‹ De L'Hérédité Parasitaire De La Tuberculose HumaineChapitre 50 sur 113 · Cas négatifs (inoculation des organes fœtaux · texte numérisé non relu

Cas négatifs (inoculation des organes fœtaux

Cas rapporté par Verchère (1884) (5). — Une femme meurt enceinte avec des /ésions cavitaires considérables ayant détruit en

(1) Je tiens ce renseignement important de M. Bourcess lui-même.

partie les poumons. Le père de l'enfant était également tuberculeux (hémoptysies).

Le fœtus ne contenait pas trace de tub.; au microscope, pas de B. Des morceaux de poumon et du sang de l'enfant furent inoculés à deux cobayes et à des lapins. Aucun ne devint tuberculeux.

Expériences de Leyden (1884)(105). — Lrvoex arecherché la T. chez un cobaye né d’une mère tuberculisée et chez l'enfant d'une phtisique mort quelques minutes après lPaccouchement.

Il a inoculé à des cobayes des morceaux de poumon, de rate et de foie : aucun des animaux d'expérience n’est devenu tuberculeux, aucun n'a mème eu de tuméfaction des ganglions inguinaux.

Le professeur Nocard (107) a annoncé au Congrès des vétérinaires sanitaires tenu en octobre 1885 s'être livré aux mêmes recherches avec les mêmes résultats négatifs. Les expériences de M. Nocard ont porté sur 4 lapines et 8 femelles de cobayes pleines; avec les organes de 32 fœtus issus de ces femelles, il inocula 32 cobayes qui demeurèrent tous bien portants.

Galtier au Congrès de la T. de 1888 (146) rapporte un fait négatif d'inoculation au cobaye du sang d’un fœtus de vache phtisique. |

La mère avait succombé à la-T. au cours de la gestation ; le fœtus reliré de la matrice ne présentait aucune trace apparente de T.; on inocula à deux cobayes 1 cc. 4/2 du mélange à parties égales du sang du fœtus et du suc retiré pas expression des poumons. Les deux animaux restèrent bien portants.

D'autre part, Galtier (110) a inoculé 9 fois des parties de fœtus de cobayes tuberculeuses ; il a eu constamment des résultats négatifs.

Cas de Chambrelent (1888) (109). — Femme de 20 ans, morte de méningite tuberculeuse avec granulie splénique, pulmonaire, rénale, au cours d’une grossesse. Fœtus de 6 mois : macroscopiquement pas de T. ; recherches histologiques négatives, comme les colorations du B.

Inoculation à un lapin d’un morceau du foie et des poumons, Kuss. 10

L'animal sacrifié au bout de quelques semaines est reconnu in-

demne de T.

Expériences de Sanchez Toledo (1889) (111). — Les recherches de SANCuEz ToLEpo, faites dans le laboratoire du regretté STRAUS, présentent une importance considérable en raison du très grand nombre d'animaux mis en expérience, et des précautions minutieuses qui ont été prises pour écarter toute chance d'erreur; ce qui montre bien que SANCnEz ToLEno a opéré de manière à éviter les contaminations accidentelles, c’est que tous ses résultats ont été négatifs.

Comme animal d'expérience, il a choisi des cobayes femelles pleines:

Are série. — Les cobayes étaient inoculées dans la jugulaire avec 1 cc. de culture virulente de T.humaine dans du bouillon glycériné, dose considérable qui amenait la mort régulièrement au bout de 12 à 20 jours (les organes étaient farcis de B., comme Sanchez Toledo s’en est assuré par la coloration et la culture).

Tantôt les femelles mettaient bas avant terme des fœtus morts, ou à terme des petits vivants qui étaient immédiatement mis à mort : tantôt, elles mouraient avant d’avoir mis bas, les fœtus étaient alors extraits des cornes utérines avec toutes les précautions requises.

Tous les petits ainsi recueillis étaient ouverts avec les mêmes précautions pour éviter toute contamination possible par le sang ou les liquides maternels, puis on faisait avec le foie et la rate des frottis sur lames et des coupes microscopiques, sans qu'il ait jamais été possible d'y colorer des B. Les cultures du sang du cœur, du suc hépatique et splénique, de parcelles de foie et de rate donnèrent également d'une manière constante des résullats négatifs.

Enfin la presque totalité du foie et de la rate additionnée du sang du cœur du fœtus fut broyée dans un mortier avec un peu de bouillon, et le liquide ainsi obtenu injecté dans le péritoine de cobayes ; ces cobayes conservés pendant plus de six mois dans des cages à part, demeurèrent tous bien portants ; sacrifiés au bout de ce temps, aucun d'eux ne présenta de trace .de lésions tuberculeuses.

Ces expériences ont porté sur 15 femelles pleines qui donnèrent 35 fœtus avec les organes desquels ont été inoculés 35 cobayes.

2° série. — Inoculation intra-pleurale de 1/4 de cc. de culture tuberculeuse. Les animaux mouraient dans un laps de temps sensiblement le même que ceux qui avaient été inoculés dans la jugulaire (12 à 25 jours) et présentaient les mêmes lésions tuberculeuses généralisées des viscères.

11 femelles fournirent 17 fœtus. Mêmes recherches que pour ceux de la série 4. Mémes résultats constamment négatifs. è

3° série. — Inoculation sous-cutanée de cultures tuberculeuses ou de crachats de phtisiques riches en bacilles : toutes les femelles inoculées contractèrent la T. type telle qu’on la connaît depuis les expériences de Villemin. 2 :

13 fœtus provenant de 9 femelles servirent encore aux mêmes expériences que celles qui viennent d’être relatées : toutes également aboutirent à des résullats négatifs. : . | CR D PINRTI TE

SU PTE

En résumé, 35 cobayes pleines tuberculisées donnèrent 65 fœtus, dont aucun ne présentait des lésions tuberculeuses à la naissance, dont aucun non plus ne renfermait de bacilles dans le foie ni dans la rate; la plupart de ces femelles étaient aux prises avec une T. expérimentale grave, amenant la mort avec des lésions généralisées en une quinzaine de jours.

Les remarquables expériences de Sancnez ToLeno n’ont pas été sans gêner singulièrement les partisans de l’H.P. de la T. Si dans des conditions expérimentales aussi favorables que celles où s’est placé Sanchez la transmission placentaire du germe n’a pas eu lieu, comment la comprendre dans les conditions habituelles de la phtisie humaine, où le sang ne renferme que des quantités infimes de bacilles (quand il en renferme)? Aussi les objections n’ont pas été épargnées; Baum- GARTEN (174) en invoque surtout deux.

Première objection. — Les expériences de de Renzi ont constamment échoué quand l’inoculation de la mère avait eu lieu trop tard après la fécondation ; or Sanchez a inoculé des femelles pleines ; il est donc probable que dans une partie des cas, il ne s’est pas écoulé assez de temps entre l’inoculation et Ia mise bas pour que la transmission placentaire ait pu se faire (la T. congénitale n’a été obtenue par DE Renzi que dans les cas où il s'était écoulé plus de 34 jours entre l’inoculation et la naissance des petits).

A cela on'peut répondre que les expériences de de Renzi n’inspirent pas une confiance suffisante pour qu’on puisse en tirer des conclusions générales, que du reste l’époque d’apparition de la T. congénitale doit sans doute dépendre surtout du mode d’inoculation, enfin que les notions positives résultant des recherches de M. Maruias Duvaz ont démontré que la facilité du passage des germes au travers du placenta du cobaye est surtout grande dans la seconde moitié de la gestation : si des cobayes inoculées tout au début de la gestation ou avant la fécondation ne transmettent les B. au fœtus que tardivement (ce qui du reste n’est pas prouvé), cela peut tenir à ce que dans les premiers temps le placenta en voie de formation oppose aux germes une barrière difficile à franchir: mais une fois que cette barrière a sa constitution définitive, il n’en est plus ainsi, et le passage au fœtus, dans les cas où il a lieu, doit demander fort peu de temps; cela résulte d’ailleurs directement des expériences de GAERTNER, qui à obtenu une fois l'infection transplacentaire en moins de quatre jours (lapins), et de celles de MArFuccI qui prétend que les fœtus de lapines tuberculisées par inoculation intra-veineuse peuvent être infectés par le bacille 3 ou 4 heures déjà après l’inoculation maternelle.

La deuxième objection est plus difficile à réfuter : on sait, dit BAUN-

GARTEN, que la T. congénitale n’est que rarement développée à la naissance en lésions macroscopiques ou même microscopiques, que dans la majorité des cas elle ne revêt cet aspect que quelque temps après l'accouchement. Or Sancuez à tué tous les petits immédiatement dès leur naissance ; sans doute il a recherché les B. et a fait des inoculations, mais il ne les a pas recherchés, précisément dans les organes (ganglions lymphatiques du fœtus) où la T. congénitale se localise le plus souvent. Cette affirmation de BaumGarten est loin d’être l’expression complète de la vérité; que la T. héréditaire puisse être localisée aux ganglions, on ne peut le nier; mais que ce soit son siège de prédilection, c’est une autre affaire, et on a vu que les faits connus de T. fœtale ne sont guère favorables à cette manière de voir ; il semble au contraire que le foie est un des organes le plus souvent touchés. Quoi qu’il en soit, les expériences de SANcuez ToLEDO auraient une portée plus grande si dans chaque cas la totalité du fœtus avait été inoculée à des cobayes; si en effet les résultats négatifs de Sanchez éliminent complètement l’idée d’une bacillose étendue des fœtus qu’il arecueillis, ils laissent persister la possibilité d’une infection tuberculeuse localisée dans ces fœtus en dehors du foie et de la rate.

On a cherché à expliquer les résultats de Sanchez par ce fait que, les femelles ayant été inoculées après la conception, le germe avait reçu en quelque sorte l'impression de l’hérédité, de sorte que les fœtus avaient été formés à l’origine de cellules normales offrant toutes conditions de résistance désirable contre l'infection. Cet argument n’a qu’une valeur infime : autant il serait de mise appliqué à l’espèce humaine chez qui la réaction de l’organisme a une tendance marquée à entraver le développement des B., autant il est déplacé quand on a affaire à des cobayes, dont le pouvoir de résistance contre la tuberculisation est presque nul. D'ailleurs, en fait, Gaertner a obtenu des résultats positifs en inoculant lui aussi des femelles pleines.

Une dernière objection peut être faite à Sanchez Toledo : c’est qu'il a opéré, dans la plupart de ses expériences, avec de la 7. aviaire(1); or l’évolution de la T. n'étant pas absolument la même chez le cobaye suivant qu’on se sert de la T. des mammifères ou de la T. aviaire, les résultats obtenus avec un des B. ne sont peut-être pas tout à fait applicables à l’autre.

Cas de Vignal (418914) (113). — Vignal a inoculé à des cobayes des fragments d'organes de 11 enfants mort-nés ou n’ayant vécu que quel-

(1) Avant la publication du mémoire de Kocx (1890), établissant la distinction entre les deux B., on confondait la T. humaine et la T. aviaire, et les cultures employées couramment dans les laboratoires de Paris étaient des cultures de

T. aviaire.

ques jours, nés de phtisiques avancées. De gros morceaux de la rate et du foie, ayant 1 cc. de volume, ont été inoculés à 24 cobayes qui ont été conservés au moins 4 mois; toutes les inoculations sont restées négatives, dans une première série 9 animaux furent inoculés avec les viscères de 3 enfants dont les mères étaient mortes presque aussitôt après l’accouchement ; dans une deuxième série, A5 cobayes furent inoculés avec les organes de 8 enfants dont les mères, phtisiques avancées, survécurent à l’accouchement.

D'autre part, 5 cobayes pleines sont inoculées dans le péritoine avec de la T. Elles donnent naissance à 11 petits dont le foie et la rate sont inoculés à des cobayes sans aucun résultat.

Au même Congrès, M. Hutinel (114) déelare que dans quatre cas il a examiné et inoculé les placentas et les viscères d'enfants nés de femmes phtisiques et morts peu d’heures après la naissance ; les inoculations ont été négatives.

Cas de P. Londe (1893) (58). — Phtisique commencant à s'excaver. — Accouchement difficile accompagné d’une poussée congestive autour de la lésion pulmonaire ancienne, néanmoins la mère se rétablit après l’accouchement.

Enfant athrepsique, né à 8 mois 1/2, mort le 38° jour avec de la bronchopneumonie aux bases.

Inoculation négative à deux cobayes des organes de l'enfant (cerveau, foie et rate) : les cobayes n’ont été sacrifiés qu’au bout de quatre mois.

Observation. — « Cette mère tuberculeuse ne paraissait pas à l’abri de toute poussée aiguë, puisque le lendemain de l’accouchement, elle présentait de la FR Ce, aiguë du sommet malade. Pourtant le fœtus est resté

indemne de T.

Cas de Straus (1895) (15). — « Je n’ai négligé, depuis 1883, aucune occasion d’inoculer au cobaye des fragments d'organes de fœtus humains, nés de mères tuberculeuses, toujours sans succès : mon collègue Troisier m’a remis en 1894 Le foie et les poumons sains d'apparence de trois enfants mortnés, mis au monde par des mères phtisiques; dans ces trois cas aussi, les résultats de l’inoculation ont été négatifs. »

Cas de Jäckh (1895) (169). — Femelle cobaye sacrifiée au cours d’une T. (lésions bacillaires de la rate, du foie, des poumons, des ganglions hépatiques, mésentériques, rétro-péritonéaux, et médiastinaux). Dans l’utérus étaient deux œufs dont le plus gros renfermait un embryon : œufs et embryons sont recueillis avec de minutieuses précautions pour se mettre à l'abri d’une infection tuberculeuse par contact avec les autres organes, on inocule 3 cobayes, l’un avec les membranes du plus gros œuf, un autre avec le petit œuf, le troisième avec l'embryon. Les cobayes sont tués au bout de 3 mois, le premier seul avait réagi.

Cas de Bolognesi (1895) (117). — Chez six tuberculeuses ayant accouché d'enfants morts à la naissance ou peu de temps après, l’auteur a recherché la T. de l’enfant sans jamais la rencontrer.

C'étaient des femmes atteintes de T. pulmonaire avancée (grosses cavernes dans 5 cas), qui ont succombé à leur T. peu de temps après l'accouchement (le jour même, le lendemain, 6 jours après, au bout de 3 semaines, au bout de 6 semaines ; la 6° est partie du service très cachectique): les autopsies ont été faites et ont montré des lésions pulmonaires très marquées sans généralisation ; dans aucun cas il n’y avait de T. dans les viscères autres que les poumons.

Des enfants, 2 sont venus à terme, 2 à 8 mois, 1 à 6 mois 1/2, 1 à 7 mois 1/2; ils ont tous vécu (quelques instants, quelques heures, 3 jours, 8 jours, 3 semaines, 1 mois).

Aucun d’eux ne présentait à l’autopsie de lésion macroscopique ni microscopique.

Des inoculations ont été faites aux animaux (31 cobayes et 1 lapin), avec de petits morceaux des organes et avec le suc résultant de la trituration de ces organes (foie, rate, poumons dans les 6 cas, et de plus dans { ou 2 cas, reins, myocarde, thymus, ganglions mésentériques). Bien entendu, on n’a pu inoculer ainsi qu’une bien faible partie des organes : le nombre des animaux inoculés dans chaque cas (abstraction faite de ceux qui ont succombé par septicémie) a été de 5 en moyenne.

Toutes ces inoculations sont restées négatives.

Parallèlement étaient faites des inoculations du sang du bout du cordon ombilical et des inoculations du placenta. Elles ont donné cinq fois un résultat négatif : une seule fois les inoculations placentaires ont été partiellement positives ; Bolognesi avait inoculé 4 cobayes avec le placenta (phtisique cavitaire morte le lendemain de l’accouchement) ; deux sont morts de T. diffuse au bout de 4 et 6 mois. Dans ce même cas, MM. Chauffard et Macé avaient inoculé de leur côté 2 cc. de trituration placentaire dans le péritoine de deux cobayes : l’un d’eux est mort deux mois après de T. diffuse.

Les six expériences de BoLoGnest montrent que dans la phtisie pulmonaire vulgaire, sans généralisation, mais arrivée à une période très avancée voisine de l'issue fatale, le passage du B. de la mère au fœtus ne semble par avoir lieu; toutefois il n'est pas possible de tirer de ces expériences une conclusion générale, parce que, les organes fœtaux n'ayant été inoculés qu’en très faible partie, on pourra toujours objecter qu’un petit nombre de B. étaient peut-être localisés dans un coin de l’organisme non exploré (ganglion, os, cerveau, sang), ou bien dans la portion des viscères examinés qui n’a pas été inoculée. C'est l'argument derrière lequel se retranchent non sans raison les partisans de la théorie de Baumgarten quand on les met en présence d’expériences négatives comme celles de Bolognesi. '

D'autre part, il est regrettable que Bolognesi ait purement et simplement mentionné ses recherches, sans ajouter aucun détail complémentaire : cela diminue beaucoup la valeur des résultats obtenus;

ainsi on aimerait savoir combien de temps on été conservés les animaux qui n’ont pas réagi; à part deux cas où il est dit qu’on les a tués au bout de deux mois, aucune indication n'est donnée ! Pour que les résultats négatifs fussent réellement significatifs, il eût fallu laisser vivre les cobayes 5,6 mois et davantage, le nombre des B. transmis héréditairement étant en général fort minime.

Enfin ileût été indispensable, dans les cas où plusieurs animaux sont morts de septicémie, de spécifier quels étaient les survivants; dans l’expérience VIII par exemple, sur 10 animaux inoculés, 7 sont morts prématurément ; dès lors il est impossible de savoir quels organes fœtaux avaient été inoculés aux trois cobayes restants. Même observation pour les cas IX et X. Des expériences de ce genre pour avoir une réelle portée devraient être poursuivies avec plus de rigueur scientifique.

Bugge (1896)(71) recueille : 1° le fœtus d’une femme de 34 ans morte le lendemain de l’avortement d’une T. au 3° degré très avancée ; 2° le cadavre d’un enfant de tuberculeuse (T. au second degré depuis 2 ans, sans fièvre) : cette enfant pesait 2140 gr. et n'avait vécu qu’une demi-heure.

Dans les deux cas, la recherche de tub. macroscopiques, l'inspection de coupes microscopiques du foie, de la rate, des poumons, restèrent négatives : il en fut de même pour l’inoculation au cobaye du foie, du poumon. Placentas non examinés. Dans le 2° cas, sang ombilical non virulent.

Recherches de Ausset (1896) (73). — Expériences négatives chez le cobaye. — Dans chaque expérience, après avoir constaté l’absence de lésions macroscopiques et microscopiques et l’absence de B. sur les coupes des organes, on broyait le fœtus en totalité (après enlèvement des intestins) et la pulpe obtenue était employée tout entière à des cultures et à des inoculations.

47e série. — Inoculations intra-veineuses de cultures tuberculeuses très virulentes. — Cinq cobayes inoculés pendant la gestation meurent du 9° au 44° jour après l’inoculation (1) ; aucun des dix fœtus obtenus n’est tuberculeux ni bacillisé. Nous avons vu précédemment que # autres cobayes donnèrent au contraire des résultats certainement positifs.

2° série. — Inoculations intra-veineuses de cultures tuberculeuses atténuées (virus atténué par cultures successives à 39°). — Trois femelles sont inoculées ; l’une met bas 14 jours après et donne deux fœtus; elle est sacrifiée et montre, pour toute lésion tuberculeuse, quelques granulations miliaires dans les poumons et dans la rate, les autres organes semblant indemnes. Les deux fœtus ne renferment pas de B.

La deuxième femelle (1) (2) donne trois petits, pour lesquels même résultat négatif est obtenu.

La troisième femelle (2) arrive également au terme de sa gestation et suc-

(1) M. Ausser n'indique pas dans son mémoire le résultat de l'autopsie de ces cobayes.

(2) L'époque de l’inoculation n’est pas spécifiée par M. Ausser.

combe le surlendemain avec une granulie généralisée. Les deux fœtus ne montrent rien d’anormal à l'examen microscopique ; des cubes de foie ct de rate sont inoculés à d’autres cobayes sans résultat : l’ensemencement de la pulpe fœtale totale est négative pour un des fœtus, positive pour l’autre (Voir Cas positifs, p. 97).

3e série. — Inoculalions sous-cutanées de crachats de phlisiques cavitaires riches en B. — Huit cobayes inoculées meurent de T. du 42° au 54° jour de l’inoculation. Du 9° au 15° jour, elles mettent bas 22 fœtus dont aucun ne renferme de lésions tuberculeuses ni de bacilles.

Expériences négatives chez le VE — Mêmes méthodes d’investigation que pour les cobayes.

47e série. — Lapines inoculées par voie veineuse avec des cultures virulentes. — Deux lapines sont inoculées vers la moitié du temps de leur gestation ; l’une va jusqu’au bout de la grossesse et met bas cinq petits immédiatement sacrifiés. L'autre succombe au 9° jour, son utérus renferme cinq fœtus. Dans tous ces cas, la recherche de la T. reste négative.

2e série. — Lapines inoculées sous la peau, soit avec des cultures pures, soil avec des crachats riches en bacilles.

Huit lapines sont inoculées. Six sont trouvées atteintes, au bout de 6 semaines, de T. viscérale généralisée. Deux, sacrifiées au bout de 2 mois, n’ont que des lésions ganglionnaires peu étendues.

Du 15° au 22° jour de l’inoculation elles ont mis bas 27 fœtus dont aucun n’est bacillisé.

Cas de MM. Doléris et Bourges (inédit) (1). — Le 22 février 1897 mouraït dans le service d'accouchement de M. Doléris une femme atteinte de T. pulmonaire chronique ; elle venait de mettre au monde un fœtus de 6 mois qui succomba quelques heures après.

A l’autopsie de la mère, on trouva de l’infiltration tuberculeuse occupant les deux poumons de haut en bas, avec des cavernes grosses comme des noisettes aux deux sommets. Le foie était gros ; les autres organes ne présentaient rien de particulier ; la T. paraissait à l’œil nu absolument limitée aux poumons.

Mais un demi-centimètre cube du sang du cœur ayant été injecté sous la peau d’un cobaye, celui-ci présenta le 1° avril un chancre d’inoculation. On le sacrifia le 28 avril et on lui trouva une ulcération avec masse caséeuse au point d’inoculation, des adénopathies caséeuses bilatérales aux aines, enfin des granulations abondantes de la rate. Des B. furent colorés par la méthode de Ziehl dans tous ces foyers.

Autopsie du fœtus. — Nulle part trace de T. ; la seule lésion anatomique appréciable consistait en petites hémorragies méningées diffuses à la convexité de l’encéphale. On avait recueilli aseptiquement un cc. 1/2 de sang du cwur du fœtus. Deux cobayes reçurent sous la peau du ventre chacun 2/3 de cc. de sang du fœtus: le second cobaye en recut encore quelques gouttes dans la cavité péritonéale : les deux animaux furent sacrifiés le 3 mai, plus de 9 semaines après l’inoculation, sans présenter trace de T. à l'autopsie. ,

En résumé, seule l’inoculalion du sang de hi mère fut positive au point de vue

(1) Dû à l’obligeance de M. le Dr Bourcss, chef de laboratoire de M. Re. = l'hôpital Boucicaut.

de la T. — Cela démontre bien que le B. avait passé dans sa circulation générale. Mais on ne peut conclure absolument des deux inoculations négatives obtenues avec le sang du fœtus que la barrière placentaire n’avait pas été franchie par des B. Il aurait fallu pour en avoir la certitude inoculer sans résultat à des cobayes, non seulement toute la masse sanguine du fœtus, mais encore tous ses organes.

Cas de R. Mercier et Sicard (inédit) (1). — C..., journalière, entre le 2 septembre 1897, à la Maternité de l'hôpital Saint-Antoine ; femme de 25 ans, enceinte de 6 mois, faisant remonter le début de ses accidents pulmonaires au troisième mois de sa grossesse.

Le jour même de son entrée, elle accouche spontanément d’un enfant du poids de 1210 grammes, qui fait seulement quelques inspirations. Placenta de 400 grammes paraissant normal à l’œil nu. Mort de la mère quelques heures après l’accouchement. A l'autopsie, cavernes aux deux sommets et infiltration de tout le poumon droit ; pas de granulie.

Macroscopiquement, le cadavre de l'enfant parait sain ; deux morceaux du poumon et du foie sont examinés au point de vue bacillaire après inclusion dans la paraffine; résultat négatif. -

Plusieurs petits fragments du foie et du poumon sont ensemencés dans des tubes de bouillon glycériné, qui restent stériles.

Des fragments des mêmes organes sont inoculés sous la peau et dans le péritoine d’un cobaye qui resta bien portant ; sacrifié 4 mois 1/2 après l’inoculation péritonéale, il ne présentait macroscopiquement aucune trace de T. hépatique, splénique ou pulmonaire.

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