de poisons solubles. Cette donnée intéressante et neuve ressort d'expériences récentes de MM. Csarrin et Ducrerr (1894) (128). Ces auteurs ont vu que des toxines diminuent notablement l'imperméabilité placentaire ; « les glandes, disent-ils, dont le délivre se rapproche à quelques égards, semblent constituer le plus souvent d'excellentes barrières ; toutefois, si le mal se prolonge, les sécrétions bactériennes lèsent ces barrières ; la brèche se réalise; les agents figurés y pénètrent ». Voici comment ils ont démontré ce rôle des toxines :
Injection, à des cobayes pleines, de tuberculine, de malléine, puis de cultures de bacille pyocyanique ; une femelle témoin reçoit le bacille pyocyanique seul : le lendemain, tous ces animaux sont sacrifiés, et des ensemencements faits sur agar avec leurs fœtus ; seuls les fœtus du témoin n’ont pas donné la culture caractéristique.
Les poisons minéraux agissent comme les poisons microbiens ; l'expérience précédente, réalisée non plus avec de la tuberculine et de la malléine, mais avec de l'alcool, de l'acide lactique, de l’acétate de plomb, a donné les mêmes résultats.
Donc, dans certains cas et notamment chez le cobaye, le passage des microbes au travers de la barrière placentaire peut être facilité par des altérations probabiement épithéliales consécutives à un empoisonnement toxinique ou médicamenteux.
On ne peut guère, en pathologie, conclure d’une maladie mi-
crobienne à une autre, ni appliquer toujours à l’homme les Kuss. 4
résultats obtenus dans des expériences sur l'animal. Aussi l'étude de la contagion intra-utérine des infections en général ne résout en aucune manière le problème de la transmission placentaire du B. de Koch ; elle apporte néanmoins un argument de plus en faveur de cette transmission, puisqu'elle démontre que les agents pathologiques les plus variés peuvent franchir le placenta ; comment admettre que la T. puisse faire exception à la règle ?
Les auteurs classiques font observer avec raison que les maladies dans lesquelles le placenta s’est montré perméable sont accompagnées d’une infection sanquine intense : une question préjudicielle se pose donc tout d’abord, c’est de savoir quelles sont dans la T. la fréquence et l'intensité de la bacillémie ? La réponse à cette question fera l’objet du paragraphe suivant.