B. — LA T. EST POSSIBLE, MAIS NON DÉMONTRÉE
Cas de Semmer (1) (1880). — 1er cas. — Embryon de 3 mois, rejeté par avortement d’une vache tuberculeuse. Il existait dans le poumon de cet embryon plusieurs nodules de petit volume qui consistaient en agrégats de cellules sphériques et fusiformes avec ramifications filamenteuses.
2° cas. — Embryon de 6 mois, rejeté par une vache tuberculeuse, Le poumon de cet embryon présentait de nombreux nodules blancs, dont quelques-uns de la grosseur d’une tête d'épingle et les autres plus petits. Ces nodules avaient l'apparence de sarcomes à cellules sphériques ; celles-ci étaient par place entassées à tel point que la trame conjonctive paraissait complètement absente. Ces amas de cellules peuvent être considérés comme le point de départ d’une formation tuberculeuse.
3° cas. — Fœtus de8 mois, provenant d’une vache tuberculeuse. Le poumon renfermait des nodules isolés d’un volume un peu plus considérable que ceux des deux cas précédents, mais ayant une structure analogue.
4e et 5° cas. — Veaux nouveau-nés provenant de vaches tuberculeuses. Leurs poumons étaient parsemés de nombreux nodules de volume variable, dontles uns élaient en voie de formation, tandis que les autres étaient déjà caséifiés ou calcifiés.
Cas de Jessen (1) (1880). — Fœtus de 3 mois rejeté par avortement d’une vache tuberculeuse; à l’autopsie, il existait dans les deux poumons des tub. récents extrêmement nombreux, reconnus au microscope.
Cas de Kohler (2). — Dans une ferme où étaient 70 bovidés, 20 vaches suspectes de T. furent isolées dans une écurie : 5 d’entre elles vêlèrent ; 3 veaux moururent à 12 jours et les 2 autres furent abattus; nombreux tub. dans les poumons. Plus tard, 8 vaches vêlèrent, et les fœtus montrèrent sans exception de la T.
Cas de Schleuss (1884). — Scaceuss, vétérinaire prussien, a constaté chez des veaux nouveau-nés de la T. généralisée avec T. péritonéale.
Grothaus (1884) (84), en autopsiant un fœtus de 9 mois né d’une vache phtisique à un haut degré, a trouvé chez ce fœtus une T. étendue de la plèvre et du péritoine.
Misselwitz (19), vétérinaire de Chemnitz, a observé de 1885 à 1889 deux {ætus de veaux tuberculeux.
Girard (de Reims) a rapporté au Congrès de la T. de 1888, que sur 3 veaux mort-nés, il a constaté manifestement une T. généralisée avec T. péritonéale concomitante.
Cas de Bang (1888) (89). — Dans une enquête à laquelle il s’est livré auprès des vétérinaires danois, il a obtenu des réponses de 165 vétérinaires dont 32
(1) Cité par Lori (47).
(2) Cité par GAERTNER (28).
avaient vu personnellement une fois ou même plusieurs fois des cas de T. chez des veaux nouveau-nés, soit immédiatement après la naissance, soit dans les 2 ou 3 premières semaines de la vie. Bang cite en particulier une intéressante observation d'un vétérinaire du Jutland : ce praticien, que Bang connaît comme un homme très habile, raconte avoir suivi le sort de 24 veaux dont le père et la mère étaient atteints de la T. Or, de ces veaux, 10 ont été tués pendant la première semaine de leur vie extra-utérine, et on les a trouvés tous tuberculeux; 5 ont été tués dans un certain état d’engraissement à l’âge de 6 à 40 semaines et ont présenté également des affections tuberculeuses ; 6 autres ont été laissés en vie, mais après quelque temps, ils ont présenté des symptômes de T. tellement marqués, qu’on a jugé nécessaire de les tuer pendant leur jeunesse; enfin 3 sont tombés malades de la même maladie après avoir vêlé une seule fois.
Bang ne pense pas qu’on doive expliquer ces faits par une disposition héréditaire, il les rapporte de préférence à l’hérédité directe, c’est-à-dire à la conlagion de la mère ou du père au fœtus.
Cas de Reclus (1890) (94). — « Nous avons vu naître d’une mère phlisique au 3° degré et qui mourut quelques semaines après l'accouchement, un enfant dont la peau et le tissu cellulaire étaient infiltrés de gommes tuberculeuses. » La nature bacillaire de ces gommes est très probable, mais non absolument démontrée, puisque la recherche des B. n’a pas été faile.
Cas de Lucas (1891) (95). — Vache de 3 ans abattue pour T. très avancée. Fœtus de 6 à T mois daus l'utérus : ses ganglions bronchiques étaient hyper-
trophiés el parsemés de petits noyaux jaunâtres gros comme un grain de millet.
Sur la plèvre du poumon gauche, il y avait deux noyaux mous, rougeâtres, gros comme des pois.
Johne, qui analyse ce cas, fait observer qu'il est fort sujet à caution.
Cas de Barlund (Helsingfors) (1893) (99). — « Deux cas de T. congénitale ont été signalés cetie année chez le veau. Chacun de ces deux animaux fut abattu environ une semaine après la naissance et chez tous les deux on trouva
des tub. calcifiés et des tub. récents dans les poumons et les ganglions correspondants. »
Ce cas est doublement incomplet ; la preuve certaine de la T. manque, puisqu'on n’a pas cherché de B. et que l’autopsie a été faite par un
vétérinaire quelconque sans compétence spéciale, et d’autre part l’état des organes thoraciques a seul été noté.