CHAPITRE Il
L'huile d'olives est un corps ternaire liquide, onctueux, non volatil, transparent, jaune pâle ou presque incolore, d’une saveur douce, agréable, d’une odeur faible particulière; elle s’épaissit à 10 degrés et se congèle à À degrés. |
Elle renferme 28 pour 100 de margarine, 72 pour 100 d’oléine, une matière colorante spéciale, une substance aromatique particulière et des traces de matière azotée. Elle rancit difficilement et n’est pas siccative. Elle s’extrait du fruit de l’Olea E’uropea par expression à froid ou à chaud.
L'huile est très employée en médecine pour la préparation des liniments, pommades, cérats.
À l’état pur, elle a été employée à l'extérieur, dès la pus haute antiquité, pour panser les plaies et surtout les brûlures. On sait le cas qu’en faisaient les chirurgiens barbiers du xvi° siècle et la confiance que Paré avait en
elle.
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À l’intérieur, nous la trouvons employée de tout temps comme purgatif doux. Hippocrate la recommande chaudement dans ce qu’il appelle le choléra sec #læoy dédou ove novyin «a n ouin Ümin xai élu, Donnez de l’huile afin qu'il se calme et qu’il ait des évacuations et il est guéri.
ILemploie en même temps les lavements chauds huileux et les onctions huileuses.
Traçant au livre V, de main de maître, le régime de l'hydropique il dit : « Un hydropique doit se fatiguer, suer, manger du pain chaud dans de l'huile, boire beaucoup, se laver, même la tête, avec de l’eau tiède. Un vin blanc léger et le sommeil sont utiles. » (t. V, p. 245. Traduction de Littré).
Dans cette médecine primitive où l’hygiène tient la première place, le pain chaud trempé dans l’huile est souvent donné pour entretenir la liberté du ventre.
« Rien n’est meilleur, dit Plutarque, pour relâcher doucement le ventre et en provoquer l’évacuation que certains aliments qui sont familiers à tout le monde et dont l’usage ne provoque aucune douleur » (Plutarque, Préceptes de santé).
Galien {Methodus medendi vel de morbis curandis) dans les cas de colique très douloureuse emploie l’huile dans laquelle il fait infuser la rue.
« Porro atque in tali curandi ratione, ubi oleum accepe- « runt maximo dolore cruciantur postea, exiguo interpo- « sito spatio, excernunt humorem vitreum atque ex hoc « protinus simul et a dolore et ab affectu liberantur. »
Il conseille encore l’huile quand le ventre est chaud et douloureux.
Dans ce qu’il appelle le pneuma flatulant, il ordonne
hote contre la douleur des lavements d'huile dans laquelle on fait infuser de la rue.
€ Si vous supposez qu'une inflammation est mêlée à de semblables douleurs, vous ferez bouillir dans l’huile de l’'aneth et non de la rue et vous y mêlerez de la graisse d’oie ou de coq. Ces médicaments sont bons pour les grandes douleurs. »
Aretée conseille l’huile dans le traitement des calculs rénaux sous forme de bains. « Quodsi, his peractis, fixi « adhuc maneant calculi, homo in oleum demittendus est; «id enim simul omnia prœstat : tepor enim partes « relaxat et viscidas quodammodo facit : acrimonia vero « ad excretionem irritat hœc utique calculis exitum ape- « riunt eosque provocant. » (Curatio Calculorum, Trad. de Kühn).
Il s’en sert encore contre le volvulus pour faire vomir, purger et calmer. Il l’emploie aussi en applications sur le ventre pour effacer les douleurs.
Gelse recommande aussi les bains d’huile chaude contre les coliques et l’iléus.
Les auteurs qui suivent en font peu de cas et il faut arriver aux médecins qui traitent la colique saturnine par les émollients et les antiphlogistiques, pour voir les huileux remis en grand honneur. Ils les emploient dans le but nettement exprimé de lutter non seulement contre la constipation, mais aussi contre la douleur. Citois, dans certains cas, avait été très heureux d’y recourir à ce que raconte Tronchin « Gitesius ipse fortiora incaute adhibens « cholagoga immanium, tamen inde nascentium conscius « dolorum, ad oleum amygdalorum dulcium vel olivarum, « sirupo rosarum solutivo nuptum, per plures dies conti-
C7 ENS) € nuandum præceps confugit. Alvus sic laxata satitur € ipse cum maximo ægre levamine fluit, »
Tronchin est très partisan de la méthode huileuse. € Oleum lineum, butyrum recens promptissimam medi- € cam exhibent materiem, » dit-il.
Et 1] ajoute : « Usu toties explorato comperta methodus, € virorum in arte auctoritate confirmatur.
« Hac methodotractatus, morbus colicus caret furoribus, « vigilesque naturæ satellites somnifero potu non sunt « sopiendi dolores. » Et plus loin: « Oleum olivarum « recens cochleatim sumptum mira efficit. » (De Colica Pictonum.
Gessner (Medici Evonymus, sive de remedus secreis) a aussi recours à l’huile dans la colique saturnine. « Ad cibum invitat, dit-il, ac stimulat frigidum ventri- « culum, calefacit, phlegma omne consumit, colicæ et « dysenteriæ opitulatur. »
Piaterus {Praxeos medicæ Lib II. Ventris doloris curatio) S’exprime ainsi :
€ Oleum olivarum, vel nucum, juglandium, avellanarum, amygdalorum, lini, sesaminum, recentia, sola, anodyna sunt. »
« Emolliens clyster paratu facilis ex oleo olivaram solo, in quo tertia pars butyri dissolui potest atque axungiæ « interdum aliave addi potest. »
Spigelius (De febre, lib. IV, cap. 14) a expérimenté lhuile et s’en est bien trouvé. Senertus la recommande aussi contre les calculs et les coliques.
« Alvum etiam lubricitate sua mollit et laxat, omnem « asperitatem tollit, ruptis et fractis auxiliatur, dolores « mulcet. » ({nstitut. medicin., lib. V.)
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Wepfer (Historia apoplechcorum), dans le chapitre intitulé: « Colica a vino adulterato », raconte qu'il employa avec succès l’huile d'amandes douces ou le beurre à l’intérieur avec des lavements anodyns.
Il se vante même d’avoir miraculeusement sauvé un homme en proie à une attaque épileptoïde dans le cours de coliques saturnines par un lavement de vin, de lait et de beurre.
Willis (De anima brutorum, G. 15) recommande, contre la douleur des coliques, les lavements d’huile d’olives pure.
Hoffman (T'ractatus de morbis infantum præcipuis) emploie l’huile contre les calculs et les coliques infantiles. Mais il y associe d’autres remèdes.
Rhedus la donne contre les vers et non sine fructu. Mais il la croit beaucoup plus utile « in gravibus a lom- & bricis symptomatibus quia sensibles intestinorum « tunicas spasmo constrictas relaxat. & (Fabricius ab Aquapendente, Medicina, Lib. 3, cap. XLIV) a réussi lui aussi, à guérir les coliques du Poitou par lhuile.
Henri a Bra (De curandis venenis per medicamenta simplicia et facile parabilia) recommande contre les intoxications plombiques, surtout aiguës, lhuile chaude.
Il l’a aussi employée dans les empoisonnements par le sulfate de chaux.
Carolus Strack (Observationes medicinales de colica Pictonum) donne souvent les huileux en particulier avec le sirop diacode.
« Enema ex lacte et oleo lini, ternis quibusque horis, « injiciendum imperavi et ut oleum amygdalorum duleium
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« sæpe lambat mixto sirupo diacodii ». Et il ajoute qu’à la suite de ce traitement « dolor ventrem remisit ».
Astruc (Tractatus therapeuticus) recommande les lavements avec du beurre et de l’huile d’amandes douces pour calmer lirritation intestinale. Il y ajoute volontiers du laudanum.
Jac. Rumboldus Spielmann. (/nstit. mater. medic. nutrientia, p. 108) recommande l’huile contre les morsures venimeuses et contre l’hydropisie.
Jean Purcell, dans son Traité de toutes les coliques, au milieu de remèdes au moins bizarres, comme la crasse de baignoire ou l’urine d’homme sain, fait entrer presque toujours les huiles dans les formules de ses lavements. «€ L'huile est excellente, dit-il, dans presque toutes les coliques, parce qu’elle lubréfie et relâche les fibres, mais 1l faut y être habitué autrement elle dérange l'estomac et empêche la digestion.
Dans la colique occasionnée par la dureté et la rétention des aliments, Sanctorius vante beaucoup les lavements huileux et réitérés toutes les douze heures, et Les prises d'huile à l’intérieur. Il a toujours vu la guérison survenir en vingt-quatre heures.
Il conseille aussi Phuile dans les indigestions d’une nature acide.
L'huile dans laquelle on a mis quelques grains de poivre concassé et donnée au malade à la dose de trois à quatre cuillerées apaise les douleurs à l’instant.
Dans un cas où il n’osait employer chez une femme l’émétique et les purgatifs violents, Combalusier raconte qu’il « donna des lavements avec la casse et le miel dans la vue de déboucher, et quelques autres faits avec la décoc-
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tion émolliente et l’huile dans la même intention et pour calmer les douleurs d’entrailles. Celles-ci n’ayant pas cédé au traitement, il augmenta la dose d'huile. Il ajoute que ce traitement est très bon quand le mal est dû à léréthisme des membranes. (Observations et réflexions sur la Golique des Peintres où l’on examine et l’on tâche d’éclaicir l’histoire, la théorie et le traitement de cette maladie. Combalusier, 1861).
Bang, Grashuis, Ilsemann, James, Brambilla parlent avec avantage de l’huile d'olives et de l’huile d'amandes douces qu’ils ont essayées dans la colique saturnine.
Bref, toute l’école qui admettait la théorie antiphlogistique y eut recours.
Dehaen, Palais-Grimaud ont employée l’huile avec les émollients.
Galesky donnait d’heure en heure une cuillerée ou deux d'huile de lin fraîchement exprimée et vante beaucoup ce traitement. Valsalva employait l'huile d'amandes douces fraiche donnée de temps en temps à petites doses.
Tissot, Abhauds disent avoir retiré les meilleurs résultats des lavements huileux.
Lullier Winslow combat la maladie seulement par les lavements d’hule d'amandes douces et cependant prétend en triompher sûrement.
Mais avec les théories qui l’avaient mise en lumière disparut la médication, et les auteurs qui suivent n’en parlent qu'avec mépris, comme il convient d’un traitement suranné et inutile.
L’essai de Georges Baldwen, consul d'Angleterre à Alexandrie, pour employer les huileux contre la peste passe inaperçu et l'huile ne rentre véritablement dans la théra-