‹ De l'histoire naturelle des Cétacés, &cChapitre 19 sur 48 · LE DUGONG · texte numérisé non relu

LE DUGONG

M. Ruppel, dans son dernier voyage en Orient, a découvert des dugongs dans la mer Rouge , comme MM. Hemprich et Ehrenberg l’avaient fait précédemment , et il a annoncé cette découverte dans une lettre à M. Sommering, qui se trouve insérée dans le second cahier, page 33, pl. 6, du premier volume du Musée de Senckenberg. M. Ruppel a reconnu , par ses recherches, ce qui était tout-à-fait oublié, que les dugongs de la mer Rouge étaient connus de tout temps. Les Hébreux le désignaient par le nom de thachasch, et c’était de sa peau que se recouvrait leur arche sacrée. Les Arabes le recherchent pour sa peau , sa chair et ses dents ; ils le nomment naqua el baher ; et le poisson obscur que Forskœl désigne par ce nom de naqua (i), n’était qu’un dugong. M. Ruppel vit nager ces dugongs entre les bancs de corails qui bordent les îles Dalac sur les côtes d’Abyssinie, entre les i5 et 16e degrés de latitude. Les pêcheurs de ces îles nomment ces animaux dauila. Ils harpon nèrent une femelle de 10 pieds de longueur, que M. Ruppel décrivit, et dont il fit l’anatomie. Les dessins qui résultèrent de cette étude accompagnent sa lettre , et il crut reconnaître , dans les nombreuses observations qu’il fit sur cet animal, des caractères suflisans pour considérer les dugongs de la mer Rouge comme appartenant à une nouvelle espèce qu’il nomma dugong du tabernacle. Cette détermination, faite sans les ouvrages qui auraient été propres à l’éclairer, ne s’est point trouvée exacte.

(i) Descrip. anim., etc., quæ in itinere orieiRali obsenravit , p. 17.

Dü STELLEÜE.

Sommerring a reconnu que ces dugongs de la mer Rouge ne différaient point de ceux des Moluques, par la comparaison qu’il a pu faire du travail de Home avec celui de M. Ruppel.

Ce savant et hardi voyageur a appris des Arabes que les dugongs vivent par paire ou en famille ; que leur voix est faible et 11e rend que des sons obscurs ; qu’ils se nourrissent d’algues ; qu’en février et mars les mâles se livrent de sanglans combats , ce qui annonce sans doute pour eux la saison de l’amour, et que les femelles mettent bas en novembre et décembre. Les mâles atteignent à 18 pieds de long ; les femelles restent toujours un peu plus petites.

M. le docteur Knox, dans une notice sur l’ostéologie du dugong (1) , fait entre autres connaître que les parties antérieures des mâchoires de cet animal sont revêtues d’une lame cornée , plus ou moins épaisse, qui leur tient lieu d’incisive, et à l’aide desquelles sans doute ils saisissent fortement les plantes marines qu’ils doivent arracher pour se nourrir. C’est un fait que nous avons pu vérifier sur une jeune tête de dugong , et qui établit peut-être un rapport nouveau entre ce cétacé herbivore et celui de Steller.

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