RÉSULTATS NÉGATIFS
mi |
CHAUVEAU et ARLOING 7) 1 Chaque cobaye recoit ? gouttes de (459). 4 vache à | 2 cobayes | 6co-| suc musculaire sous la peau. T.péritonéale.| sur 20 | bayes À taureau | réagissent. | inophtisique. culés.
GrRaTIA et LIÉNAUx 2 0 2 |[Suc musculaire injecté dans la (443). chambre antérieure de l’œil du
cobaye dans un cas, dans le péritoine pour l’autre cas (alors dose de 3 cc.)
KasrNer (448)....... 12 0 12 |Seize cobayes furent inoculés, chacun avec 1 cc. de suc ; ils furent tués au bout de huit semaines. Les vaches étaient atteintes de pommelière à divers degrés; plusieurs avaient de la T. non caséeuse, mais crétacée.
NOcarD (439,2... 1 0 1 |Suc du myocarde : quatre co- | bayes inoculés : chacun reçoit X à XX gouttes.
lei les résultats ont donc été à peu près constamment négatifs, mais les doses injectées étaient bien faibles.
NT
Si on récapitule ces expériences, on voit, en se bornant à celles du premier groupe, que près de 400 animaux ont été inoculés avec du suc de bovidés arrivés à la phase ultime de la T.; 22 seulement ont réagi. Ces chiffres montrent que la virulence du suc musculaire est possible, mais si faible, qu'on ne la découvre que dans des cas peu nombreux, en ayant recours à des procédés sévères d’inoculation expérimentale ; tout en reconnaissant que les animaux réactifs ont souvent été sacrifiés beaucoup trop tôt, et que la plupart du temps les doses injectées étaient peu considérables (1), on est forcé de conclure que même dans les états tuberculeux les plus favorables à la virulence du sang, l'infection sanquine n’est pas intense, résultat auquel conduit également l'étude directe du sang des bovidés.
B. — Résultats obtenus par l’inoculation du sang.
Eu 1888, GaLrTiER annonce au Congrès de la T. qu'il a obtenu un certain nombre de fois des résultats positifs en inoculant sous la peau des lapins du sang provenant de vaches phtisiques saisies aux abattoirs : le sang était trouvé virulent dans environ 1/5 des cas; en général, 1, 2 lapins sur 4 devenaient seuls tuberculenx, tandis que les 2 ou 3 autres restaient indemnes, bien qu’inoculés de la même façon et avec la même dose de sang du même animal tuberculeux. Il conclut ainsi : Le sang des animaux phtisiques, quoique souvent non virulent, doit être considéré en principe comme pouvant contenir parfois les germes de la maladie.
En 1890, Banc (153) publie des expériences faites avec le sang de 20 vaches extrêmement tuberculeuses, quelques-unes ayant des lésions généralisées. Le sang défibriné de ces 20 vaches fut inoculé à 38 lapins et à 2 cobayes ; 5 cc. de sang au minimum étaient injectés chaque fois ; la plupart du temps, Bang employait 10 à 18 cc. Le résultat fut négatif dans 18 cas, positif dans 2; un des cas positifs concernait une vache atteinte de T. miliaire aiguë ; dans l’autre cas, sur 2 lapins inoculés, { seul devint tuberculeux, et encore d’une façon peu intense. ,
Mc Fapyean (155) a éludié l’infectiosité du sang d'animaux t(uberculeux dans deux séries d'expériences faites avec un soin minutieux; dans chaque cas, le sang était pris directement dans la jugulaire, défibriné, puis injecté tiède dans la cavité péritonéale des animaux de laboratoire,
Are série d'expériences. Vaches. — Chez 2 vaches atteintes de T. étendue, mais non généralisée, du sang est recueilli et inoculé à des lapins.
(1) Dans une expérience de GaLTier, un suc musculaire qui, à la dose de 4 ce. était inoffensif, provoquait laT. à la dose de 12 cc., or cette quantité n’a été inoculée … que très exceptionnellement.
La première vache avait une T. considérable des ganglions lymphatiques de la région parotidienne ; 3 lapins adultes recoivent chacun 5 à 8 cc. de sang : tous 3 sont tués au bout de 41 jours et sont trouvés indemnes de T.
La seconde vache élait atteinte de phtisie pulmonaire avec adénopathie
médiastine; 2 lapins inoculés (5 cc. de sang pour chacun.d’eux), tués au 40° jour ne présentaient pas trace de T.
2° série d'expériences. Chevaux. — Cette fois Mc Fadyean s’est adressé, non à des animaux spontanément luberculeux, mais à des chevaux tuberculisés expérimentalement par injection intravasculaire de 5 cc. d’une émulsion de pus caséeux recueilli dans la rate d’un cheval : l'examen microscopique de l'émulsion avait démontré sa très grande richesse en bacilles ; d'autre part la virulence des bacilles a été prouvée par la quantité innombrable de tubercules miliaires trouvés à l’aulopsie dans les poumons de ces chevaux.
L'expérience a été faite sur 3 chevaux; le sang a été retiré de la jugulaire 24, 29, 48 heures après l’inoculation et injecté dans le péritoine de cobayes à la dose de 5 cc. Les 6 cobayes inoculés ont été tués de 23 à 34 jours après l’inoculation : aucun d’eux n'avait réagi.
HAGEMANN (458) a inoculé à 10 cobayes le sang de 6 vaches phtisiques; aucune n'avait de T. généralisée, mais 4 élaient profondément atteintes, sérieusement cachectisées; les 2 autres élaient moyennement {uberculeuses.
Chaque cobaye reçut 2 cc. de sang et fut couservé 45 jours, un seul devint tuberculeux.
En résumé, en étudiant la virulence du sang de vaches arrivées à la période cachectique de la phtisie, ou même atteintes parfois de T. miliaire aiguë, Gazrier, Banc, HaGEmanx ont eu des résultats positifs partiels dans 1/5, 1/9 et 1/4 des cas, Mc Faoyeax des résultats constamment négatifs.
4° Virulence du sang chez l’homme dans la T.
À. Recherche des B. dans des caillots sanguins ou des végétations de l'endocarde. — Si la tunique interne du système vasculaire était un tissu favorable au développement de la T. on serait rapidement renseigné sur la fréquence et l’intensité de l'infection bacillaire du sang; mais il n’en est rien; le B. s'implante difficilement dans l’endocarde, l’endartère, et l’endoveine, comme en témoigne la rareté des lésions de ces membranes au cours de la T. miliaire aiguë : par contre, il s’arrête assez volontiers à leur surface dans un caillot intra-vascu-
laire, dans une végétation fibrineuse banale des valvules du Kuss. 5
LÉbTES
cœur, et là on peut le retrouver, ce qui traduit nécessairement
une infection sanguine antérieure.
Un des premiers cas de ce genre est dû à Corniz et BABÈs (1), qui en 1883 trouvent des B. dans le stroma d’un caillot fibrineux au niveau de granulations méningées. — En 1884, WercasELBAUM (103) puis Mersecs (2) colorent du B. dans des caillots, pris à l’autopsie de granuliques (3 cas de Weichselbaum, 3 cas de Meisels). En 1886, Hezcer (1) (de Kiel) trouve dans le cœur de phtisiques des végétations fibrineuses banales avec des B. ; des faits du même genre sont vus par Lonpe et PErIT (1) (1894) et par HENKE (69) (1896).
B. Recherche des B. dans le sang. — On a réussi parfois à colorer des B. dans le sang des granuliques, sang pris liquide à l’autopsie, comme dans les 5 cas de Meisecs (2) (1884) et de RUTIMEYER (2) (1885), ou sang recueilli du vivant du malade, comme dans un cas de Meisels (2), un cas de Lusric (2) (1884), deux cas de Sricker (3) (1885). Mais ces faits sont rares. Un des cas de SrickER à trait à une granulie non mortelle.
- Dans la phtisie chronique vulgaire, si avancée soit-elle, la recherche du B. échoue toujours : cette règle a été bien établie à l’époque où le traitement de la T. par la tuberculine faisait craindre la mobilisation bacillaire. LIEBMANN (4) (de Trieste) avait trouvé, sans doute en se servant de lamelles déjà utilisées pour l’examen des crachats, de nombreux B. dans le sang des tuberculinés! Des recherches furent alors entreprises sur cette question par KosseL (154), Prior (4), EwaLp (4), BARLING et Wicson (4), ABRAHAM (4), CANTANI (4), HAMERLE (4), Mixuuicz (4), Gurr- MANN et EnrLica (1452), ce qui représente 8 à 900 préparations : les résultats ont été constamment négatifs, sauf pour un cas de Bar- LING et Wicson, où deux B. furent trouvés dans une préparation chez une malade atteinte de T. multiples, quelques jours après une amputation.
C. Recherche de la bacillose sanguine par les inoculations. — On a vu précédemment que dès 1866 la virulence du sang dans la T. à été démontrée possible par Villemin.
Depuis, on a bien continué à recourir à l’inocu-ation aux animaux pour déceler l'infectiosité du sang des tuberculeux, pourtant les documents publiés sur ce point ne sont pas nombreux. Que le sang soit infectant dans le 7. miliaire aiguë, cela n’est pas contestable ni contesté, mais l'intensité de son pouvoir virulent n'est pas élucidée.
(1) Cités par TEIssIER (313).
(2) Cités par ErrzinGer (457).
(3) Cités par Rerssmann (459 bis).
(4) Cités par KosseL (454). -
LU oies
Pour ce qui est de l’infectiosité sanguine dans la pAtisie pulmonaire sans granulie, sa rareté ressort des recherches entreprises par ETTLINGER (157) en 1893. Dans 8 cas de T. chronique vulgaire, il à inoculé au cobaye 1 ce. de sang pris dans la veine ; tous les résultats ont été négatifs ; il s'agissait chez tous ces malades de phtisie chronique avec cavernes, fièvre hectique, cachexie extrême ; la prise du sang était faite tout à fait à la fin de la dernière période. Dans une 9° expérience, le cobaye est devenu tuberculeux; il avait été inoculé avec le sang d’une malade atteinte de péritonite caséeuse chronique terminée par péritonite purulente banale; dans aucun organe on n’avait trouvé de granulation récente.
D. Recherche de la bacillose sanguine par les cultures. — Vaquez (1) a examiné par cette méthode le sang de 18 tuberculeux arrivés à la dernière période de la phtisie ; il n'a obtenu que des résultats négatifs.
E. Suc musculaire des phtisiques. — GraATIA et Lrénaux (143) ont eu deux résultats positifs en injectant au cobaye dans le péritoine à la dose de 1 gramme le suc musculaire de deux tuberculeux; l’un d’eux était atteint de 7°. généralisée; l’autre de T. pulmonaireet intestinale arrivée au plus haut degré.
STEINHEIL (1449) à recherché la virulence du jus musculaire de 8 tuberculeux et obtenu constamment un résultat positif. Le suc était obtenu par expression de psoas recueillis soigneusement et lavés, et 2 cobayes recevaient chaque fois dans le péritoine 1 ce. de jus. Les psoas ont été pris sur des cadavres de phtisiques, morts de T. avancée pulmonaire et intestinale sans granulie. Dans toutes les expériences, sauf une, les deux cobayes ont succombé ; une seule fois un cobaye a survécu.
STRAUS (15) a inoculé le produit du broyage de muscles de Doiqies à 11 cobayes qui reçurent chacun 2 cc. du liquide : 7 devinrent tuberculeux.
F. Preuves indirectes de l'infection sanguine dans la T. pulmonaire chronique. — L'observation clinique de même que la pratique des autopsies démontrent journellement l'existence de T. qui très probablement se sont formées par la voie hématogène, sans que du reste à aucun moment les malades aient présenté le moindre symptôme de granulie ; chez un individu porteur en un point quelconque de son organisme d’un foyer tuberculeux ancien, il n’est pas rare de voir survenir, à l’occasion d’un traumatisme par exemple, une localisation de bacillose dérivant de la première par apport sanguin des germes ; d’où la théorie, si longtemps en faveur, du parasitisme
(1) Cité par ETTLINGER.
nu
latent du sang ; mais la pathogénie de ce processus se conçoit tout aussi bien en admettant que les foyers de T. (certains d’entre eux tout au moins) peuvent envoyer de temps entemps dans le courant circulatoire, à des intervalles plus ou moins éloignés, quelques leucocytes bacillifères dont la destinée est tout entière subordonnée aux conditions de résistance des parenchymes : les B. migrateurs ou bien sont détruits ou bien s’enkystent dans un petit nodule insignifiant, ou bien se fixent dans un tissu apte à les recevoir et y prolifèrent : il va de soi que cette pénétration fortuite de quelques microbes dans le sang diffère considérablement par ses allures et par ses conséquences de la bacillose sanguine proprement dite; elle réalise une infection très minime et transitoire, fort difficile à démontrer directement, et n’amène pas, au sens vrai du mot, la virulence du sang. L'arrivée discrète dans la circulation des germes spécifiques est-elle chose habituelle, ou bien au contraire manque-t-elle fréquemment chez les phtisiques vulgaires? Ce point a fait l’objet des recherches de F1iRKET (140). Dans 141 autopsies de T. pulmonaire chronique, Firket a minutieusement examiné les reins à l'œil nu; 30 fois seulement il a trouvé des lésions tuberculeuses macroscopiquement appréciables. « J’admets sans peine, dit-il, que plusieurs fois des lésions existantes ont dû passer inaperçues, soit que les tub. très rares, cachés dans la profondeur du parenchyme rénal, n’aient pas été mis au jour par les diverses sections pratiquées dans l'organe, soit que la colonisation des B. fût trop récente pour avoir déterminé des lésions appréciables. Il convient de faire une large part à cette cause d'erreur, bien que, en pareil cas, le peu d'importance des lésions soit une preuve du peu d'intensité de l'infection sanguine ; mais, si même l’on double les chiffres obtenus pour la fréquence de la T. rénale, il reste acquis que, dans plus de la moitié des cas de phtisie vulgaire, les signes anatomiques d'une infection bacillaire du sang font défaut; le malade succombe aux progrès de la T. pulmonaire ou digestive, les lésions s'étendent à quelques ganglions et souvent au foie, par la veine porte, mais on ne Les observe pas dans le domaine de la circulation générale. Dans ces conditions nous ne sommes pas autorisés à admettre que l’agent tuberculeux ait envahi cette circulation. » La méthode de démonstration employée par FirkET est peu rigoureuse ; le rein ne semblant pas très enclin à se tuberculiser ; bien des fois sans aucun doute, des B. circulent dans le sang et ne s’arrêtent pas dans le parenchyme rénal, la preuve en est fournie par l'étude de la T. du cobaye, et par l’évolution d’un grand nombre de granulies de l’enfant et de l’adulte ; la proportion indiquée par Firket est donc'au-dessous de la réalité, probablement de beaucoup.
CE
5° Conclusions.
Parmi les faits qui ont été passés en revue, beaucoup sont peu démonstratifs, beaucoup se contredisent; pourtant une impression générale nette se dégage de leur ensemble, c’est que le B. de la T. humaine ne séjourne pas volontiers dans le sang des mammifères ; il y est souvent déversé ; souvent aussi, il y circule transitoirement, mais il aune tendance évidente à ensortir : que devient-il alors? L'étude expérimentale des injections intraveineuses nous l’apprend : il va se fixer dans les divers organes et y développe des lésions spécifiques; peut-être aussi est-il parfois rapidement détruit ? Mais cela est peu vraisemblable.
En précisant davantageles points établis, on arrive, semble-t-il, aux conclusions suivantes :
1° Le parasitisme latent du sang est une hypothèse sans fondement; les T. viscérales ou chirurgicales ne peuvent être considérées comme la localisation d’une infection sanguine précoce, intense, généralisée et continue.
2° Dans la T. des animaux de laboratoire arrivée à la période ultime l'infection sanguine est sans doute la règle (expériences de VizcemiN, GALTIER, BaumGarren chez le lapin, de Gossezin chez le cobaye).
3° Dans la T. généralisée du cobaye non arrivée à la période cachectique, le sang n’est pas virulent (expériences PERSONNELLES). La T. du lapin s'accompagne peut-être d'une infection sanguine précoce très marquée (expériences de JeanneL) ; ce point serait à vérifier.
4° Le sang, infecté par voie expérimentale, perd rapidement sa virulence (expériences de Nocarp, Mc Fanyean, GAERTNER).
5° La virulence du jus musculaire est habituelle chez les bovidés et chez l’homme quand la T. est profonde et arrivée à son stade ultime, en dehors même de la granulie (expériences de KAsTNER, FoRSTER, STUBBE, STEINHEIL, GALTIER, STRAUS); mais elle est peu marquée, inégalement répartie, difficile à démontrer, ce qui explique le grand nombre de résultats négatifs obtenus ; elle
implique nécessairement une infection sanguine de même ordre et de même nature.
6° Le sang des bovidés, étudié directement, s'est montré virulent dans un petit nombre de cas, bien qu'on se soit servi de sang de vaches gravement atteintes saisies aux abattoirs, quelques-unes ayant même de la T. généralisée. La difficulté de ces recherches est telle (masse considérable de sang) que l’on doit nécessairement passer à côté des infections peu intenses.
7° Dans la granulie humaine, l'infection sanguine est probablement constante et continue, mais à un degré d'intensité que nous ignorons; cette intensité peut être très grande, c’est dans ces cas que les B. sont trouvés par coloration dans le sang circulant : elle est sans doute fonction de la nature du foyer primitif générateur de granulie, et de la résistance de l'organisme.
8° Il peut exister chez l’homme une infection sanquine intense, passagère, au cours d’une T. chronique, par suite d'une poussée aiquë de granulie non mortelle (cas de Sricrer).
9% Dans la phtisie chronique sans granulie ont lieu assez souvent des éraversées bacillaires du sang comme le démontrent le mode d'apparition et la localisation de certaines T. secondaires, la rencontre de B. dans les couches fibrineuses superficielles de végétations banales de l’endocarde chez des phtisiques sans granulie, les résultats obtenus avec le suc musculaire, enfin les constatations d’autopsie.
En somme, 1l n'est pas impossible que les B. arrivent au placenta par voie hématogène dans le cours de la phtisie ordinaire ou même chez des tuberculeuses peu gravement atteintes, mais en dehors de la granulie, ou sauf exceptions rares, ils n'y parviennent qu’en très petit nombre. Se déposent-ils alors dans les sinuosités des espaces intervilleux, produisent-ils facilement des lésions, ont-ils des facilités pour traverser le placenta, on ne saurait le dire a priori. Cette question sera discutée après l’exposé des faits connus de T. héréditaire. ‘