‹ De l'homme à Dieu [microforme]Chapitre 39 sur 54 · LA RESURRECTION DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LA RESURRECTION DE JÉSUS-CHRIST

Il était convenable que Jésus mourût pour ,nontrer son humanité; mais il fallait aussi qu'il ressuscitât pour compléter la démonstration de sa divinité.

Sans doute, il en avait donné pendant sa vie mortelle des preuves nombreuses. Déjà nous avons montré le caractère divin de ses discours et de sa vie elle-méme. Sans doute, il avait commandé aux éléments et à la nature, agi comme le maître de la santé, de la vie et de la mort, puissance qui n'appartient qu'à Dieu.

Sans doute, ses miracles avaient eu ce caractère particulier qu’il les avait accomplis par lui-même, en son Propre nom, tandis que les thaumaturges antérieurs avaient toujours opéré au nom de Dieu et par son intermédiaire.

Mais si grandes qu'aient été les merveilles opérées par lui, elles n'auraient peut-être pas dissipé tous les doutes sur sa divinité. On aurait dit : elles prouvent sa sainteté, et son pouvoir auprès de Dieu, mais elles ne prouvent pas qu'il fût Dieu lui-même :

Donc, il fallait qu’il sortit lui-même, par sa seule force, de ce tombeau où la mort victorieuse l'avait couché.

Or, ce miracle nécessaire, ce miracle des miracles, l'a-t-il accompli? Et en a-t-il donné des preuves telles

qu'on ne puisse pas en douter sans mar.quer d’intelligence ou de bonne foi?

Examinons les faits.

En premier lieu, il l'avait annoncé dans un langage figuré et sous la forme d’une parabole. Mais dans les derniers mois de sa prédication, il avait parlé sans figures, en termes clairs, positifs, précis, de sa Passion et de sa Résurrection, une première fois en Galilée, une seconde fois après sa transfiguration, et quelques jours après en montant à Jérusalem. (Matthieu, XVII 22; XX, 19. — Marc, IX, 30; X, 34. — Luc, XVIII, 33.)

La veille même de sa mort, en se rendant au jardin des Olives, il l'avait répété, disant : « Après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. » (Matthieu, XXVI, 32.)

Cette prédiction était notoire, et les princes des prétres la connaissaient.

Aussi jugèrent-ils sage de prendre des mesures pour rendre toute supercherie impossible. O sagesse humaine, voilà bien de tes coups!

Ce sont les pires ennemis du Christ qui, par leurs Sages précautions, vont rendre plus éclatante la preuve de la résurrection.

À leurs instances donc, la pierre du tombeau fut

scellée, et des soldats furent rangés autour pour le garder.

Après cela, les princes des prêtres dorment tranquilles.

Hélas! les pauvres disciples de Jésus n'étaient pourtant pas dangereux. Quand ils avaient tous, à Ja première épreuve, abandonné leur maître vivant, comment pouvait-on croire qu'ils auraient le courage de lui prouver leur dévouement, maintenant qu'il était mort?

Ah! s'ils avaient été des hommes de foi? S'ils avaient été des caractères fortement trempés, aux convictions énergiques, des hommes déterminés à détendre la mémoire de l’homme divin qui les avait comblés de bienfaits, ce sont eux qui seraient allés trouver Pilate et les princes des prêtres, et qui leur auraient dit :

« Gardez bien ce tombeaul Car celui que vous y avez renfermé-n'y restera pas! Vous le savez comme nous, il a dit et répété à plusieurs reprises qu'il ressusciterait ls troisième jour. Gardez-le donc avec toutes les précautions nécessaires, et si c'est le souci de la vérité qui vous fait agir, vous croirez en lui quand vous aurez constaté qu'il est sorti vivant du tombeau. »

Mais les hommes bornés et faibles que Jésus avait choisis pour apôtres croyaient à peine eux-mêmes. Leur maître avait paru en face de ses ennemis d’une faiblesse qu'ils ne s’expliquaient pas: il ne s'était pas défendu; il n'avait rien montré de sa nature divine; il était mort enfin, comme un homme ordinaire : tout était donc bien fini. L

Aussi ne songèrent-ils jamais à enlever son CUrps.

A quoi bon d'ailleurs? A quoi ce cadavre leur eùt-il servi Quelles ambitions ou quels intérêts pouvaientils satisfaire en soutenant que leur maît:e était ressuscité, s’il ne l'était pas?

Non seulement, cette supercherie, que redoutaient les princes des prêtres, ne pouvait pas être utile aux disciples; mais elle leur eût attiré toutes espèces de misères et de persécutions : des poursuites devant les tribunaux, des emprisonnements, et peut-être la mort.

Donc ce fut la Synagogue qui se chargea d'assurer l’authenticité du miracle que Jésus avait prédit, mais auquel elle ne croyait pas. :

Voyons maintenant ce qui va se passer dans ce tombeau entouré d’un cordon de soldats.

La mort est la séparation de l'âme d'avec le corps, et ce que le sépulcre renferme est conséquemment un corps sans âme, un cadavre.

On dit quelquefois, pour flatter un grand homme, ou pour des fins politiques, que sor ‘ombeau est glorieux. Mais c’est une duperie destinee à faire de ce tombeau un piédestal pour ceux qui prétendent continuer l'œuvre du défunt. Ouvrez-la, cette tombe, et, au lieu de la gloire, vous y trouverez un corps en pourriture ou des ossements desséchés.

En sera-t-il de même du tombeau de Jésus-Christ? Non, certes. Sans doute, il y a là un corps sans âme; mais . si l’âme est partie, la divinité est restée. Voilà

la force intérieure dont la Synagogue ne soupçonne pas l'existence. Elle s’est prémunie contre les efforts du dehors, mais c’est du dedans que la vie va jaillir.

Le troisième jour, la divinité rappelle l'âme, et l'âme revient prendre possession de son corps. Et maintenant ce corps, qui m'avait été formé que pour souffrir et mourir, et qui a rempli sa mission. est devenu impassible et glorieux. I1 ne peut plus être enchaîné, ni flagellé, ni crucifié. Il échappe à toutes les forces matérielles, à toutes les lois de la nature. Devant ce divin ressuscité, la pierre du tombeau s’écarte, et les gardes tombent épouvantés.

Voilà le fait réalisé, comme il avait été prédit. Mais il faut des témoins. Quels sont-ils? Et peut-on ajouter foi à leur témoignage?

Ce sont les saintes femmes, ce sont les apôtres, ce sont de nombreux disciples, et enfin c'est une foule d'environ cinq cents personnes qui ont vu Jésus-Chuist ressuscité et montant au ciel.

La plupart n'ont pas voulu croire sans avoir vu, et il a fallu que Jésus-Christ se montre à eux plusieurs fois, qu'ils puissent le toucher, l'entendre parler, le voir manger avec eux, pour croire à sa résurrection. Mais, à la fin, ils furent bien forcés de croire, et ils verseront plus tard leur sang, et ils donneront leur vie pour affirmer leur croyance. Qui croirons-nous, si nous n’ajoutons pas foi à de pareils témoins?

Les membres du Sanhédrin sont aussi nos témoins; car après avoir fait garder le tombeau, ils ont fait constater par les gardes que le tombeau était vide. C'est aussi notre prétention, et c'est pourquoi nous nous

prosternons devant ce tombeau qui n'a pas pu garder son mort.

Où donc est-il le corps du crucifié? Les princes. dés prêtres ont dit que les apôtres l'ont enlevé pendant que les soldats dormaient. Il est invraisemblable qu'ils aient tous dormi, et qu'ils aient vu ce qui se passait, en dormant. Et s'ils ne dormaient pas, ils ont été complices et ils ont manqué à leur devoir. Las a-t-on punis

pour cette faute grave A:-t-on fait un procès aux apô-

tres pour cet acte de révolte contre l'autorité? Non. Ni les soldats, ni les apôtres n'ont été inquiétés par les Sanhédrites ou par le gouverneur romain.

Et ce cadavre, pourquoi ne l’a-t-on pas cherché? Les autorités n’avaient-elles pas à leur disposition la police et les soldats? Quel triomphe pour la Synagogue, si elle avait pu faire la preuve de l'enlèvement, et prouver que Jésus n’était qu’un imposteur, en mcntrant son cadavre au peuplel

C’est bien ce qu'elle aurait fait, si elle avait pu le faire. Ne le pouvant pas, elle essaya de la conjuration du silence. ‘

Maïs le tombeau vide parlait. Et son langage devint .

très éloquent, quand le bruit se répandit que Jésus avait reparu en Galilée, que ses apôtres y annonçaïent sa résurrection, qu'il s'était lui-même montré à cinq cents personnes réunies sur une montagne, et leur avait adressé la parole.

Puis les apôtres sont revenus à Jérusalem, et Jésus leur apparaît de nouveau. Enfin, quarante jours après sa résurrection, au sommet du mont des Oliviers .1 se montre encore à une foule nombreuse, et il disparaît emporté vers le ciel dans un nuage radieux

La Synagogue continue de se taire. Mais voici que les apôtres vont parler; et ils vont donner à ce fait prodigieux de la résurrection de leur maître la publicité la plus solennelle et la plus étendue.

Ces hommes timides et faibles, dont le chef tremblait à la voix d’une servante, sont devenus tout à coup des croyants fermes et forts, qui affirment énergiquement leur foi, et que ni les menaces ri les supplices ne pourront plus faire taire.

Voici le jour de la Pentecôte, et une grande foule, appartenant à quinze ou vingt nations différentes, se presse autour des apôtres. Pierre prend la parole, et c’est pour affirmer le grand fait de la Résurrection, fondement de la religion nouvelle :

« Hommes de Judée, et vous tous qui habitez Jéru-

salem, écoutez ces choses : Jésus de Nazareth, fameux par les merveilles qu'il a opérées au milieu de vous, a été mis à mort, comme vous le savez. Mais Dieu l’a ressuscité, selon qu'il était prédit... Dieu a ressuscité Jésus, et nous en sommes tous témoins. Que la maison d'Israël le sache bien, ce Jésus que vous avez ciucifié, Dieu l’a ressuscité... »

Trois mille personnes croient à la parole de P‘erre et se font baptisèr. Quelques jours après, une autre foule est réunie dans les parvis du ten-ple, et Pierre leur dit encore : « Vous avez tué l’auteur de la vie, mais Dieu l’a ressuscité des morts, et nous en sommes témoins. » Cinq mille hommes sont convertis par cette seconde prédication.

Alors la Synagogue ne peut plus se taire, et elle paie d’audace. Les princes des prêtres, les chefs du peupie.

les Scribes font arrêter les apôtres qui ont eu -’audace de faire des miracles, et les faisant comparaître devant eux, ils leur demandent : par quelle ‘puissance, et au nom de qui ils ont agi.

Pierre leur répond : « Au nom de Jésus de Nazaroth que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts... »

Les membres du Grand Conseil font alors défense aux apôtres d'enseigner au nom de Jésus. Mais Pierre et Jean répondent : « Nous ne pouvons pas iaire les choses que nous avons vues et entendues »

Et c’est ainsi que la plus grande publicité a été dennée au fait miraculeux et divin de la résurrection. Devant le peuple, devant les grands, devant les prétres, devant les savants, dans les campagnes et Aens les villes, sur les places publiques et dans les temples, le fait a été affirmé par une foule de témoins qui avaient vu le Christ ressuscité, qui défiaient la contradiction des incrédules, et qui confirmaiert leur témoi- &nage en le scellant de leur sang.

Et cette affirmation, elle a été faite d’abord sur les lieux mêmes où les. événements s'étaient passés, alors qu'ils étaient encore dans la mémoire de tous, et que leé témoins oculaires étaient vivants. ;

Puis, elle s’est répandue au loin chez les peuples les plus civilisés, et elle a été acceptée à le fois par les ignorants et par les savants. Elle a reçu la sanction du miracle et celle du sacrifice; et elle a produit la certi- ‘fude dans tous les esprits sans préjugés.

Elle a servi enfin, et elle sert encore, de fondement à la plus grande institution dont l'histoire fasse mention.

La conclusion qui s'impose est double : Aucun fait historique n'est mieux prouvé que la résurrection de Jésus-Christ, et ce fait est une preuve éclatante de sa divinité.

Il y a eu d’autres morts qui sont sortis de leurs tombeaux à la voix de certains grands thaumaturges qui leur commandaient au nom de Dieu. Mais toute histoire de l'humanité n’en mentionne aurun autre que Jésus-Christ qui se soit ressuscité lui-même, par sa propre vertu.

Page 1