‹ De l'histoire considérée comme scienceChapitre 3 sur 51 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'érudit est pour nous, comme pour tous, l'homme qui découvre les faits du passé, les rapproche, les rétablit dans leur ensemble et leur suite. Lorsque les faits assemblés par Férudit sont importants, ou mieux encore quand l'érudit a du style, on l'appelle assez souvent historien. Cette distinction n'est pas très fondée, la fonction de cet historien et celle de l'érudit restant en somme la même.

La différence sérieuse commence avec ceux dont les œuvres constituent ce qu'on a nommé la philosophie de l'histoire *. Ceux-ci ont en effet assumé une tâche nouvelle. Des faits constatés, de la réalité historique établie, ils ont voulu dégager une chose qui domine les faits, bien qu'elle soit fondée sur eux : je veux dire la vérité historique, similitude plus ou moins large que les faits, envisagés d'une certaine manière, laissent apercevoir. Aux auteurs de cette tentative, qui nécessite une fonction nouvelle, il faudrait réserver le titre d'his-

I. Il est bon, pour préciser le genre, de donner quelques noms. Je citerai, en France, Bossue t (dans une partie de son Discours sur V histoire universelle), Montesquieu, Turgot, Condorcet, Comte; en Angleterre, Buckle, Sumner- Maine; en Allemagne, Leibnitz, Lessing, P. Schlegel, Krause.

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