LE CIEL
On désigne souvent par ce nom, ou par celui de paradis, le séjour du bonheur éternel, qui est la demeure de Dieu, des anges et des saints.
Mais où est-il ce paradis ou ce ciel? Isaïe, saint Jean, saint Paul en ont eu la vision dans des ravissements ineffables; mais aucun d'eux n’a pu nous décrire le monde mystérieux que Dieu habite. Saint Paul luimême déclare ne pas savoir si ce fut avec son corps, ou sans son corps, qu'il fut ravi jusqu'au troisième ciel. —« Dans la maison de mon Père, a dit Jésus-Christ à ses apôtres, la veille de sa mort, il y a de nombreuses demeures... et je m'en vais vous y préparer une place.»
La curiosité bien humaine des apôtres fut éveillée, et Pierre dit : « Seigneur, où allez-vous? » Jésus répondit : « Là où je vais, tu ne peux me suivre maintenant; mais tu me suivras plus tard. »
Pierre aurait dû être satisfait de cette réponse. Mais il ne le fut pas. Et pour affirmer son amour et son dévouement, il dit : « Pourquoi ne pourrais-je pas vous suivre maintenant? Je donnerai ma vie pour vous. » Jésus lui fit cette terrible réponse : « Tu donneras ta vie pour moi? En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas avant que tu ne m'’aies renié trois fois. »
Pierre se tut et baissa la tête. Après un silence, Jésus
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reprit la parole : « Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin. »
Qui va l'interrompre et pousser plus loin l'interrogatoire? Naturellement, ce fut Thomas, l’homme qui ne veut pas croire sans voir.
« Seigneur, dit-il, nous ne savons pas où vous allez; comment pourrions-nous en savoir le chemin? »
Jésus lui répondit : « Je suis la voie, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père si ce n’est par moi. »
La curiosité humaine persista, et ce fut le tour de Philippe d'interrompre le divin orateur : « Montreznous le Père », demanda:t-il.
Jésus fut évidemment affligé et comme déconcerté. « Philippe, répondit-il, il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas? Celui qui me
” voit, voit aussi le ?ère. Comment peux-tu dire : Montrez-nous le Père? Est-ce que vous ne croyez pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? »
Quelle plainte touchante d’un Dieu! Et quelle réponse sublime, transcendante, emportant l'esprit humain dans les hauteurs du monde surnaturel, et laissant la curiosité humaine tâtonner péniblement dans les obscurités du monde physique!
Non, nous n’avons pas besoin de savoir en quel endroit de la création est situé le Paradis. Que nous importe cette question de topographie céleste, ou d'astronomie? Il nous suffit de savoir que les cieux existent, que Dieu les habite avec les anges et les saints, que Jésus-Christ y est monté pour nous y préparer une