‹ De L'Hérédité Parasitaire De La Tuberculose HumaineChapitre 39 sur 113 · A. — PRESQUE SUREMENT IL NE S’AGIT PAS DE T · texte numérisé non relu

A. — PRESQUE SUREMENT IL NE S’AGIT PAS DE T

Observation de Berti (1882) (37). — Fillette apportée aux Enfants-Trouvés de Bologne le 16 novembre 1881, peu de temps après la naissance : elle pesait 3430 grammes. :

Elle avait élé accouchée par le sièce, comme en témoignaient la cyanose fessière et génitale et la tuméfaction énorme d’un épanchement séro-sanguin développé dans la grande lèvre droite; cette (uméfaclion amena les jours suivants la néerose de la grande lèvre, mais la cicatrisation se fit rapidement.

Entre temps, s'était formée à la région sacro-fessière une collection purulente qui nécessite l'ouverture le 28 novembre; il s’écoula du pus crémeux; la cavité se prolongeait par un trajet étroit (2 millimètres), long de un demicentimètre, jusqu’à la portion inférieure de l’épine sacrée. Les jours suivants, suppuration minime.

Mais l'enfant maigrissait et se cachectisait de plus: en plus, Elle suceomba le 12 décembre, après avoir présenté des symplômes de péritonite.

Autopsie. — L'abcès fessier élait tout à fait indépendant des lésions pen tonéales.

Péritonite purulente; épanchement séro-purulent de la cavité abdominale, ayant refoulé vers le diaphragme les anses intestinales; l'intestin formait une masse compacte, impossible à dévider, recouverte par endroits d'une couche dense de pus; les anses adhéraient entre elles au moyen d’un exsudat riche en très petites granulations jaunâtres.

Le mésentère était occupé en presque totalité par des ganglions are trophiés, agslomérés de telle sorte qu'ils formaient avec le pancréas une tumeur voluminéuse fixée sur le devant de la colonne vertébrale. Les ganglions qui composaient cette masse pouvaient, pour une parlie d’entre eux, être isolés ; les autres n'étaient pas séparables ; ces ganglions étaient plus durs qu'à l’état normal; quelques- -uns étaient tout à fait rosés, d'autres jaunâtres et durs, d’ rés) énormes el caséeux ; quelques-uns étaient ramollis; enfin certains avaient une consistance pour ainsi dire cartilagineuse due à une prolifération connective évidente même à l’œil nu. io

A toute pression exercée légèrement sur la masse de la tumeur, on faisait sourdre un pus très dense d’un grand nombre de petits pertuis occupant les interstices de séparation interganglionnaires ; quand on cessait la pression, quelques-uns de ces pertuis restaient béants, d’autres se fermaient; Berti s’assura qu'il avait affaire là au système de la veine porte; il put suivre assez bien les trajets des veines, découvrir au milieu de la masse de la tumeur leurs divisions et acquérir la certitude que deux espèces d’altérations anatomiques dominaient : une phlébite suppurative généralisée à tous les rameaux et une périphlébite localisée à certains points.

En sectionnant la veine porte près du hile du foie, et en examinant ses ramificalions intra-hépatiques, Berti trouva le vaisseau dilaté et plein d’un pus épais.

La portion supérieure de la veine ombilicale était pleine de pus sur une certaine longueur.

Le système cave, y compris les veines sus-hépatiques, était rempli de sang noir.

Les ganglions médiastinaux présentaient des lésions semblables à celles du médiastin, mais en proportion bien moindre, et il en était de même pour quelques ganglions des aïines et du cou.

Rien d’anormal dans les poumons, le cœur, le (hymus, le cerveau.

Infarctus uratiques des pyramides de Malpighi.

L’intestin n'offre pas de signes macroscopiques de T.

Le diagnostic fut T. primitive -des ganglions mésentériques et péritonite tuberculeuse consécutive; les lésions étaient si avancées qu'on ne pouvait, étant donné l’âge de l’enfant, les attribuer à autre chose qu'à une T. congénitale.

Toutes les vraisemblances sont au contraire pour une phlébite suppurée de la veine ombilicale suivie de péritonite purulente ; il n’y a aucune espèce de raison d’incriminer la T. pour l’abcès fessier non plus que pour les lésions abdominales.

Cas de Bayersdorfer (1892) (97). — Chez un veau abattu à 14 jours, on trouva dans le foie de nombreux foyers tuberculeux récents, de la grosseur d’un grain de millet à celle d’un pois. Les ganglions du hile du foie et les ganglions bronchiques étaient hypertrophiés el renfermaient des noyaux purulents gros comme une tête d’épingle. Les ganglions mésentériques étaient notablement augmentés de volume.

BAYERsDÜRFER admet qu’il s’est trouvé en présence d’une infection intra-utérine, par la raison que les lésions tuberculeuses demandent de quatre à six semaines pour devenir microscopiquement constatables. Mais il n’est pas du tout prouvé que les noyaux hépatiques et ganglionnaires de ce veau nouveau-né fussent vraiment tuberculeux ; il manque la démonstration bactériologique et histologique ; bien plus, comme le fait observer Joune, l’état purulent des nodules ganglionnaires plaide contre l'hypothèse de T., et permet de penser plutôt à un processus embolique consécutif à une omphalo-phlébite purulente,

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