LA MORT DE JÉSUS-CHRIST
Il y a eu des hérétiques qui ont nié l'humanité de Jésus-Christ, comme il y en a eu qui ont nié sa divinité. Mais la meilleure preuve qu'il pouvait donner de son humanité, il l’a donnée en subissant le sort commun à tous les mortels. ,
Comme tous les fils d'Adam, il est mort; et pour que personne n'en ignore, il a rendu le dernier soupir sur une croix, aux portes d’une grande ville, en plein jour, au milieu d’une foule de spectateurs.
Il est mort après avoir subi toutes les ignominies, après avoir été flagellé et présenté au peuple sous ce titre qui supprimait jusqu'à son nom : Ecce Homo, voilà l'Homme!
Oui, c'était bien l’homme, type de faiblesse et d’impuissance que la mort tenait déjà sous sa main.
Et cependant, si Pilate avait raison de dire en présentant Jésus au peuple : Ecce Homo, nous avons le droit de nous écrier même à cette heure où nous le voyons mourir : Deus! Ecce Deus!
Mais comment la divinité peut-elle nous apparaître dans ce fait essentiellement humain, la mort? Quels traits divins y signalerons-nous?
L — Le premier qui frappe l'observateur dans les circonstances qui ont entouré la mort du Christ, s'est
qu'il l’a prophétisée, annoncée à ses disciples, avec tous les détails qui devaient l'accompagner.
L'avenir pour l’homme c’est l’mconnu; et nul ne peut dire combien de temps il doit vivre encore, à quelle date et de quelle manière il mourra.
Mais Jésus connaît sa destinée, parce qu'il est Dieu, et il veut en découvrir le douloureux secret à ses disci- ples. Il sait que sa mort sera pour eux l'effondrement de leurs espérances, et à différentes reprises il essaie de les préparer et de leur faire comprendre la néressité de son sacrifice.
Plusieurs mois avant sa Passion, en Galilée. il leur dit « qu'il ira à Jérusalem, qu'il souffrira beaucoup de choses, qu'il sera rejeté par les Anciens, les Scribes et les Princes des prêtres, qu’il sera mis à mort et qu'il ressuscitera le troisième jour. »
Les disciples sont consternés, et Pierre, parlant au nom de tous, dit à son Maître : « Non, il ne faut pas qu’il en soit ainsi; non, cela n’arrivera pas. »
Mais Jésus reprend Pierre durement. et il réaffirme qu'il faut qu'un Dieu souffre et meure pour sauner l'humanité. Bien plus, il faudra que les disciples souf- : frent et meurent pour le Maître.
Jésus voit déjà la croix dressée devant lui, et il leur dit : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il prenne sa croix et qu’il me suive! »
Mais quelques jours après, Jésus était transfiguré sur le mont Thabor; et les apôtres, témoins de sa puissance et de sa gloire, se reprenaient à espérer un Mesaie vainqueur, rétablissant le royaume d'Israël. C'est pourquoi Jésus descendu du Thabor leur dit en cheminant