‹ De l'homme à Dieu [microforme]Chapitre 37 sur 54 · DB L'HOMME À DIEU · texte numérisé non relu

DB L'HOMME À DIEU

vers Capharnaüm : « Mettez bien ces paroles dans votre cœur : Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes; ils le tueront et, le troisième jour après sa mort, il ressuscitera. »

Plusieurs mois se passent, et Jésus, accompagné des apôtres, gravit le chemin montagneux qui conduit de Jéricho à Jérusalem. Béthanie est devant lui et lui offre l’hospitalité. Dans deux jours, il fera son entrée triomphale à Jérusalem, et l’avenir sourira de nouveau à ses disciples, qui verront dans ce triomphe un prélude de son règne.

Mais Jésus leur dit encore ces tristes paroles : « Nous montons à Jérusalem; tout ce que les Prophètes ont écrit sur le Fils de l’homme va s’accomplir. Il sera livré aux Princes des prêtres, aux Scribes et aux Anciens, et ils le condamneront à mort. Ensuite, ils le livreront aux païens pour être insulté, flagellé et cou- “vert de crachats; et après qu'ils l’auront flagellé, ils ie crucifieront; et le troisième jour il ressuscitera. »

Encore quelques jours, et cette lugubre prédiction s’accomplira à la lettre. Non seulement Jésus prédit qu'il va mourir, alors qu'il est dans toute la vigueur de l’âge et de la santé. Mais il décrit le genre de mort qu'il va subir et tous es détails de sa douloureuse Passion.

N'est-il pas évident qu’un Dieu seul pouvait prédire des événements avec cette précision ?

II. — Mais non seulement Jésus a prophétisé sa mort; il s’est livré librement à ses bourreaux et il a choisi lui-même le genre de mort le plus ignominieux.

La nature humaine ne va pas volontairement au-de-

vant de la‘mort, et, quand elle s’y dévoue, elle cherche naturellement une mort glorieuse ei, autant que possible, la moins douloureuse.

Jésus agit différemment. I] pouvait fuir la mort, il marche à sa rencontre.

Quand les soldats vont l'arrêter, il les renverse par terre en prononçant cette seule parole : « C’est Moi! » S'il voulait les appeler, des légions d’anges viendraient le défendre et le sauver. é

Mais il a fait généreusement le sacrifice de sa vie. « Nul ne m'ôte la vie, dit-il, je la quitte de moi-même,

j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre. »

Et voilà comment on voit humblement soumis à toutes les humiliations et à toutes les tortures celui qui, depuis trois ans, commandait aux éléments, renversait toutes les lois de la nature physique, et ressuscitait les morts.

Seule une vertu divine peut abdiquer à ce point l'exercice de sa souveraineté.

Mais pendant que la souveraine puissance de lésus s’éclipsait ainsi dans sa personne, elle éclatait au dehors. Le soleil s'éclipsait en même temps que son Créateur. Le voile du temple se déchirait, la terre tremblait, les rochers se fendaient, plusieurs tombeaux s’ouvraient et les morts ressuscitaient, et le Centurion, témoin de cette mort extraordinaire, s'écriait : « Cet homme était vraiment le Fils de Dieul »

IT. — La prédiction de sa mort et la libre détermi-

nation avec laquelle il va au-devant, dépassent la nature humaine; mais sa nature divine se révèle peut-

être encore plus éloquemment dans les circonstances de cette mort.

Jésus ne pouvait être sauveur qu’en se faisant victime, et il fallait que cette victime fût d'un mérite infini. Les sacrifices sanglants que les peuples avaient multipliés pendant quarante siècles avaient pu-avoir quelque mérite expiatoire pour les individus. mais ils auraient été insuffisants pour la rédemption du genre humain. Le sacrifice d’un Dieu pouvait seul racheter l'humanité; il fallait pour cela que ce Dieu eût dans ses veines le sang d’un homme, afin de pouvoir le verser en sacrifice.

Nous croyons avoir déjà montré que Jésus était dons les conditions voulues, étant à la fois Dieu et homme, pour offrir à Dieu le sacrifice nécessaire. Voyons main-

tenant s’il a vraiment fait son sacrifice d’une manière digne d’un Dieu.

L'heure des ténèbres est venue. Satan triomphe, et Judas va consommer sa trahison. L'auguste Victime est prête à sacrifier tout ce qu'elle est et tout ce qui lui appartient.

Le plus grand des biens de l'homme est sa Jiberté : Jésus sacrifie la sienne. Il se livre aux satellites de Judas. Le voici dans la cour du grand-prêtre les mains liées, ces mains qui ont façonné la terre, et qui ont lancé dans l’espace le soleil, la lune et tous les astres, ces mains qui s’étendaient naguère pour bénir et pour guérir,

Après sa liberté, le bien que l’homme chérit davantage, c’est son honneur et sa gloire. Or, elle était bien éclatante, la gloire de Jésus. On l’appelait le Prophète,

mé par l'opération du Saint-E

sa mère

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