‹ De l'homme et des races humainesChapitre 7 sur 16 · TYPE CAUCASIQUE · texte numérisé non relu

TYPE CAUCASIQUE

Une tête à forme arrondie , dont la partie crânienne, assez régulièrement ovoïde, domine cornplétement la région faciale, cellcrci ne faisant saillie ni en avant , par la projection de la mâ« choire , ni sur les côtés, par je développement des pommettes ; un visage ovale, à traits médiocrement prononcés, et offrant, entre autres détails , des yeux horizontaux et plu& ou moins largement découverts par les paupières , un nez plus saillant que large , une bouche petite ou médiocre , à lèvres généralement minces ; la barbe fournie ; les cheveux longs , fins droits ou bouclés , de couleur variable ; la peau d*un bhûc rosé ou d'une teinte plus ou moins foncée , selon le climat , les habitudes, le tempérament: tels sont les caractères physiques de ce premier groupe. Ajoutez que c'est parmi les peuples de cette catégorie que nous rencontrons, depuis l'antiquité, la plus haute culture intellectuelle et morale , et aujourd'hui la civilisation la plus avancée et la pluk progressive. L'épithète de caucasique ou caucasienne ,

DU RÈGKB UUMAm. 113

doDoée par BlumeDbach et Guvier à ce premier type , laisserait croire ou que c'est dans la chaîne du Caucase qu'il faut en chercher les exemplaires modèles , ou que cette région est la patrie primitive des nations de ce type. Il est certain que parmi les peuplades qui habitaient les deux versants dn Caucase , il en est , telles que les Tcherkesses ou Circassiens au nord-ouest , et les Géorgiens au sud, qui sont renommées pour la régularité de leurs traits ; il est peu de voyageurs qui n'aient confirmé ce que nous disent à ce sujet Pallas et Klaproth, Mais on trouve ailleurs , et sur une plus grande échelle y des peuples non moins dignes de cette réputation y et qui par leur importance auraient, plus que les précédents , le droit de donner leur nom à la variété qu'ils représentent si bien. Seraitce donc que ces peuples , et tous ceux qui offrent à divers titres les mêmes caractères, seraient descendus des hauteurs du Caucase ? Rien n'autorise cette hypothèse de Cuvier et des auteurs qui ont pensé et dit avant lui que les montagnes ont été le premier séjour des hommes. Et d'abord les peuplades répandues sur les diverses parties habitables et aux limites de la chaîne caucasienne , loin d'avoir le cachet d'une même nationalité , paraissent d'origines diverses et étrangères (1).

(1) Les unes, telles que les tribus de Fintérieur, connues sous

114 DIYEHSITÂ

S'il fallait déterminer non le premier berceau, mais le siège des premiers établissements des peuples de type caucasien , les lieux où ces peuples ont commencé leurs grandes vies nationales , avec les diverses civilisations qui les caractérisent, et les influences qu'elles ont exercées sur Thomme physique , nous serions conduits par lliistoire , comme par l'induction rationnelle , à placer ces établissements sur les rives des grands fleuves qui arrosent les heureux pays situés au voisinage de la mer des Indes et de la Méditerranée. Les ethnographes nous montrent là trois antiques familles, d'où semblent dériver , selon Prichard , au moins tous les peuples de notre type , et peut-être ceux des autres. Au centre , la famille araméenne ou sémitique , qui a laissé ses monuments les plus anciens dans les vallées de la Mésopotamie ; à l'ouest, la race égyptienne , qui a prospéré dans la riche

les noms de Basians et Ghumyks , sont turcpies ; d'autres paraissent se rattacher aui nations sibériennes; d'autres encore, telles que les Ossèles, et peut-être les Géorgiens, semblent appartenir aux peuples de souche ariane. Il est donc permis de croire que le Caucase, au lieu d'avoir été le berceau du type qui en porte le nom, fut peuplé, à diverses époques, par des bandes étran« gères , en voie de migration , ou qui y auraient cherché un refuge après une défaite. Ce serait le cas, dit-on, des Ossètes, qu'on a considérés comme descendants des barbares germaniques connus dans rhistohre sous le nom â*Alains.

DU EidHI HUMAIIV. 115

vallëe dtt Nil ; au sud-est, la race ariane , établie à droite et à gauche de Tlndus.

Ce qui sépare le plus nettement ces trois famil-' les, ce sont leurs idiomes : d'une famille à l'autre, l'organisme des langues diiïère au plus haut degré, tandis que les idiomes d*une même famille ont, malgré leur diversité, des caractères frappants d'affinité originelle. Â ces premières différences ^ en correspondent d'autres dans les aptitudes et les dispositions intellectuelles et morales. Enfin chaque famille a des caractères physiques plus ou moins déterminés , quoique rentrant dans le même type général. A son tour, elle se subdivise, sous le triple rapport des idiomes , des aptitudes et des traits, en races nationales, et se trouve soumise à des conditions extérieures de variation , dont lés effets traversent, en quelque sorte, les différences plus anciennes et plus générales , et nous permettent d'entrevoir les causes de celles-ci.

FAMILLE SYRO-ARABË OU SÉMITB.

Commençons par la famille qui occupe la position la plus centrale. L'Arabie, la Syrie, la Mésopotamie,' ont été le siège de ses plus anciens établissements ; plus tard , elle a colonisé quelques parties de l'Afrique. Parmi les peuples syro-arabes, il n'en est que deux qui nous soient bien connus , les Arabes et les Juifs.

116 DIVBRBITi

Les Juifs, aujourd'hui dispersés parmi touteles autres Dations, se distinguent encore de celles-ci par une physionomie particulière, bien reconnaissable dans quelques tableaux des grands maîtres ; cependant ils participent plus ou moins aux différences qui caractérisent les nations au milieu desquelles ils ont séjourné depuis longtemps. Les Arabes ont mieux conservé Tensemble de leurs caractères. Tels que nous les observons aujourd'hui , soit dans leur première patrie , soit en Afrique , ces peuples sont vraisemblablement des représentants fidèles des races sémites. Voici le portrait que Fraser trace des Arabes qu'il a vus dans la partie Qrientale de la péninsule. aLes Arabes proprement dits sont , à peu d'exceptions près , plutôt maigres que d'apparence robuste. Les hommes des classes supérieures que nous avons eu l'occasion d'observer , les cheiks et leurs familles, avaient tous le même caractère de figure. Le visage était généralement long et mince , le front peu élevé avec une protubérance arrondie vers le sommet , le nez aquilin , la bouche et le menton fuyants , ce qui donne au profil un contour arrondi plutôt que droit , les yeux enfoncés , noirs et brillants. Leurs membres grêles et peu musculeux étaient petits , surtout les mains , qui offraient chez quelques-uns une délicatesse presque féminine. 2> Ce portrait est assez conforme aux détails donnés par d'autres

DU KÂfillB HUVIHV. 117

voyageurs , par Larrey ^ par les membres de la commission scientifique de l'Algérie, que présidait Bory de Saint-Yiûcent. Toutes les relations que nous pouvons consulter s'accordent à nous représenter , comme appartenant à la race arabe , un profil allongé avec élévation considérable de la voûte crânienne , un nez aquilin presque sans dépression à sa racine (ses os propres sont plus longs que dans les autres races) , la ligne des mâchoires un peu rentrante 9 la bouche petite, les dents bien plantées , les yeux logés profondément , malgré le peu de saillie des arcades sourcilières ; puis des formes générales grêles , élégantes ; par conséquent peu de tissu cellulaire et de graisse , des muscles énergiques sous un volume médiocre; enfin des sens très-aiguisés , une intelligence éminente , des sentiments à la fois vifs , profonds , persévérants, portés en religion jusqu'au plus ardent fanatisme. Larrey , qui a , plus qu'aucun autre auteur, professé la supériorité de la race arabe sur toutes les autres , retrouvait celte supériorité jusque dans le développement des circonvolutions cérébrales , la consistance des nerfs, les caractères de la fibre musculaire , ceux du tissu osseux , le volume proportionnel du cœur.

Quelque prononcé que soit le type arabe dans l'ensemble de ses caractères , et quelle que soit sa constance , il ne laisse pas que de subir des modi-

119 oreEtOTÂ

ficatioDS as862 considérables sous l'influence dé diverses causes plus ou moins faciles à apprécier. Et d'abord la couleur de la peau varie ici, comme toujours» avec l'action de la lumière et du climat ; elle est généralement plus foncée dans les classes inférieures que dans les autres , ef portée même jusqu'au plus beau noir dans certaines tribus nubiennes , sans qu'il y ait lieu de soupçonner un mélange de sang nègre. Plus au nord , et chez les femmes surtout , nous retrouvons le teint des Européens. Des différences assez notables existent , sous ce rapport , dans TTemen , entre les habitants des côtes et ceux des montagnes, a Les femmes arabes des contrées basses et exposées aux chaleurs , dit Niebuhr, ont naturellement la peau d'un jaune foncé; mais, dans les montagnes, on trouve de jolis visages , même parmi les paysannes. j> On rencontre aussi quelquefois des cheveux plus ou moins clairs et des yeux bleus ou gris , chez les Arabes qui habitent les régions tempérées. En revanche , on signale des tribus, au milieu du désert syrien , qui ont les cheveux crépus et assez analogues à ceux des nègres. D'autres différences , portant sur les formes et la stature , se font remarquer entre les Arabes nomades et les sédentaires : les premiers, les Bédauwis ou Bédouins, Ebn-el-Arab, enfants du désert , toujours errants , agiles et trèssobres 9 sont [plus petits , d'une complexion plus

DU KiiHE HUXÀIIT. 110

grêle cpe les autres 9 et toutefois supportent trèsbieo les fotigues et les privations de leur genre de vie. L'énergie du système nerveux et de la fibre musculaire supplée chez eux au développement en volume. Les agriculteurs ou Fehlas, au contraire, sont plus grands , et surtout d'une apparence plus robuste. Puis le genre de vie influe aussi un peu sur les traits en agissant sur Texpression de la physionomie , qui, chez le Bédouin , est celle de la défiance , et d'un caractère plus ou moins farouche. En résumé, la race syro-arabe ou sémite, représentée aujourd'hui par les Juifs , par quelques débris des Assyriens relégués dans les montagnes du Kurdistan, par les Hymiarites et leurs colonies africaines, mais surtout par les Arabes nomades, qui mènent fidèlement , depuis la plus haute antiquité , le même genre de vie , cette famille , dis-je, nous offre , au milieu de circonstances climatériques assez diverses , et qui n'ont de commun que la beauté du ciel, quelques traits physiques, constants, opiniâtres, empreinte originelle d'une beauté remarquable, conservée par une grande énergie vitale , par une force de réaction contre la nature, qui a renfermé les modifications de cette empreinte dans d'étroites limites , et ne l'a jamais laissé disparaître complètement , même chez les tribus dispersées et soumises à l'influence prolon-*

gée de nouvelles causes. Et toutefois nous n'ose-

120 DIYEftSlTà

rions affirmer que la victoire soit toujours restée à cette heureuse nature des descendants de Sem , et que, dans ses altérations, leur type n'ait pu quelquefois se perdre jusqu'à disparaître dans les traits d'un type très-différent. Si ce fait s'est réalisé pour les familles de vraie souche syro - arabe , et l'on en cite des exemples , il prouverait qu'il n'est pas de barrière entre les variétés même les mieux caractérisées du genre humain.

FÂMUiJS ÂRUNE.

Les ethnographes groupent sous les dénominations de famille indo-européenne, japétique, ariane , de nombreuses populations du type caucasien , répandues des Indes orientales aux limites occidentales de l'Europe , et qui couvrent le plateau de l'Iran, le Turkestan, l'Arménie, F Asie Mineure , toute l'Europe , quelques points de l'Afrique septentrionale , sans parier des colonies lointaines qui appartiennent à Thistoire moderne de cette race. Quoique composée d'éléments nombreux et aujourdhui très-diversifiés , la famille ariane est une par les affinités plus ou moins prochaines de ses idiomes , par ses traditions historiques et mythologiques , comme par le caractère général des nations qui s'y rencontrent. Tandis que les langues sémites, privées d'expressions

ou RB6NB HUMAIN. 121

pour les idées abstraites et métaphysiques , dénoncent des tendances et des habitudes intellectuelles moins spéculatives que pratiques , en religion plus de tradition et de foi que de philosophie, et , en général , plus de vérités reçues que de vérités conquises , les idiomes indo-européens nous disent que les peuples qui les parlent ont , à côté de la tradition , spéculé de bonne heure sur la nature , sur la divinité, sur l'homme. Les sciences ont eu chez les Arabes un moment de culture et de progrès ; mais c'est dans la race ariane qu'elles ont grandi à travers des phases diverses , dans toutes les directions , et qu'elles ont atteint la précision , la méthode , la portée philosophique , et la fécondité d'application, dont elles peuvent se glorifier aujourd'hui. Quant à l'état social, il varie plus dans la race ariane qu'il n'a jamais varié dans la race syro-arabe. Ici c'est la société indoue, divisée en castes infranchissables, et dontla civilisation, longtemps stationnaire , s'affaisse dans ses immobiles institutions. Ailleurs ce sont de grandes monarchies conquérantes ; ailleurs encore des républiques démocratiques ou patriciennes , assises sur l'esclavage ; puis tout le développement plastique de nos sociétés européennes modernes , fixant au sol des bandes jusqu'alors nomades , les disciplinant peu à peu par l'Église et par la hiérarchie

féodale ^ émancipant ensuite l'homme de l'homme,

122 DITBMITÂ

la faiblesse de la force, pour ne les soumettre qu'à la loi et à la justice sociale , dans toute la dignité de rétre moral , libre et responsable. Pour accomplir cette marche ascendante , à laquelle elle fera participer peu à peu les autres races , la famille ariane a été placée dans des conditions psychologiques, physiques et géographiques, en rapport avec ce rôle. Souple , active , intelligente , se lançant volontiers dans Tinfini de ses désirs et de Tespace ouvert devant elle, quand elle ne s'est pas abîmée dans le vide et ensevelie sous les grandeurs écrasantes de ses conceptions panthéistes , elle a marché de ses steppes improductives vers des terres plus fécondes ; et là , tantôt sous une impulsion , tantôt sous une autre , cherchant sa voie encore inconnue , passionnée par Tart , par le beau , sous le ciel de la Grèce , par la patrie , à Rome , elle re-^ çut un jour, de la race sémite, un ferment nouveau et régénérateur qui, dédaigné par celle-ci, trop largement humain pour l'esprit judaïque , donna bientôt une impulsion puissante aux races de l'Occident. Le christianisme , malgré bien des résistances et de graves altérations , a peu à peu pénétré ces races de principes et de sentiments moraux inconnus du monde ancien , et qui ont contribué pour beaucoup à leur supériorité.

Le type physique, là où il a tout son caractère, toute sa beauté y en Géorgie ^ en Perse ; en Grèce i

BU idUlIlfi HUMAIN. 123

eât au moins aussi parfait ici (pie dans la fiuxiiUe arabe. Les formes sont aussi régulières , aussi élégantes dans une race que dans l'autre ; mais elles ne sont pas exactement les mêmes. La tête, la &ce, offrent des ovales un peu différents, des traits qui ne permettent pas de confusion. En général, le type arabe se distingue par Tovale plus allongé de la face, le front bien voûté , mais plus étroit et moins vertical , le menton plus saillant , les lèvres un peu plus fortes , les oreilles plus grandes ; Fœil grand, mais moins découvert. Tout , dans les formes de TArabe, annonce une vie énergique et rapide. Le type af ian a des contours plus arrondis , plus souples , moins décidés ; il semble mieux préparé à subir Faction des modificateurs tant externes qu'internes qui devaient agir sur lui, dans les conditions sociales et climatériques si diverses, où se trouvent les nations de cette branche.

La partie du cours de Tlndus qui avoisine Tlndu* Gush ou Caucase indien , paraît avoir été sinon le berceau, du moins Tune des patries antiques, de ces nations. De ce point, de deux districts conti« gus , seraient partis d'abord les Indous , qui parlent des directes dérivés du Sanskrit , et les peuples de riï^an et de la Bactriane, parlant des langues issues du Zend , idiome qui a de nombreuses analogies avec le précédent.

Indous. Le rameau oriental ou indôu s'est avancé du Penjab vers le Gange et vers le sud , en subjugant ou refoulant une population plus ancienne ; car les indigènes du Dekan , qui parlent un dialecte tamoule , paraissent appartenir à cette race vaincue. Les Indous proprement dits , les hommes issus de Brahma, constituent réellement un seul et même peuple par la langue , comme par les caractères physiques, malgré leur division en castes, et bien que les castes supérieures, surtout celles des Brahmines, soient plus particulièrement citées pour la régularité des traits et la teinte plus claire de la peau. Ces peuples nous offrent un type de tête tout à fait européen , et d'une belle conformation. On y remarque le prolongement de la région occipitale , le peu de développement des os malaires , une dépression assez marquée entre le front et la racine du nez. Les traits ont de la délicatesse ; le nez est étroit dans toute sa longueur, légèrement aquilin , avec la pointe un peu descendante ; la bouche est petite , avec des lèvres minces ; le menton, de forme arrondie, est ordinairement marqué d'une fossette ; de grands yeux surmontésde sourcils arqués, et bordés eux-mêmes de longs cils , des oreilles médiocres , achèvent ce portrait. La taille est plutôt petite que grande, les formes grêles. Les Indous de la plaine sont généralement d'une faible complexion, et l'énergie du système nerveux

DU rêghb humain. 125

et des muscles ne rachète pas ici , comme chez les Arabes, le peu de développement de ces derniers organes. Une nourriture insuffisante et peu azotée, un climat énervant, expliquent ce genre d'infériorité. Les habitants des montagnes sont, en effet, beaucoup plus robustes et jouissent d'une constitution très-différente de celle des ludous du bas pays. Ceux-ci ,. sous l'iufluence d'un ciel ardent, se colorent de teintes plus ou moins foncées, aLes hommes qui se livrent à l'agriculture , dit l'abbé Dubois, et qui restent toujours exposés au soleil, n'ont la peau guère moins noire que celle des habitants de la Gafrerie ou de la Guinée ; mais la teinte de la plupart des Brahmes , ou des personnes qui par état travaillent à l'abri du soleil ou mènent une vie sédentaire, n'est pas à beaucoup près si foncée. La couleur des Brahmes est celle du cuivre jaune ou plutôt une infusion claire de café , c'est la plus estimée ; et les jeunes femmes au teint de pain dVpices , sont celles qui attirent le plus les regards. » Mais. en nous transportant sur des régions plus élevées que les plaines de l'Indostan , nous voyons déjà , dans la vallée de Gachemire , le teint s'éclaicir beaucoup; et plus haut, les colonies indoues établies dans quelques cantons de THimalaya nous offrent la peau blanche et les cheveux clairs, . blonds ou roux , qui caractérisaient jadis, plus que de nos jours, nos peuples. du Nord. Il existe, dans

128 ditehsitA

un district da Caucase indien , un peuple de même origine que les Indous, les Siah-Pôsh ou Kafirs (infidèles) des Musulmans voisins , parlant un dia* lecte dérive du Sanskrit ; ces Siah-Pôsh se distinguent des Indous du Penjab et des plaines du Gange par la blancheur et l'animation 4c leur teint , les couleurs claires de leurs cheveux, et leur belle et robuste complexion : on dirait un peuple Scandinave; Burnes vit à Caboul un jeune homme de cette nation qui avait des traits d'une régulante rappelant le type grec. Ajoutons que les Siah-Pôsh ont ^es coutumes et une mythologie différentes de celle des Indous.

Branche iranienne. Tandis que les Indous se souviennent d*être descendus du nord-ouest, les Médo-Perses indiquent le nord- est de Tlran comme la patrie de leurs ancêtres. Us étaient répandus jadis et puissants sur tout le plateau de la Perse et bien au delà ; aujourd'hui leurs descendants , sous le nom de Tajiks , subjugués tour à tour par les Arabes et les Tartares , sont concentrés dans les villes de cette région et de quelques pays voisins , et forment encore une population distincte. Les Tajiks , ou Persans proprement dits , ont conservé toute la régularité des formes que nous remarquons dans les bas-reliefis des antiques monuments médojperseS) et dont rendfldent témoignage les. auteurs

DU RtONB HOIlilir. 127

grecs. Une grande stature , un profil long et vertical, une abondance remarquable du système pileux, distinguent ce type du type indou , lequel rappelle bien plus , par la variété des traits , ce que nous voyons en Europe; Du reste, vers les régions nord et sud-orientales de l'Iran , ce type se modifie {dus ou moins ; il est moins régulier i Caboul qu'à Ispahan , et l'on signale la grande diversité que présentent en général les Afghans. Ces différences s'expliquent en grande partie par celles des conditions climatériques , bien plus uniformes sur le plateau persan que dans^ les régions en partie montagneuses, en partie basses, qui avoi* sinent les cours moyen et inférieur de l'Indus.

Kurdes. En quittant le plateau de Tlran et Vheureux climat de la Perse , pour entrer à l'ouest dans la région montagneuse du Kurdistan , nous rencontrons une population demi-barbare , bien dilfé^ rente des descendants des Médo-Perses , et pourtant aussi de souche ariane. Les Kurdes, eo effet, tels que nous les dépeint le missionnaire Hœrnle, sont des hommes de haute istature , mais aux traits grossiers ; leur grande bouche , leurs petits yeux , leur expression sauvage , contrastent avec le beau type persan , remarquable par la régularité des traits , la grandeur de Tœil , une bouche médiocre et bien fiûte.

Arméniens. Redescendons-nous, au contraire, vers le plateau arménien , nous allons retrouver ce beau type de tête , joint à une stature avantageuse, dans la population chrétienne qui représente ici la famille ariane. Les Arméniens sont renommés , en effet, comme leurs voisins du Caucase, par leur beauté physique. Mais ces derniers, comme nous Tavons déjà dit , sont d'origines diverses, et les plus beaux , les Géorgiens et les Gircassiens , ceux-ci toutefois plus certainement que ceux-là ^ sont étrangers à la famille qui nous occupe en ce moment, ce qui, du reste, ajoute à Timportance du rapprochement qu'établissent leurs caractères physiques actuels entre eux et leurs voisins arlans. Les Arméniens ont des traits plus arrondis que les Persans ; leur peau est blanche, leurs yeux et leurs cheveux sont noirs. Gomme ces derniers, ils se distinguent par l'abondance de la barbe , et contrastent aussi sous ce rapport avec les Indous, qui joignent à des proportions amoindries , une barbe plus ou moins rare.

A l'ouest de TArménie , TAsie Mineure nous offre une population complexe, dont les éléments , mieux isolés ailleurs , se représenteront à nous sous de meilleures conditions d'étude. Au-dessous et à côté de la race turque , aujourd'hui dominatrice , et qui n'appartient pas par sesorigioesà la famille ariaue; se trouvent entre autres les débris des peuples pé-

BU RÈGNE HUKilN. 129

lasges et celtes qui colonisèrent jadis (pielques proyinces de cette péninsule.

Grec$. Les Grecs sont de race ariane, mais, selon toute apparence, de tribus diverses. Aux Pelages, s'ajoutèrent les Hellènes et d'autres encore appartenant aux peuplades thraces. Nous n'avons pas à rechercher si , comme le pensent des auteurs d'une grande autorité, tous ces éléments ne se rattacheraient pas à un rameau commun de la branche indo-européenne. Les Grecs sont devenus et de* meurent, à nos yeux, une nation, et cette nation a conservé au moins ses oaractères physiques, malgré tous les malheurs d'une décadence sociale qui a fini par plusieurs siècles d'asservissement. En comparant les Grecs modernes avec leurs ancêtres, tels que les historiens, les poètes, la statuaire, et quelques têtes osseuses, nous les font connaître, nous admirons, chez les premiers, la persistance étonnante des plus belles fordies , même au sein d'une condition sociale profondément modifiée. La nature a conjuré les effets d'une déchéance qui n'a cependant jamais été, sous Theureux climat de l'Hellade et du Péloponèse, jusqu'à effacer le souvenir des anciens jours , et à laisser éteindre

la haine du joug étranger.

On a cru longtemps que les artistes grecs avaient

donné aux têtes de leurs dieux des formes idéales,

13d DimuTi

(pi exagëraient beaucoup la beauté des formes réelles. Mais un crâue de la collection de Blumen^ bach prouve que , sous le rapport des proportions et des contours généraux de la tête, l'art était allé rarement au delà de la nature ; et M. Pouqueville a retrouvé , dans la Morée , les types inspirateurs de la statuaire antique; en sorte que la tête de TApollon pythien nous offre une image fidèle et digne d'être consultée.

La forme subglobuleuse du crâne , Tample et régulière voussure du front , le profil presque vertical du maxillaire supérieur , le peu de saillie des pommettes soit en avtint , soit sur les côtés , sont les traits principaux du dessin que Blumenbach nous donne dans sa 6^ décade (pi. 61, 1820).

De son côté , la statuaire nous fournit les caractères suivants : Front élevé, espace interoculaire assez grand , offrant i peine une légère inflexion à la racine du nez ; ce dernier, droit ou faiblement aquilin ; les yeux grands , largement ouverts , couverts d'un sourcil peu arqué ; la lèvre supérieure courte, la bouche petite ou médiocre et d'un gracieux contour , le menton saillant et bien arrondi.

M. Pouqueville nous dit des habitants de la Morée quMls sont généralement grands et bien faits. Il nous vante le port majestueux , l'air imposant , les formes élégantes , les beaux traits et la pbysiononûe animée des femmes de Sparte, les

DO RifiRB HUMim. 131

traits mâles y réguliers et la haute stature des hommes. Les femmes du Taygète ont , dit-il , le port de Pallas ; la Messéuienne se fait remarquer par son embonpoint. Et ici nous voyons que, sous ses contours généraux, le type grec admet des différences plus ou moins locales ; celles-ci portent surtout sur la couleur des cheveux et de l'iris. Le voyageur que nous venons de citer nous parle des beaux cheveux blonds des femmes Lacédémoniennes , de leurs yeux bleus , des cheveux noirs des Messéniennes. En Grèce , ces caractères-là varient 9 comme nous les avons vu varier dans les Indes, comme nous les verrons varier dans le reste de la famille ariane; et la même variété existait jadis , comme le témoignent les épithètes de (avâci , ffu^^oi , ^xauxoiri^e; , ctc.» très^mployées par les poètes de Tantiquité.

Italiens. La population de l'Italie est issue près* que exclusivement de la famille ariane , et se com* pose toutefois de divers éléments très-distinctSi qui sont venus se mêler ou se combattre sur cette belle terre et sous ce ciel admirable. A travers Tempreinté commune et méridionale qui , du pied 4es Alpes à l'extrémité de la Péninsule, fait reconfiaître une figure italienne, se laissent facilement discerner , malgré le mélange des peuples , les cà* ncféres ipû les différencient. Au sud et sur le r^

132 DIVETSITÉ

vers oriental de TÂpenniD , se retrouvent les vrais types grecs ; au nord , abondent et prédominent les figures gauloises ; dans la Toscane et les contrées voisines , on rencontrerait plus d'un descendant de . ces anciens Étrusques venus , dit-on , de la Grèce septentrionale , et dont les formes pleines , arrondies , un peu lourdes , nous sont conservées sur les couvercles de leurs sarcophages. Enfin la population latine , celle dont quelques bustes des premiers empereurs nous ont conservé les traits , a de nom* breux représentants dans les contrées de l'Italie occidentale qui avoisinent Rome et dans cette ca* pitale elle-même. Ce type , celui peut-être des plus anciennes races de l'Italie , nous offre la caractéristique suivante : Tête large, front peu élevé, vertex aplati , région temporale en saillie , face propor* tionnellemeat courte. Le nez , séparé du front par une dépression prononcée, est aquilin, c'est-àdire courbé dés son origine, tandis que vers le milieu il s'abaisse en ligue droite, pour se terminer par une base horizontale. La mâchoire inférieure est large , le menton saillant.

Celtes. Les Celtes (hommes des forêts] ont oc« cupé de bonne heure l'Europe occidentale, et parti* culièrement les Iles Britanniques , la Belgique, la France jusqu'à la Garonne^ une partie de la Suisse. Plus tard ils étendirent leurs conquêtes en Espagofi^

DO KÎIGNB HUMAIN. 1^

«en Italie, dans la Grèce septentrionale et TAsie Mineure. On distingue deux rameaux dans cette importante populaJtion. L'un , celui des Gaëls , vint le premier , du berceau commun de la race , s'éta*^ blir dans TOccideot ; le second , celui des Kimris ^ après de longues stations aux environs du Pont* Euxin f s'avança à son tour vers le nord-ouest de l'Europe et vers les contrées que baigne l'océan Atlantique ; il y apporta la religion et la caste des druides. Mêlés probablement sur plusieurs points de leurs conquêtes , ces deux groupes très-distincts demeurèrent isolés dans quelques pays , et dominèrent dans ceux-ci. Les Écossais des bautes terres, les Irlandais, étaient des nations gaéliques ; l'élément gaêl avait la prédominance dans la France orientale ; les habitants du pays de Galles , ceux de notre Bretagne , appartenaient au rameau Kimrique. Pour les Romains , ces races se confondaient )SOus le nom général de Bretons , dans la Grande^ Bretagne ; sous celui de Gaulois, dans la Gaule (1). Ces Gaulois, tels que nous les dépeignent les écrivains de Rome , étaient de grande stature , ro-^ bustes , à cheveux blonds ou rutilants , à iris bleu ou gris , à peau blanche , toujours en mouvement^ irritables , faisant peu de cas de leur vie , amateurs

(1) Strabon et Jules César ont cependant distingué dans les €raale$ les Belges (Kimris) des Celtes (Gaëls).

IM UfBiMT*

de noOTeHes , parienn infatigables ; ce caractère parait avoir été surtout celui des tribus gaéliques* Les Kimris avaient plus de fixité et en dmnèrent un peu i leurs prédécesseurs. Qui ne reconnaît dans ce tableau les qualités et les défauts que la civilisation a modérés en nous ! Du reste, si nous nous en rapportons aux observations de M. W.

Edwards , les caractères physiques , ceux de la tète 9 en particulier , diffèrent passablement chez les Kimris et les Gaëls. Chez les uns et les autres, le nez est dépriméà sa racine frontale. Mais, dans les Kimris , il y a une ligne de profil qui se courbe vers le bas, et la base remonte un peu , en même temps que les ailes se relèvent et inclinent les narines ; Tovale de la face est long, le front haut. Les Gaëls auraient la tête arrondie , la face plus courte , le nez droit à partir de la dépression sous-frontale , sa base non remontante, il n^est pas dit si les Kimris étaient aussi blancs et blonds que les Gaëls ; mais ce qui est certain , c'est que les habitants des vieilles forêts humides et ombreuses de l'Europe ancienne , ces hordes nomades de Gaulois encore barbares reconnaîtraient aussi difficilement aujourd'hui le pays qu'ils parcoument avec leurs troupeaux et leurs bagages , que les hommes de taille médiocre, aux formes peu athlétiques , aux cheveux et à Titis généralement plus ou moins foncés , qui descendent d'eux et représentent leurs races. Peut-être m\»

DU atom irexiiic. ÏSt

âésavonerasent-ilâ moins sous le rapport de la res^ semUance morale et surtout de notre mobilité passablement avei^ureose.

Germains. Voici de nouvelles tribus , plus ré-' eemment arrivées que les Celtes de la patrie ariane, et qui ont mieux conservé dans leurs idiomes le caractère originel de la famille. Les Indo^er^ mains ou Teutons envahirent en flots successifs , et sons les diverses dénominations de Goths , Vandales , Saxons , Angles , Suèves , Franks , Nor« mahds , etc. , l'Europe centrale , la Scandinavie , d'où ils .passèrent dans la Grande-Bretagne , puis la Gaule , TEspagne , Tltalie septentrionale , et même TÂfrique. Mais leurs hordes guerrières , assez puissantes pour vdncre l'empire aux abois , pour se substituer aux anciens maîtres du monde romain ^ étaient trop peu nombreuses au delà du Rhin et des Alpes pour déposséder la population elle-mâme, et subirent l'action absorbante du grand nombre et de la civilisation; bientôt Téiément germain, quoique maître du pays par droit de conquête , disparut à peu près dans cette assimilation. Il n'acquit et ne conserva la prépondérance que dans les contrées dont la population , plus ou moins barbare , n'avait encore sur lui aucun genre de supériorité , pas même celle du nombre. L'Allemagne, la Hollande , la Scandinavie, l'Angleterre

136 DITBKSITÉ

et l'Ecosse , surtout le coté oriental , une partie de la Suisse et de la France , sont occupées par des jiteuples d'origine teutonique et qui portent Tempreinte plus ou moins intacte ou modifiée de leurs ancêtres germains.

A l'époque où ces tribus encore nomades erraient dans les forêts de la Germanie , et venaient essayer leurs forces et chercher meilleure fortune sur les terres de Rome ^ elles se faisaient remarquer par des caractères physiques assez analogues à ceux des anciens Gaulois. Les Germains étaient ^ comme les Celtes , des hommes de haute stature , de formes athlétiques , ayant la peau blanche , l'œil bleu y les cheveux et la barbe blonds oti roux ; le roux était plus fréquent ici que che:;! les Gaêls. La tête était grosse , haute et large à la région frontale. Dans la plus grande partie de l'Allemagne , aujourd'hui déboisée , modifiée dans son climat , civilisée et couverte de villes florissantes , on aurait peine à trouver , dans les teintes de l'iris et des cheveux , des caractères généraux ; car, sous ce rapport , les descendants des Germains ont subi plus ou moins les mêmes modifications que ceux des Celtes. Ce qui s'est mieux conservé , c'est le génie national , la patience laborieuse et persévérante des caractères, l'esprit des spéculations scientifiques , l'idéalité.

BD KàGHB HOMÀIN. 137

Slaves. Les migrations indo-germaines semblent avoir traversé , en s'avançant vers Toccident , d'autres peuplades arianes qui les avaient devancées en Europe , et qui , après avoir erré longtemps sur les deux versants de la chaîne ouralienne , avaient pris possession des plaines de la Russie et de la Pologne. Tels étaient les anciens Sarmates , ancêtres des Polonais , et d'autres peuples qui s'établirent plus tard en Bohême, en Hongrie , et dans les provinces transdanubiennes de TEsclavonie , de la Croatie , etc. Ce sont les nations slaves. Quoique dispersés , et dans des conditions de vie sociale assez diverses , ces peuples conservent dans leurs idiomes, et, à un certain degré, dans leurs caractères physiques et moraux, les indices de leur commune origine. Voici le portrait que M. W.-F. Edwards nous donne comme celui du type slave : a Le contour de la tête , vue de face , représente assez bien la figure d'un carré, parce que la hauteur dépasse peu la largeur, que le sommet est sensiblement aplati , et que la direction de la mâchoire est horizontale. Le nez est moins long que la distance de sa base au menton ; il est presque droit à partir de sa dépression à la racine , c'est-à-dire sans courbure décidée ; mais , si elle était appréciable , elle serait légèrement concave , de manière que le bout tendrait à * se relever ; la partie inférieure est un peu large ,

138 9iTBimi

et l'extrémité arrondie. Les yeux, un peu enfoncés, sont parfaitement sur la même ligne, et, lorsqu'ils ont un caractère particulier, ils sont plus petits que la proportion de la tête ne semblerait rindiquer« Les sourcils, peu fournis, sont très-rappro(Àés , surtout à Tangle interne; ils se dirigent de là souvent obliquement en dehors. La bouche , qui n'est pas saillante , et dont les lèvres ne sont pas épaisses, est beaucoup plus près du nez que du bout du menton* Un caractère singulier , qui s'ajoute aux précédents , et qui est très-général , se fait remarquer dans leur peu de barbe , exeepté à la lèvre supérieure.

a Tel est le type qui se reproduit plus ou moins chez les Polonais , les Silésiens , les Moraves , les Bohémiens et les Hongrois-Slaves ; il est aussi trè^ commun parmi les Russes. Quoique je n'en aie pas vu dans cette occasion , j'en ai pu juger dans tl'autres; mais surtout je me fie au témoignage d'un seigneur russe , qui a reconnu dans les dessins que je lui ai montrés , d'après d'autres peuples jdaves , les portraits d'une grande partie des paysans russes» (1).

Je doute cependant qu'il y ait un type physionomique slave aussi facile à caractériser , c'est-à-

(1) Des caractères physiologiques des races humaines considérées dans leurs rapports avec V histoire* ln*8^; PariSi

j>v Rftatm iivviiR. 139

dire aussi uniforme que le croyait Edwards. Eu tout cas, nous rencontrons dans cette race des différences aussi considérables que chez tout autre en ce qui concerne les caractères de coloration : des teintes rembrunies au midi , chez les Croates , les Dalmates ^ etc. ; dés teintes claires , chez les Russes du Nord; plus de variété sous les latitudes intermédiaires ^ en Pologne ^ par exemple.

Peuplée in Caucase. Nous avons déjà mentionné ks habitants du Caucase, et notamment les Tcherkesses ou Circassiens, qui en occupent (la région nord-ouest, et les Géorgiens, établis sur le versant méridional. Pallas, Klaproth, M. Dubois de Montperreui , ont donné au type circassien des éloges qui s'accordent avec la réputation de ce type dans tout rOrient. Une figure d'un ovale allongé , un nez droit et mince, une bouche petite, de grands yeux noirs , une taille bien prise , une tournure martiale, beaucoup de force dans les bras, le pied petit, des cheveux bruns, quelquefois un peu nuancés de rouge, une peau très-blanche, distinguent la plupart des Tscherkesses. A côté d'eux, les Abases, qui parlent un dialecte de même souche que celui des Circassiens, et qui sont aussi à demi barbares, se caractérisent par une tête étroite , un nez saillant y un bas de visage très-court , en un

140 DitsàsiTÈ

mot, un ensemble de traits qui n'a rien âel'élégance du précédent.

Les Géorgiens ont au moins autant de réputation que les Gircassiens ; Reineggs assure même que leurs femmes sont plus belles que les Gircassiennes, sauf parleur teint, qui reçoit d'un ciel plus chaud une nuance un peu rembrunie. La langue géorgienne paraîtrait moins éloignée que celle des montagnards de Tautre versant, du caractère des langues indo-européennes , et nous indique, semble-t-il, la possibilité de ramener le peuple qui la parle à la race ariane. Quant aux Gircassiens, il est remarquable que les seuls peuples auxquels les rattache leur idiome soient des peuples sibériens, qui revêtent plus ou moins les caractères du type mongol. Gette petite nation et plusieurs de ses voisines semblent attester l'antique existence de nations plus considérables , dont les débris, échappés à la ruine ou au joug étranger, se seraient dispersés à de grandes distances les unes des autres.

FAMUXE ÉGYPTIENNE.

Blumenbach , après avoir comparé entre elles un grand nombre de momies et de figures égyptienues , a été conduit à reconnaître , parmi les habitants de l'ancienne Egypte , trois types très-

DO RÉCNB BlIHil?!. 141

distincts. Il a d'abord rencontré des figures ëthiopienQes, aux mâchoires saillantes, aux lèvres épaisses , au nez large et plat , figures auxquelles se rapportent , sans doute , les cheveux laineux et le teint noir qu'Hérodote et d'autres auteurs grecs indiquent comme caractères égyptiens. Un second type , bien différent du précédent , et que Blumenbach nomme indien , offre des traits allongés , et des yeux bridés et relevés aux tempes , ensemble qui rappelle les Indous transgangétiques Enfin un troisième groupe de figures se caractérise d'abord par des crânes de type caucasique un peu altéré, surtoutdans la direction légèrement proclive de la mâchoire supérieure ; puis par des traits mollement arrondis , des joues larges et un peu bouffies , un menton court , des yeux saillants , un embonpoint général. Une statue , qu'on croit être celle de Rhamsès , est donnée comme exemple de ce dernier type , le plus commun d'ailleurs , et celui des trois qui semble avoir appartenu à la principale population du pays , à la population égyptienne. Aujourd'hui il ne paraît subsister de cette population , par suite de la conquête arabe et musulmane, que les Coptes ou Qoubtes, race que la religion a préservée de mélange , et qui nous est représentée sous les traits suivants par un habile et vénérable médecin , vivement regretté de tous ceux qui ont eu le bonheur de le connaître , M. Pugnet. «Les

143 MTBEMft

Égyptiens , dit cet auteur » sont en général d'une taille au-dessus de la moyenne; leurs formes se prononcent vigoureusement ; la couleur de leur peau est d'un rouge obscur; ils ont le front large , le menton arrondi, les joues médiocrement pleines, le nez droit , les ailes nasales fortement sinueuses , les yeux grands et bruns , la bouche peu fendue , les lèvres grosses , les dents blanches , les oreilles hautes et très-détachées ; enfin les sourcils et la barbe extrêmement noirs » (1).

D'autres auteurs (M. Denon) nous peignent le type copte comme assez voisin du nègre.

Il est certain que si la plupart des crânes égyp* tiens ont les formes caucasiques , il en est qui of** frent un peu de prognatisme et la densité osseuse qu'on observe chez les crânes nègres. Évidemment la race égyptienne ( sans parler des couleurs » qui varient du jaune au brun plus ou moins rougeâtre ou noirâtre , un peu comme chez les Indous)€onH mence à dévier du type des deux races précë»

dentés vers les types africains. Cette direction des caractères physiques coïncide , comme Tobserve avec raison M. Prichard , avec les tendances intel« lectuelles et morales qui ont entraîné les croyances populaires et le culte égyptiens vers l'adoration

(1) Mémoire sur lesflèt^res de mauvais caractère du Le» vant et des Antilles, LyoD» 1801.

DU Ridini BUHAIlf. 148

des amoiaux et des plantes , fétichisme arrivé à ton dernier terme chez les nègres , tandis que les nations sémitiques et indo-européennes ont plus généralement conservé, jusque dans leurs éga-^ rements religieux, ou le monothéisme, ou des dogmes et des mythes empreints de spiritualisme et d'idéalisme.

Nous ne quitterons pas le type caucasique sans y rattacher encore deux petits groupes qu'il est difficile de faire entrer dans Tune des familles précédentes : ce sont les Ibères et les Libyens. Clés peuples sa séparent de ceux qui les entourent bien plus par les langues qu'ils parlentque par leurs caractères physiques ; ils sont étrangers , sous le premier rapport, aux familles dont ils partagent le territoire, et sous le second point de vue , ils ne «'an distinguent que par des nuances.

Ce contraste n'est pas à négliger ; il est surtout frappant chez les Basques, derniers représentants des Ibères, et que je ne mentionne ici que pour mémoire.

Aaee atlantique ou libyenne. L'Atlas nourrit aine raoe antique , la race libyenne , celle des Numides de Juguriha, répandue sur les deux versants de cette chaîne. Celte race comprend les peuples désignés sous les noms de Barbaresques et de Berbères , et au nombre desquels nous comptons le^

Kabyles. M. Bory de Saint- Vincent n'hësitait pas 9 d'après ses dernières études en Algérie , a y rattacher les Mauritaniens, les vrais Maures d'aujourd'hui, et Ton s'accorde généralement i regarder les Guanches des Canaries comme appartenant à ce type, auquel cette adjonction a mé* rite son nom à* atlantique. Une stature moyenne, des formes élégantes, nerveuses, rappellent ici le type arabe ; mais une tête plus ronde , des traits plus courts, un nez rarement aquilin, éloignent le Berbère de la famille séipite , et le rattacheraient peut-être à la famille européenne, comme le voulait Bory de Saint- Vincent (1). Jusqu'ici ce qu'il y a de plus incontestable , c'est que les circon-* stances climatériques , le genre de vie , et d'au? très causes de source moins évidente , ont introduit chez les divers peuples berbères des modifications notables sous le double rapport des formes et des nuances de la peau et des cheveux. Ces nuances sont généralement foncées , mais on les voit s'éclaircir considérablement dans les classes qui vivent dans une certaine aisance et à l'abri des intempéries de l'air ; on voit de plus des cheveux blonds, < soit accidentellement , soit d'une manière générale, chez certains montagnards du haut Atlas.

(1) Sur V Anthropologie de l'Afrique française. Ciompte rendu de r Académie des scieoces; t. XX. Juin 1845.

DU RÂGlftl HUMim. 145

Page 1