‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 110 sur 216 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

les conjectures de la science, ou un débris de Tantique astrologie tombé parmi eux, mais sans connexion avec la religion et les institutions civiles ou politiques. Les physiciens croyaient à la fin du monde et à sa résurrection comme à une vérité de physique. Les poètes chantaient cette fin et cette résurrection du monde comme ils chantaient le phœnix renaissant de ses cendres. I^e vulgaire s'effrayait de cette prophétie par superstition , et y croyait parce qu'il croyait aux oracles auxquels on l'attribuait.- La notion des Gentils sur cette paliiigénésie du monde était donc, pour ainsi dire, tout objective; ils en avaient l'idée, sans en avoir aucun sentiment subjectif. Ils voyaient cette rénovation de l'univers sous un rapport tout extérieur et purement physique: c'étaient la nature, le soleil, les astres, la terre, plutôt que la société humaine et eux-mêmes, qui devaient mourir et renaître. Ils ne liaient pas directement cette intuition d'un nouvel univers, soit à la destinée de l'empire, de ses mœurs, de ses lois, de ses institutions, soit à leur propre vie, à leur propre développement. Pour eux, enfin , entre la question métaphysique de la vie , la question politique et morale de la société et de la cité , et cette idée d'une période de fin et de renouvellement du monde, il n'y avait aucun enchaînement nécessaire , aucune parité , aucune

'j'il DE LIIUMANITÉ.

connexion , aucune siuiilitude. Tout au contraire, l'idée cosniologique se trouvait unie, chez les Juifs, par une affinité tout-à-fait naturelle , avec deux autres, savoir: i° la notion religieuse ou métaphysique que Moïse, dans la Genèse j avait donnée de la viey notion cultivée sans interruption chez ce peuple, par la voie des deutéroses ou interprétations orales; et ti® l'idée sociale ou politique, c'est-à-dire l'attachement que les Juifs avaient pour leur nationalité, et la foi que cette nationalité renaîtrait un jour avec éclat, foi que, sans interruption aussi , les Prophètes avaient exaltée en eux et portée à un haut degré de fanatisme.

Un Juif ne pouvait pas penser à la prédiction d'une époqu * sabbatique du monde, sans qu'à l'instant même l'idée du Mosaïsme ne le prît tout entier. Son lien, comme individu , avec les autres Juifs, leur fraternité en Dieu, et par Dieu en Adam, en Abraham, en Isaac, en Jacob, en Moïse, venaient à l'instant même illuminer son cœur. I^es malheurs de sa race, et les destinées promises à cette race choisie de Dieu, agitaient tout son être. Si le monde devait se renouveler, c'est que cette race devait refleurir. Le monde, l'univers n'avait-il pas été créé pour Thomme, pour Adam; et la race d'Abraham n'était-elle pas l'humanité? Le gouvernement de l'univers par Dieu, le gouvernement (le la société juive par Dieu, n'étaient-ils pas un

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