‹ De L'Hérédité Parasitaire De La Tuberculose HumaineChapitre 32 sur 113 · Cas certains chez l'homme · texte numérisé non relu

Cas certains chez l'homme

Cas de Charrin (de Lyon) (1873) (36). — Mère. — Femme de vingl-neufans, tuberculeuse depuis quatre mois, la maladie ayant débuté brusquement à cette époque par une pleurésie droite. Très émaciée, véritablement cachectique au moment de l'accouchement.

A 7 mois 1/2, accouchement d’une pelite fille :

Mort de la mère le 10° jour après l'accouchement.

(1) Classés d’après leurs dates de publication.

MT ose

A l'autopsie, poumon droit criblé de tub., creusé de cavernes au sommet ; pleurésie caséeuse, reliquat de la pleurésie iniliale : caséilication des ganglions bronchiques : granulie splénique, rénale, pulmonaire, foie gras.

Père. — Bien portant.

Enfant. — Très faible à la naissance. Poids — 1100 grammes. Né avant terme (7 mois 1/2). Meurt au bout de trois jours. : :

Caséification de presque tous les ganglions mésentériques sans T. intestinale. Lésions caséeuses dans la chaîne ganglionnaire étendue de la base du thorax à la région sus-hycidienne : quelques granulations grises dans les poumons.

Les ganglions de la petite courbure de l'estomac forment une masse resistante, jaunâtre, englobant la veine porte, les voies biliaires, la tête du pancréas el le tronc cœliaque.

Bate farcie de tub., peu augmentée de volume.

Foie. Semis abondant de granulations tuberculeuses tant sous la capsule que dans l'épaisseur du parenchyme.

Reins. 2 pelites granulations sur une branche artérielle du rein gauche, dans le hile ; les reins eux-mêmes sont sains.

Péritoine. Notable quantité de Jiquide ascitique. Sur le grand épiploon, on voit le long des vaisseaux de nombreuses granulations miliaires. Sur les anses intestinales on aperçoit de distance en distance quelques granulations, dont le siège anatomique paraît être le tissu sous-séreux.

Capsules surrénales. Quelques tub. miliaires grisâtres saillants dans leur parenchyme.

Cerveau. Foyer jaunâtre, gros comme une petite lentille dans la substance blanche du lobe frontal gauche.

En résumé, l'enfant présentait des lésions avancées de tous les ganglions (mésentériques, médiastinaux, cervicaux, pancréatiques) et de la rate, un tub. cérébral et des lésions granuliques généralisées (poumons, foie, reins, capsules surrénales, péritoine) : si on fait abstraction de la granulie, qui bien certainement était de formation récente, on voit que la 7’. dans ce cas s'était localisée au système lymphatique et à la rate.

Cas de Berti (1882) (37). — Fillette, née le 24 mars 1882, apportée à l'hospice des Enfants-Trouvés de Bologne 5 jours après sa naissance : c’était une enfant chétive, ayant de l’ictère et du sclérème, pesant 2460 grammes.

L'examen clinique, pratiqué à deux reprises, n'avait révélé aucun phénomène morbide thoracique.

L'enfant meurt le 2 avril, donc à neuf jours. A l’autopsie, on ne trouve d’abord d'autre lésion du poumon que l’atélectasie de quelques portions marginales, mais en incisant le lobe inférieur droit, Berti y découvre deux cavités rapprochées l’une de l’autre, situées du côté du bord postérieur au niveau de la base, et distantes de la surface libre de l'organe de 2 millimètres à peine. La première cavité élait large et peu profonde, et remplie d’une substance blanc jaunâtre dense. La deuxième cavité était plus étroite, mais sa profondeur élait telle que, partie du bord postérieur du poumon, la caverne venait affleurer le revêtement pleural de la face diaphragmatique. Cette cavité était vide, ne laissant voir que des petits morceaux de substance caséeuse épars

eeU Le Sets

sur ses parois; cependant en comprimant le poumon au niveau du fond de la cavité, on put faire sortir une notable quantité de substance caséeuse.

Ayant vidé les deux cavernes, Berti en examina les parois : celles-ci étaient rosées, molles, uniformes pour la plus petite; pour l’autre, elles étaient de couleur sombre, présentaient des anfractuosités et des parties dures.

Les deux cavernes communiquaient certainement avec les bronches; elles se remplissaient en effet avec du mercure injecté dans les grosses bronches du hile : la capacité de la première était de 170 millimètres cubes, celle de l’autre de 210; la perte de substance du lobe malade a été trouvée par le calcul de 1/21.

Les ganglions bronchiques étaient un peu gros; quelques ganglions du médiastin également. De ces ganglions, les uns étaient colorés en jaune dans la partie centrale, mais non d’une façon uniforme; d’autres élaient rosés. Dans tous on sentait de petits grains durs.

L'examen microscopique des coupes du poumon malade à distance des cavernes ne montra rien de particulier, quant au parenchyme pulmonaire proprement dit; mais on notait sous la plèvre une infiltration notable par des cellules ovoïdes, grosses, granuleuses, groupées çà et là en amas d’une dizaine.

Au niveau des cavernes, le Lissu pulmonaire étail infiltré, d’une façon discrète, par des cellules lymphoïdes et par de petites granulations arrondies : la plèvre renfermait dans les mailles de son tissu conjonctif quelques grandes cellules et un très grand nombre des granulations susdites disposées en amas.

Enfin Berti complèle son observation par les renseignements suivants sur les antécédents héréditaires : il les tient de la sage-femme qui à mis l'enfant au monde.

La mère est atteinte de bronchite depuis l’âge de dix-sept ans et constamment maladive : la grand'mère est morte phlisique à trente-huit ans; une sœur de cette dernière et son mari ont également succombé à la phtisie et un de leurs enfants est mort tuberculeux.

En résumé, chez un enfant de neuf jours, Berti a trouvé une T. pulmonaire trop avancée pour qu'il puisse être question d’une infection post-partum. Sur la réalité même de celte T. on ne peut guère émettre de doutes ; la description minutieuse des lésions macroscopiques se rapporte bien à des cavernes tuberculeuses ; quant à l’examen microscopique, il est probable qu’il a porté sur de petits tub. infiltrant le tissu sous-pleural, les granulations rondes disposées en amas étant des lymphocytes, et les grandes cellules, des cellules épithélioïdes : cet examen histologique est à coup sûr trop sommaire pour autoriser une conclusion ; mais l’existence de cavernes à contenu caséeux dans un parenchyme à peu près sain ne permet pas de douter de leur nature tuberculeuse.

II est malheureusement fort regrettable que Berti n'ait pas fait une autopsie complète; il s’est borné à l'étude assez détaillée des lésions pulmonaires, et ne donne aucune indication sur l’état des autres organes ; son observation est donc inutilisable pour l'étude de la T. con-

RUE, d'OS

génitale : elle est un exemple presque certain de transmission héréditaire du germe ; elle n’apprend rien sur la localisation et la forme de la T. congénitale.

Cas de Merkel (1) (de Nuremberg) (1884) (39). — Une femme prend une pleurésie au début de 1875. À partir de ce moment se développe rapidement une T. des sommets.

Au commencement de février, elle devient enceinte; en juin, laryngite ulcéreuse nécessitant en octobre l'emploi du gavage par la sonde.

Le 4 octobre, accouchement à terme.

Le 6 octobre, mort.

A l’autopsie, cavernes pulmonaires et T. miliaire des poumons.

L'enfant, très chétif, portait à la naissance une fumeur caséeuse du palais du volume d’un pois, qui s’ouvrit deux jours après; il eut ensuite un abcès au grand trochanter gauche et mourut d’inanition, n’ayant plus la force de prendre le sein,

A l’autopsie, poumons intacts; foyer caséeux du palais osseux : foyer caséeux juxta-articulaire rétro-fémoral, caséification des ganglions du cou.

Ici la T. congénitale s’est présentée sous la forme d’une T. externe chirurgicale avec intégrité des viscères, tout au moins du poumon; le palais osseux et les ganglions cervicaux d’une part, la région de la hanche d’autre part (l’articulation était indemne) auraient seuls été pris.

Cas de Lannelongue (1887) (42). — 1°" Cas. Tuberculose congénitale du testicule. — En 1883, un enfant de deux mois est amené à l'hôpital pour différentes lésions ; en particulier, il porte un trajet fistuleux sur le scrotum du côté droit, trajet qui se prolonge jusqu’à l’épididyme : le cordon de ce côté est gros, moniliforme jusque dans le pli de l’aine; par le toucher rectal, on sent dans la région de la prostate et des vésicules séminales un empâtement un peu plus prononcé à droite qu’à gauche.

C'est quelques jours après la naissance qu'a eu lieu l’engorgement scrotal qui s’est terminé par un abcès et par un trajet fistuleux.

L'enfant porte en outre sur la cuisse gauche un petit nodule tuberculeux qui s’est résorbé et ne laisse plus qu’une trace légère.

2° Cas. Arthrite congénitale du genou. — Le 14 mai 1883, se présente à la consullalion une enfant de six semaines, présentant au génou droit une déformation que les parents disent d'une manière très formelle avoir été constatée au moment même de la naissance.

En examinant le genou, on constate un épanchement articulaire manifeste qui distend la synoviale; celle-ci est tendue en haut et en bas, de chaque côté du ligament rotulien ; la fluctuation est évidente.

Le genou est en même temps fléchi et ne peut être redressé; on ne trouve pas de lésions du côté du fémur ni du tibia capables d'expliquer la position de la jambe. L'enfant a été endormie et on a pu ainsi vaincre la contracture

(1) Ce cas est également connu sous le nom de OLLENDoRr : car, observé par MERKEL en 1875, il n’a été publié qu’en 1884 par OLLENDORr.

musculaire et placer la jambe dans une extension à peu près complète. L'examen du genou, pratiqué de nouveau pendant l’anesthésie, ne révèle aucune lésion osseuse : l'attitude prise par le membre semble donc résulter seulement de l’arthrite.

J'ai cherché la cause de cette arthrite dans un traumatisme qui aurait pu exister au moment de l'accouchement, et j'ai appris que cet accouchement avait nécessité l'application du forceps. Je me rattachais donc, faute d’une meilleure hypothèse, à l’idée d'une arthrite traumatique, lorsque la marche ultérieure du phénomène vint me démontrer qu’il s'agissait d’une arthrite d’une autre nature. En effet, à l’épanchement succédèrent des fongosités tuberculeuses, et l'enfant, revue plusieurs fois depuis, présentait tous les signes classiques d’une T. du genou.

3° Cas. Ostéo-arthrite tuberculeuse du genou et abcès tuberculeux multiples chez un enfant de un mois. — 1° Une petite fille de un mois est amenée à l'hôpital le 21 juin 1886. Cette enfant porte un volumineux abcès du membre inférieur droit, ayant débuté 15 jours auparavant, c’est-à-dire 15 jours après la naissance; l'abcès occupe la moitié inférieure de la cuisse et passe dans le mollet. La rotule est soulevée et l'urticulation paraît pleine de pus. La jambe est fléchie sur la cuisse. OEdème marqué du pied.

2° Sur le métatarsien gauche existe un petit abcès tuberculeux.

3° Abcès tuberculeux à la région lombaire droite.

4° Cas. Abcès tuberculeux multiples chez un enfant de trois semaines. — Mathilde G., âgée de trois semaines, est présentée à la consultation le 14 mai 1886. Cette petite fille porte un abcès tuberculeux à la région tarsienne gauche, un autre à la région rétro-malléolaire droite.

5° Cas. Ostéite tuberculeuse et abcès tuberculeux multiples chez un enfant de seize jours. — Marie L., âgée de seize jours, est amenée à la consultation le 15 juin 1886, avec des abcès tuberculeux multiples.

A la région sacrée existe un gros foyer purulent qui donne issue à du pus couleur café au lait.

On voit un autre abcès à l’avant-bras droit; l'ouverture de cet abcès montre que le squelette est atteint : l'abcès présentait une membrane tuberculogène épaisse et renfermail des produits caséeux.

L'enfant n'a pas été revue; elle était dans un état de faiblesse extrême, dû probablement à de la T. viscérale, et elle a dû succomber.

Voilà donc cinq cas de T. externe héréditaire ; dans l’un deux, l’existence concomitante de lésions viscérales est probable ; dans les autres, elle est possible; mais on ne peut rien affirmer, puisqu'il n'y a pas eu d’autopsie et que chez les nourrissons les foyers de T. interne latente sont à peu près indiagnostiquables.

Cas de Jacobi (1) (1888) (47). — Fœtus de sept mois, n'ayant vécu que quelques minutes, né d’une mère atteinte de T. pulmonaire au 3° degré, qui mourut 3 semaines après l'accouchement.

(1) Ge cas de T, congénitale a été observé par Jacomt en 1861 et publié en 1888 dans l'Encyclopédie des maladies des enfants de Keating (Philadelphie). Mais il n’a été connu en France qu’en 1891, quand Jacobi fit sa communication au Congrès de

la T.

A l'autopsie du fœtus, T. miliaire du foie, tub. à la surface de la rate, tub. de la plèvre pulmonaire droite, L'examen microscopique montra qu’il s'agissait bien de T.

Cas de Rindfleisch (1890) (45). — Au Congrès de Brême, à la suite de la communication de Birch-Hirschfeld rapportant le cas qui parut l’année d’après sous le nom de Schmorl et Birch-Hirschfeld, Rindfleisch rappela en quelques mots un cas qu’il avait observé.

Femme atteinte de phlisie galopante au cours de sa grossesse. L'enfant mourut à huit jours, avec une pneumonie caséeuse et un gros noyau caséeux dans le foie.

Cas de Sabouraud (1891) (52). — Mère, au Lerme de la grossesse, présente des signes nets de T. (induration légère des deux sommets, avec quelques signes de ramollissement au sommet gauche). Elle a eu, quelques jours auparavant, une albuminurie qui a disparu.

Accouchement normal le 5 août, suites de couches régulières. Elle quitte le service le 41° jour après l’accouchement, sans que les lésions pulmonaires se soient modifiées. Mais bientôt elle tombe plus malade, la T. fait des progrès rapides, et elle vient mourir dans le service le 3 octobre, c'est-à-dire deux mois après l'accouchement.

L'autopsie montra que les poumons, sans aucune caverne, étaient farcis de tub. dans leur moitié supérieure; mais là se bornaient les lésions tuberculeuses. L'examen bacillaire du foie, de la rate et des reins est resté négatif. Il n’a pas non plus été possible de trouver aucun bucille ni dans les mamelles, ni dans les organes génito-urinaires.

La mort doit être mise sur le compte d'une néphrile aiguë.

Placenta sans lésion apparente, non examiné au microscope, l'enfant ne présentant, au moment de sa naissance, rien qui pût faire songer à de la T.

Enfant née à Lerme, paraissant hien portante, morte à onze jours.

Autopsie incomplète (gènée par une opposition). Seuls, le foie et la rate ont été examinés; mais la mort par asphyxie de l'enfant et les râles fins disséminés dans toute l'étendue des poumons constatés la veille de la mort

montrent que sans doute les poumons étaient aussi atteints.

Foie criblé de milliers de petites granulations de 1 à 2 millimètres de diamètre. Au microscope, disparition de la Jlobulation normale; tub. constitués. les plus petits par quelques noyaux agminés, les plus grands (du volume d’un lobule) par un centre granuleux entouré de noyaux. Avec le violet de gentiane aniliné d'Erlich, bacilles si nombreux qu’il est impossible de trouver un point de la coupe où le champ de l'objectif n’en contienne pas.

Rate petite, farcie d’un nombre considérable de tub. d’un volume variable, les uns simples granulations miliaires, les autres présentant jusqu'à 8 et 10 millimètres de diamètre. L'examen histologique montre que pour ces gros, tub. il ne s’agit point de la réunion d’un grand nombre de tub. miliaires, mais d'un seul tub. dont le centre unique est.en dégénérescence granuleuse, et le pourtour, chargé de bacilles, en prolifération très active. L'aspect et, l'examen de la rate ne laissent pas de doute sur la forme septicémique-de la, maladie; l'examen microbien montre dans cette rate plus de bacilles qu’on:

SR

ne trouve de bactéridies dans une rate charbonneuse. La dimension de ces tub. et la brièveté de la vie de l'enfant démontrent l’origine congénitale des premières lésions. Autrement, il faudrait admettre chez cette enfant une T. d’évo-

lution beaucoup plus rapide que la T. expérimentale chez les animaux les plus sensibles à cette infection.

Cas de Sabrazës (1891) (53). — Sabrazès a observé un jeune homme de 45 ans, porteur de T. externes multiples, et en particulier d’une fistule tuberculeuse du deuxième métacarpien gauche. Or, à la naissance, un médecin avait constaté l'existence d’un spina-ventosa localisé à la première phalange de l'index gauche; dans les années suivantes, cette lésion avait progressivement augmenté ; le métacarpien s'était pris, si bien que la racine du doigt était, à l’âge de 6 ans, boursouflée comme un boudin. Une fistule apparut à ce moment et ne se ferma plus; l'écoulement de la fistule amena sur le dos de la main et même de l’avant-bras droit l'apparition de placards successifs échelonnés.

D'autre part étaient survenues des suppurations ganglionnaires préauriculaire, axillaire, cervicale, sous-maxillaire, évoluant comme des abcès froids ei laissant des cicatrices; à la main droite, il s’était fait une gomme de la peau qui ne guérit qu'après un raclage.

Quand Sabrazès a vu le malade, celui-ci portait de larges placards lupiques sur le cou, la main etl’avant-bras gauches ; une plaque de lupus correspondait à la fistule métacarpienne. Tuméfaction de la première phalange de l'index ainsi que du tiers inférieur du métacarpien, le trajet fistuleux échapper du pus séreux, conduit sur l’extrémité de cet as.

Pas de T. pulmonaire.

Raclage du foyer fistuleux, cureltage des plaques lupiques, injection d’éther iodoformé, nouveau raclage suivi d'injections, finalement guérison.

, qui laisse

Bien qu’on n’ait pas cherché le B., l’évolution des lésions ne laisse aucun doute sur leur nature tuberculeuse ; en particulier l’apparition autour de la fistule suppurante d’un placard de lupus est la signature de la maladie. — Quant à l'existence du spina-ventosa à la naissance, elle résulte de ce fait que dès ce moment cette lésion avait attiré l’attention d’un médecin.

Les renseignements recueillis sur les parents de l'enfant sont incomplets et incertains : Le père était bien portant : la mère était très faible pendant la grossesse ; elle est morte quelques années après l'accouchement dans un état de maigreur avancée, suant la nuit et toussant beaucoup. Sur sept frères et sœurs, deux sont morts de T.

Cas de Sarwey, Baumgarten et Roloff (1893) (59). — Mère. Femme de 30 ans, bien portante d'aspect. Étant enceinte, elle a une grande émotion à la fin du troisième mois de la grossesse et, quelque temps après, s'aperçoit que . son ventre ne grossit plus; elle ne ressent pas, comme aux grossesses précédentes, la sensation des mouvements du fœtus. Un médecin, consulté par elle au huitième mois, croit à un fibro-myome; elle est examinée en ce moment à la clinique, où on peut entendre les battements du cœur.

Kuss. 6

ie

Au onzième mois, elle vient accoucher à la clinique de Tubinge d’un fœtus monstrueux et sort bien portante quelque temps après; elle n'avait, au moment de l'accouchement, aucun symptôme de T.

Placenta et membranes de l'œuf. — Rien d'anormal macroscopiquement ni à l'examen histologique; le placenta avait 10 centimètrés de diamètre, le cordon mesurait 27 centimètres.

Fœtus. — Longueur, 19 centimètres.

Poids, 770 gr. (y compris une assez volumineuse encéphalocèle). Difformités diverses. — Ce fœtus était mort, mais tout démontrait que sa

mort était récente : il n’était ni momifié, ni macéré ; d'autre part, il était complètement développé et les testicules étaient dans l’anneau inguinal.

Dans le corps des trois premières vertèbres cervicales existait un abcès caséeux partiellement crélacé ayant la structure caractéristique de la T. En effet, Roloff y a trouvé des tub. avec cellules épithélioïides et cellules géantes.

Sur plus de 70 préparations, les B. manquèrent.

L'inoculation aux animaux de la matière caséo-crétacée et de la paroi de l'abcès (voie sous-cutanée et voie intra-péritonéale) ne donna pas de résultat certain : des 6 cobayes inoculés, 3 montrèrent une T. généralisée; mais, comme l’endroit de l’inoculation était guéri sans réaction, la possibilité d’une infection venue d’ailleurs ne peut pas être écartée absolument. Les B. n'ont pas élé cherchés, semble-t-il, dans les lésions de ces cobayes.

L'aspect des coupes était si caractéristique que Baumgarten n'hésita pas à conclure d'une facon ferme à la T. Du reste, il n’y avait pas trace de syphilis ni chez la mère, ni chez le père, ni chez le fœtus : cette hypothèse peul donc être éliminée sûrement. L’intégrité histologique du placenta plaide dans le même sens.

Le père élail très probablement tuberculeux, depuis longtemps sans doute.

ScamorL et Kockez (129), en parlant de ce cas, considèrent que la T. n’est nullement démontrée. La mère n'était pas tuberculeuse; cliniquement, les bacilles n'ont pas élé rencontrés et les inoculations aux animaux ont donné des résultats altaquables, voilà bien des raisons pour ne pas ranger cette obs. parmi les cas certains de T. congénitale. L’argument que fait valoir Baumgarten (structure typique du tub.) n’a pas grande valeur démonstrative, disent-ils, attendu que les cellules géantes ne sont pas nécessairement fonction de T., que, en particulier, elles se rencontrent volontiers dans les gommes syphilitiques. Ils citent à ce propos un cas fort intéressant qu'ils ont observé:

Chez un enfant mort-né syphilitique (ostéochondrite spécifique et foie silex), le poumon gauche contenait un foyer caséeux gros comme un pois, entouré de petits nodules grisâtres; au microscope, tub. miliaires typiques avec cellules géantes. La syphilis n'était pas contestable ; mais n’était-on pas en présence d’une infection mixte, d’une T. chez un sypbilitique? La coloration des bacilles ayant échoué, on inocula la moitié du nodule caséeux à un cobaye, sans succès. Sur les entrefaites, la mère mourut et à l’autopsie on put s'assurer qu’elle n’était point tuberculeuse.

.. L'obs. de Schmorl et Kockel n’est pas absolument superposable à celle de Sarwey, puisque dans celle-ci l'hypothèse de syphilis semble

ENT fhus

devoir être écartée, l'enfant n’en présentant pasles stigmates habituels et les parents non plus. D'autre part, l’absence de bacilles dans le foyer ne permet pas de conclure contre sa nature tuberculeuse : ne sSavons-nous pas que, assez souvent, dans des produits tuberculeux avérés, voire même dans des granulies expérimentales ou cliniques, il est absolument impossible de mettre en évidence le moindre bacille. Il faut remarquer enfin que sur les 6 animaux inoculés, 3 sont morts de T. généralisée ; une contamination accidentelle est difficile à admettre, et le manque de lésion locale d’inoculation tient peut-être à ce que le pus a été injecté à la fois sous la peau et dans le péritoine. Pour toutes ces raisons, je conserve le cas de Sarwey parmiles T. congénitales certaines, sans contester qu'un doute ne plane sur la légitimité de cette conclusion.

Cas de Lehmann (1894) (1430). — Mère. — Phlisique, accouche à terme, meurt le surlendemain : à l’autopsie T. miliaire généralisée superposée à de vieilles lésions pulmonaires. Pas de T. de l’utérus ni du péritoine.

Placenta non examiné.

Enfant. — Mort 24 heures après la naissance.

Foyer jaunâtre bien limité, gros comme une tête d’épingle dans la paroi du ventricule gauche.

Ganglions aortiques, du volume d’une lentille-pois, durs, jaunâtres, grumeleux à la section.

Poumons. Nombreux nodules submiliaires ou miliaires, grisätres ou jaunàtres : au microscope, ce sont des tub. typiques avec B.

Ganglions bronchiques hypertrophiés et tuberculisés.

Foie parsemé de nodules gros comme une tête d’épingle (tub. avec B).

Ganglions du hile du foie semblables aux ganglions bronchiques.

Rate très grosse, 4 X 3 X 1,5, nombreux petits tub.

Rein g., un noyau miliaire.

Le ganglion mésentérique et un paquet ganglionnaire préverlébral situé derrière l'estomac sont hypertrophiés el jaunâtres.

En somme, T. miliaire maternelle et granulie fœtale avec développement marqué des ganglions, surtout des ganglions bronchiques et rétro-péritonéaux.

Cas de Schmorl et Kockel (1894) (129). — Mère atteinte de phtisie pulmonaire, morte 4 jours après l'accouchement. A l’autopsie, en plus de la T. des poumons, endométrite caséeuse de toute la muqueuse.

L'enfant, mort à 12 jours, avait une caséification presque totale des capsules surrénales; les deux organes étaient hypertrophiés ; au microscope, leur partie centrale élait homogène, granuleuse, sans noyaux ni structure, et partiellement crétacée; à la périphérie, granulations tuberculeuses avec cellules géantes et rares B.

Les gauglions lymphatiques étaient normaux, ainsi que les autres organes : un morceau du foie fut inoculé à un cobaye qui resta bien portant.

Page 1