‹ De L'Hérédité Parasitaire De La Tuberculose HumaineChapitre 33 sur 113 · LL OT · texte numérisé non relu

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Il s’agit certainement d’une T. congénitale, bien que l'enfant ait vécu douze jours ; on voit que le B. transmis héréditairement peut se localiser uniquement dans les deux capsules surrénales.

Cas de Yvan Honl (1895) (62). — L'auteur trouve des tub. miliaires typiques riches en bacilles et en voie de caséification dans le foie, la rate et les poumons d’un enfant de 15 jours. Les lésions étaient surtout marquées dans le foie.

La mére de l'enfant, aussitôl après la naissance, fut reçue à l'hôpital avec Le diagnostic d'infiltration pulmonaire tuberculeuse : elle n’a donc pas allaité l'enfant.

Malgré l’âge relativement avancé de l'enfant, l’origine intra-utérine de cette T. n’est pas douteuse, les tub. miliaires étant déjà en voie de caséification.

Cas de Warthin (1896) (72) (1). — Une femme de 38 ans, primipare, entre le 26 mars 1896 à la clinique du D' James N. Martin, professeur de gynécologie et d’obstétrique à l’Université du Michigan.

Elle a été bien réglée jusqu’en août 1895 : dans la 2° semaine d'août, arrêt des règles : réapparition en février 4896, puis en mars.

Pendant la grossesse, elle a été prise à plusieurs reprises de douleurs péritonitiques ; et elle a eu par le vagin des écoulements purulents et caséeux fétides, ne renfermant pas de bacilles, accompagnés de sensations pénibles dans le petit bassin. D'autre part la malade déclinait peu à peu et perdait ses forces.

A l'entrée, elle n’otirait pas de signes d'affection pulmonaire, et n'avait pas l'aspect d'une tuberculeuse.

Laparotomie le 3 avril. — Trompe droite tortueuse, élargie, enlevée avec l’ovaire qui est kystique : au niveau du pavillon, il y avait une masse nodulaire hémorragique à peu près de la grosseur d’une noisette, qui est conservée pour un examen ullérieur.

L’ovaire gauche est hypertrophié et kystique : il adhère intimement à la trompe : celle-ci est énorme (volume d’une noix de coco), tortueuse et adhérente aux intestins : on l’enlève, on l’ouvre et le fœtus apparaît; mais on ne on pas encore à ce moment la nature tuberculeuse de la salpingite.

À côté de la trompe était l’uférus, entouré d’adhérences qu’on eut beaucoup de peine à disséquer.

La malade mourut de péritonite généralisée 10 jours après l'opération. Opposition à l’autopsie.

Examen de l'ovaire droit. — Gros comme une petite noix. Séparé de la trompe par une masse de tissu nodulaire hémorragique: celui-ci à la structure histologique des tissus tuberculeux (cellules épithélioides nombreuses, quelques cellules géantes, quelques points fibreux, d’autres hémorragiques : parties caséeuses au microscope). Des bacilles en petit nombre y furent trouvés.

Trompe droite. —Remplie de matière caséeuse molle: recherche des bacilles négative : sur les coupes, aspect typique de la T. tubaire (nombreux des

(1) Ce cas a été communiqué en juin 1896 à l'Association médicale de l’État Re Ë Michigan.

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tub. miliaires dans la paroi; lumièretubaire obstruéecomplètement en certains points par des tub. avec destruction absolue de l'épithélinm de la muqueuse. Sur quelques coupes, masses caséeuses avec points calcifiés assez nombreux).

Sur les coupes, non plus que dans le caséum, on ne put colorer de bacilles.

Ovaire gauche. — Volume d’une grosse noix. Kystique.

L'extrémité frangée de la trompe était formée par une petite masse hémorragique, el dans les franges il y avait de petits nodules jaunâtres.

A la surface de la trompe et de l'ovaire, nodules semblables qui, sur les coupes, se montrèrent constitués comme des tub. hémorragiques.

Trompe gauche :

1° En dehors du kyste fœtal. Coupes identiques à celles de la trompe droite : là aussi, impossibilité de colorer des bacilles.

2° En dedans du kyste. Cette partie de la trompe jusqu’à l'utérus était grosse comme le pouce et remplie de matière caséeuse dure (masse tuberculeuse avec cellules géantes, aires caséeuses et points crétacés).

3° Kyste fœtal. — A l'œil nu, la paroi du kyste renfermait sur les coupes de nombreuses aires jaunâtres, du volume d’une tête d’épingle à celui de l’ongle du petit doigt, les unes fermes, les autres molles et caséeuses ; ces masses s'étendaient à travers le placenta et Les membranes fœtales.

A l'examen histologique, il était facile de voir que le kyste était la trompe elle-même très élargie; les aires jaunâtres se {rouvaient formées par des tub. partiellement crétacés.

Fæœtus. — Fœtus mâle, aplati, raacéré, long de 17 à 18 centimètres, dgé de 3 ou 4 mois, les ongles des doigts et le gland du pénis étant formés, le prépuce et le scrotum non encore développés:

Les organes (foie, rale, reins, poumons) étaient presque entièrement nécrosés et ne purent être examinés histologiquement ; le foie consistait à peu près totalement en une masse caséeuse s’émietlant; sur des centaines de préparations, on n’arriva pas à colorer de bacilles.

Dans le poumon, on trouva quelque chose qui ressemblait à un tub.; sur les coupes, après inclusion, il y avait en effet deux zones blanchâtres, grosses comme des têtes d’épingle, complètement nécrosées, sans structure, à la périphérie desquelles il y avait des noyaux à peine colorés, mais ayant conservé leur forme ; il s'agit donc très probablement de tub. miliaires.

Il n'a pas été fait d'inoculations, les organes du fœtus ayant été fixés dans le formol immédiatement après l’opération, à un moment où on ignorait la nature tuberculeuse de la salpingo-ovarite.

Cordon ombilical. — Long de 20 centimètres, il s’insérait près d'une grande masse tuberculeuse dans la portion utérine de Ja trompe. Sur le trajet du cordon, plus près du fœtus que du placenta, il y avait plusieurs nodules bien marqués ; l’un contenait de la matière caséeuse jaunâtre, un autre plus volumineux était ferme, sauf au centre où il se ramollissail.

Ces nodules furent inclus et coupés. Près des parois nécrosées d’un large vaisseau, on voyait un tissu de cellules épithélioïdes et de cellules embryonnaires sans cellules géantes, avec des zones de caséification qui étaient la signature de la T.

Placenta. — Il renfermait à l’œil nu, comme les parois du kyste, des aires semblables macroscopiquement et microscopiquement à celles du kyste.

A la surface du placenta, nombreux tub. typiques avec bacilles. Les altérations luberculeuses du placenta peuvent être rangées en deux catégories suivant leur localisation dans les villosités ou entre les villosités.

Pour ce qui est des premières, les modifications initiales se produisaient

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dans l’intérieur méme de la villosité, les cellules épithélioïdes provenaient des cellules conjonctives de la villosité ou peut-être des cellules endothéliales des capillaires placentaires : tout d’abord, au début de la lésion, la surface exté— rieure de la villosité restait intacte, mais avec l’accroissement du tub. on voyait les cellules épithélioïdes se frayer un chemin dans les espaces intervilleux: puis, le tub. s’accroissant remplissait complètement ces espaces, et dans beaucoup de cas s’étendait autour de villosités normales.

Les tub. intervilleux étaient beaucoup plus abondants que les tubes intravilleux ; ils présentaient comme lésion initiale une prolifération cellulaire à la surface des villosités ; il est probable que là les cellules épithélioïdes provenaient des cellules recouvrant les villosités. Le tub. ainsi constitué à l’origine, s’accroissait vers l'extérieur dans les espaces sanguins, remplissant complètement les espaces intervilleux et entourant les villosités; en bien des points on pouvait voir des cellules épithélioïdes s’étendre dans les masses de fibrine qui comblaient les espaces sanguins.

Les tissus néoformés présentaient, dans les parlies les plus éloignées de la circulation sanguine, des aires caséeuses, avec cellules géantes.

La plupart des villosités, primitivement tuberculeuses ou secondairement entourées de T, montraient de nombreux points dégénérés; dans beaucoup d'entre elles la couche extérieure des cellules était perdue tout entière, les noyaux du tissu conjonclif se coloraient mal et il y avait des dégénérescences muqueuse ou graisseuse avec de grandes zones de calcification.

En ce qui concerne le mode d'infection du placenta, « il semble très probable que les bacilles, fournis par les masses tuberculeuses de la trompe, sont entrés avec le sang maternel dans les espaces intervilleux, que là ils se sont déposés à la surface des villosités du placenta fœtal et ont commencé à y provoquer la réaction caractéristique des tissus. En ce qui concerne les tub. primitifs des villosités, leur origine est plus obscure : on peut admettre qu'ils sont dus à la pénétration des bacilles dans la circulation de la villosité.

En résumé, une femme atteinte d’une T. ancienne et grave des trompes et de l’utérus, sans autre localisation bacillaire cliniquement appréciable, en particulier sans phtisie pulmonaire, devient enceinte pour la première fois : le développement du fœtus a lieu non pas dans l'utérus, mais dans une trompe en grande partie caséeuse; il en résulte une T. étendue du placenta et consécutivement l'infection du cordon ombilical et du fœtus. Sans doute, l’examen histologique n’a pas pu démontrer absolument la T. fœtale, et l'examen bactériologique par les colorations n’a pas donné de résultats ; néanmoins, il est bien probable que les altérations des organes du fœtus étaient de même nature que celles du cordon et du placenta, et malgré l’absence d’une preuve formelle, on peut à bon droit placer ce cas dans le cadre de la T. congénitale par contagion intra-utérine.

L'auteur a recherché la T. chez le père de l’enfant ; il n’a pu se procurer que des renseignements indirects : cet homme aurait eu, dixhuit mois auparavant, une affection fébrile avec consomption, mais il s’en est rétabli et son médecin le considère actuellement comme tout à fait bien portant, sans aucun symptôme de T.

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