TÊTE
DO LaMAHTIB
de
l’Amérique do Sud-
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Ces différences , toutes notables qu’elles sont , n’empêchent pas M. Harlan de sentir que sa distinction du lamantin à large bec , des deux autres espèces , a besoin d’être confirmée par de nouvelles observations.
LES DUGONGS, Halicore.
C’est Lacépède qui, le premier, a distingué , comme genre , les dugongs des lamantins et des morses : jusqu’alors ces animaux avaient été réunis sous le nom commun de trichechus. 11 latinisa le nom de dugong, et le donna à son nouveau genre ; mais depuis ce genre a reçu
DES DUGONGS.
d’Uliger celui, meilleur sans doute, à'halicore (i) , et c’est ce dernier nom qui paraît devoir être conservé.
Les dugongs, avec une organisation générale qui les rapproche beaucoup des lamantins, en diffèrent cependant par des caractères importans, par des particularités organiques qui modifient leur nature, et en font des animaux qui n’ont plus avec les lamantins des analogies suffisantes pour qu’il soit possible de ne plus voir entre le9 uns et les autres que des différences spécifiques , telles que celles qui existent , par exemple , entre le lamantin des Antilles et celui du Sénégal.
Les dugongs sont des animaux plus herbivores que les lamantins: leurs molaires, qui ne présentent bientôt plus qu’un plan uniforme bordé d’émail , n’ont jamais de racines proprement dites ; ces dents ne cessent pas de croître tant qu’elles sont en situation d’être uiiles à l’animal , et leur nombre est toujours moindre que celui des lamantins. D’un autre côté, si ceux-ci sont pourvus d’incisives, ce sont des dents rudimentaires dont ils ne font aucun usage , et non point des dents puissantes , à l’usage desquelles est attachée une destination , un but. Les modifications des organes du mouvement sont de même assez notables : les nageoires pectorales ne montrent déjà plus, par des ongles, la division des doigts; et la nageoire caudale est devenue semblable à celle des cétacés proprement dits : des dauphins , des baleines. Le dugong se rapproche donc par là de ces animaux plus que les lamantins; et il semble s’en rapprocher encore par la situation de ses narines, qui s’ouvrent à la partie supérieure du museau et assez loin de son extrémité.
On pourrait donc , avec quelque raison , considérer les dugongs comme des animaux qui commencent à remplir le vide assez grand qui existe entre les cétacés herbivor s et les cétacés piscivores.
(1) Fille marine, d'Aas;, de mer, yy^A, fille.
DBS DUGONGS.
LE DUGONG. — Halicore Indiens.