‹ De L'Hérédité Parasitaire De La Tuberculose HumaineChapitre 22 sur 113 · AS · texte numérisé non relu

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un travail d'achèvement se produit; il consiste en des transformations cellulaires qui amènent la dégénérescence et la résorption d’un grand nombre de parties précédemment formées.

A. Transformation en pulpe granuleuse des cellules vésiculeuses entourant les sinus utérins, qui dès lors s’élargissent, se fusionnent en partie.

B. Résorption de la paroi plasmodiale des canalicules ; cette résorption commence le 27° jour, se continue les jours suivants et à la fin de la gestation est telle que les capillaires fætaux sont à nu el en contact immédiat avec le sang maternel sur une grande partie de leur étendue : « Comme ce qui reste de la couche plasmodiale ne forme pas une couche continue, il n’y a pas lieu d'en tenir compte comme barrière interposée entre le sang maternel et le sang fœtal ; il n'y a donc alors entre les deux sangs qu'une seule couche de séparation représentée par la simple et mince paroi endothéliale des capillaires fœtaux… ; il est évident que de telles conditions ne rendent pas nécessaire et fatal le passage des parties solides de la mère au fœtus, mais qu’elles réalisent les dispositions les plus faciles à concevoir pour ce passage. »

2° Chez le cobaye. — L'évolution du placenta est fort semblable à la précédente; la période de formation s'étend jusqu’au 18° jour, la période deremaniement va du 18° au 25° jour, le travail d'achèvement se fait du 25° au 30° jour; à partir de ce moment le placenta du cobaye a acquis sa constitulion définitive et continue à fonctionner un mois sans présenter de grandes modifications ; dans les premiers jours du second mois, la paroi plasmodiale des canalicules n’a encore subi qu'un faible degré d’amincissement ; à la fin du second mois, la paroi plasmodiale est devenue extrêmement mince, réfractaire à la coloration : elle est réduite à une fine cuticule recouverte en dedans d’un peu de protoplasma granuleux qui devient plus abondant seulement-dans les points où sont les noyaux.

En somme la disposition générale est schématiquement la méme que chez le lapin ; seulement, comme lu vie intra-utérine est plus longue, la régression de la paroi plasmodiale des canalicules est plus marquée encore.

3°Chezlesrongeursengénérallastructure placentaire seréduit finalement aux dispositions notées chez le lapin et le cobaye ; « Qu'on suppose schématiquement un chevelu de capillaires fœtaux plongeant librement dans le sang maternel eton aura le schéma du placenta des rongeurs à la fin de la gestation. » C'est le minimum de barrière qu’on puisse concevoir entre la circulation de la mère et celle du fœtus.

4° Chez les carnassiers, «le placenta fœtal a pour origine, comme chez les rongeurs, une formation ectodermique qui se greffe sur la muqueuse utérine et végète dans la profondeur. La couche ainsi formée, dite lame ectoplacentaire, enveloppe de toutes parts les capillaires maternels de la muqueuse utérine et les englobe dans sa masse ; mais, tandis que chez les rongeurs, les parois endothéliales de ces vaisseaux sont résorbées, et que le sang maternel arrive ainsi à circuler dans des lacunes creusées en plein plasmode ectoplacentaire, au contraire, chez les carnassiers, la paroi des capillaires maternels subsiste ». Chez la chienne, à la fin de la gestation, les capillaires maternels sont contenus dans une formation appelée lamelles labyrinthiques, et séparés des capillaires fœætaux, qui rampent entre ces lamelles, par une gaine de plasmode ectoplacentaire, gaine qui renferme à sa périphérie des noyaux nombreux. Chez la chatte, les cellules ectodermiques, au lieu de prendre la disposition plasmodiale, conservent leur individualité cellulaire ; l’ectoplacenta est alors un véritable épithélium qui englobe les capillaires maternels ; ceuxci, au terme de la gestation, sont séparés des capillaires fætaux par deux

sortes d'éléments ectodermiques : 4° des grandes cellules de soutènement dont il n’y à pas lieu de s'occuper au point de vue des échanges, parce qu'elles ne répondent qu'à une partie limitée de la périphérie des capillaires maternels, et 2° une couche nucléaire peu épaisse à disposition assez variable ; en certains points, la couche nucléaire étant très amincie, les capillaires fœtaux viennent presque au contact des capillaires maternels.

5° Chez les ruminants et les pachydermes la disposition se complique encore par la persistance de l'épithélium utérin. M. Rerrerer (133) schématise de la manière suivante, d’après l’enseignement de M. Marmas Duvar, la structure placentaire de ces animaux : IL se produit des villosités choriales qui pénètrent dans les intervalles de saillies analogues de la muqueuse utérine ; la muqueuse utérine devient plus vasculaire au niveau de ces saillies ; mais la surface de ces dernières ainsi que les espaces intermédiaires restent pendant toute la durée de la gestation tapissés par l'épithélium utérin, aplati chez les pachydermes, haut et cylindrique chez les ruminants. Les échanges nutritifs se font donc à travers : 1° l’endothélium des vaisseaux maternels; 2° le tissu conjonclif de la villosité utérine ; 3° l'épithélium utérin ; 4° l'ectoderme de la villosité fœtale; 5° le tissu mésodermique de celle-ci ; 6° l’endothélium des vaisseaux fœlaux.

D’après Kockez et Luxewrrz (131) les villosités maternelles et fœtales sont faciles à distinguer les unes des autres chez la vache, car les premières ont un épithélium cylindrique chargé de graisse, tandis que les secondes ont un épithélium presque dépourvu de graisse : de plus les cellules épithéliales des villosités fœtales sont de dimensions variées ; les unes ont la même grosseur que les cellules épithéliales des villosités maternelles, les autres sont deux ou trois fois plus grosses et binuclées. Le revêtement épithélial de la villosité fœtale est continu, ou bien laisse de petites fentes où se glissent, dans les villosités congestionnées, des anses capillaires, qui ne sont séparées des espaces intervilleux que par une mince membrane; ces espaces intervilleux ne contiennent jamais de sang.

On voit que le passage des germes de la mère au fœtus rencontre des obstacles bien différents les uns des autres suivant les cas. Lorsqu'on a affaire à une lapine, à une souris, à une cobaye arrivées à la fin de la gestation, la barrière qui sépare les deux circulations, consistant uniquement en une mince paroi endothéliale, est bien facile à franchir pour des microbes mobiles ou pour des germes transportés par un leucocyte migrateur; la nécessilé d'une lésion placentaire ne se fait nullement sentir pour expliquer le passage.

La barrière est plus forte, plus résistante à la fin de la période de remaniement, chez les rongeurs, les deux sangs étant séparés alors par une couche endothéliale et par une mince lame plasmodiale continue. ra

Plus épaisse encore est la barrière au début de la période de

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remaniement, puisque d'une part la paroi des sinus sanguimaternels est formée par une couche ectodermique épaisse, et que, d'autre part, du mésoderme est intercalé entre les capillaires fœtaux et les sinus sanguimaternels.

Par conséquent, chez les rongeurs, la contagion intra-utérine a d'autant plus de chances de se réaliser qu'on est à une époque plus rapprochée de la fin de la gestation.

Chez les carnassiers à terme, l'obstacle est constitué par deux parois endothéliales que sépare une petite épaisseur de plasmode nucléé.

Chez les ruminants la barrière se renforce considérablement et se complique; « le sang maternel, comme le sang fœtal, est contenu dans des capillaires ; entre les deux systèmes vasculaires est disposée une double couche épithéliale, l’ectoderme fœtal et l’épithélium utérin ; ces dispositions persistent jusqu'à la fin de la gestation; donc, chez ces animaux, les dispositions anatomiques sont telles, qu'il y a toujours entre le sang maternel et le sang fœtal une quadruple barrière, à savoir deux parois capillaires et deux couches épithéliales » (M. Duvar). Le fœtus est ainsi protégé d’une manière très efficace contre les bactérihémies maternelles, et il semble bien que le placenta ne puisse guère être franchi qu’à la faveur d’altérations anatomiques.

Au point de vue de la contagion intra-utérine des maladies infectieuses dans l'espèce humaine, il serait très utile d’être fixé exactement sur le mode de développement du filtre placentaire ; mais ici les difficultés d'étude sont considérables; pour approfondir la structure du placenta des animaux, M. Duval a constitué une série complète de pièces depuis l’origine de l’organe jusqu’à sa constitution définitive; il a débité ces pièces en séries non interrompues, ce qui lui a permis de « voir naître et se former les parties d’un même système, seul procédé acceptable pour en saisir les liens de parenté »; or il est impossible de former une telle collection de placentas humains : il faut donc se contenter actuellement de notions incomplètes.

D'après Rerrerer (433), Durante (134), Secazz (135), le pla-

Len 48 Th centa humain est constitué yrosso modo de la manière sui-

vante :

Une fois l’œuf logé dans un des replis de la muqueuse utérine hypertrophiée, les villosités du chorion fæœtal s’appliquent à la surface de l’épithélium utérin, qui dégénère et disparait. L'ectoderme qui tapisse les villosités choriales développe de nombreuses assises cellulaires qui forment, en se fusionnant, une vaste masse plasmodiale ; cette masse plasmodiale se comporte comme chez le lapin ; elle pénètre dans le tissu conjonctif utérin et entoure les vaisseaux maternels, elle pénètre même à leur intérieur par effraction de leurs parois, et se substitue à leur endothélium. Par conséquent le sang de la mère circule dans des canaux d’origine ectodermique, canaux qui se dilatent considérablement.

Dans ces lacs maternels revêtus de plasmodium, plongent les villosités choriales apportant les vaisseaux allantoïdiens : leur structure diffère suivant que l'on considère une villosité jeune ou une villosité plus avancée en développement.

Dans le cas d'une villosité jeune, on la trouve constituée : 4° par un axe de stroma conjonctif muqueux; 2° par un revêtement cellulaire appelé couche de Langhans ; 3° par une couche de syncytium bordant d'autre part une lacune sanguimaternelle. Le stroma conjonctif est analogue à la gélatine de Wharton ; il est formé par un réseau de fibrilles conjonctives lrès ténues tapissé de cellules multipolaires avec de longs prolongements. La couche de Langhans est formée par des cellules volumineuses, arrondies ou polyédriques, serrées les unes contre les autres ; leur protoplasma est clair, transparent, chargé de glycogène, leur noyau est généralement unique, assez gros. Ces cellules sont parfois disposées en une seule rangée régulière ; dans d’autres cas, on en trouve plusieurs raugées, et ailleurs elles manquent sur une certaine étendue, mettant ainsi le stroma en contact direct avec la couche syncytiale. Celle-ci représente une bordure protoplasmique sans délimitations cellulaires, chargée de chromatine, se colorant fortement par les réactifs histologiques, offrant souvent des vacuoles et contenant des noyaux très nombreux. Ce protoplasma ne tapisse pas également les villosités, mais présente des épaississements, des renflements disposés parfois sous forme d'amas largement séparés les uns des autres, ce qui les a fait regarder à tort comme une bordure incomplète de cellules géantes spéciales; mais ces soi-disant cellules géantes peuvent se fusionner les unes avec les autres par des ponts de protoplasma longeant la villosité, et dans ce cas il est impossible, au milieu de ce bloc protoplasmique parfois très étendu, de découvrir aucune démarcation cellulaire ; en somme il s’agit d’une couche plasmodiale formant un revêtement inégalement réparti, qui peut entourer toute l'étendue de la villosité, qui peut aussi n’en couvrir qu’une région minime.

Dans le cas d'une villosité plus âgée, on note des différences structurales assez notables. Le stroma est plus riche en fibres et en cellules conjonctives ; les fibres conjonctives sont plus serrées et plus fortes; en outre, le stroma contient des vaisseaux gorgés de sang, à parois plus ou moins épaisses. La couche de Langhans ne se reconnaît presque plus, et même, si on a affaire à un placenta près du terme, à disparu complètement. Le revêtement du syncytium s’est aplati et il est devenu plus régulier. ù

En résumé, le sang fœtal dans la villosité est séparé du sang maternel par la paroi des capillaires fœtaux, par le stroma de la villosité (d'autant plus dense que-le placenta est plus àgé), par une couche cellulaire d'origine ectoder-

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