‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 111 sur 216 · LIVRE SIXIÈME. ^SS · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. ^SS

eul tout aux yeux des Hébreux ? Y avait-il qiiel- [ue différence pour eux entre leur sortie d'Egypte, )ar exemple , et le miracle de la Mer Rouge ? ^iiand ils avaient combattu les Philistins, Dieu l'avait-il pas arrêté le soleil ? Les Juifs, par le fait aême de leur religion , de leur législation , d(î eur histoire, ne pouvaient donc séparer l'idée de a palingénésie du monde de celle de leur propre )alingénésie, soit comme membres d'une même lation , soit comme individus.

Néanmoins on peut affirmer qu'à un degré bien noindre, il est vrai, quelque chose d'analogue înit, vers l'époque où parut Jésus-Christ, par se 3roduire aussi chez les Gentils.

Vers le temps de Jésus, toutes les anciennes croyances des Grecs, des Romains, et des peuples vaincus et asservis par eux, étaient usées et ruinées ; les opinions philosophiques les plus diverses i'étaient produites , combattues , détruites les unes es autres; il en était résulté le scepticisme, l'insrédulité, mais en même temps le besoin d'une nouvelle notion de la vie et d'une nouvelle vie. I^a réunion de tant de peuples en un seul avait commencé à donner le soupçon de V unité de nature^ de Vanité cT espèce ^ le soupçon de la solidarité (lu genre humain. On sait de quels applaudissements le vers de Térence où la solidarité humaine est entrevue fut couvert à Rome sur le théâtre.

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cette prophétie la rébellion acharnée des Juife qui amena, sous Vespasien et Titus, la ruine presque totale de ce peuple. Mais rejettent-ils pour cela la prédiction ? Non , ils la tournent à leurs propres idées, en la rapportant à Vespasien et à Titus? Et Vespasien lui-même n'alla -t-il pas, en effet, prendre le présage de sa future grandeur auprès des prophètes de la Judée, à l'oracle du Mont- Carmel (i)? Et tout ne prouve- t-il pas qu'il prêta l'oreille à l'historien Josèphe, quand celui-ci lui fit l'application directe de la prophétie touchant le Messie (2). Soit persuasion , en effet , soit iiabileté, Josèphe , prisonnier des Romains , s'obstina à reconnaître le général qui l'avait vaincu pour le Messie qui devait sauver le monde et le ramener à l'unité : « Tu n'es pas seulement maître de moi , a Vespasien , lui disait-il ; tu seras empereur et ce César; tu es annoncé par les oracles de la reli- « gion de Moïse ; tu es le maître prédestiné de la « terre, de la mer, et de tout le genre humain (3). »

(() « Apud Jiidaeani Carmeli Dei oraoulum cunsulentem ita confirnuavere « sortes, ut qniclquid rogitarct volverelque animo, qiiantumlibet magnum, « id esse provenluriiru pollicerentur. •» (Suétone, Vespasian.)

(a) ce Et unus ex nohilihns caplivis, Josephus, cum conjiceretur in vinn cula, coiLstaDlissime asseveravii fore ut ab eodem brevi solverelur, ve- •« runi jani imperatore, » ( Ib'td. )

(3) «« Josephus, ut 'pse narrât (Bell. Judaic), cum in Sacris Literis oracu- •• lum reperisset, fore ut quidam ex Judaea orbi terrarum imperarel, idoracii • « lum,ob Ilonianorumscditioues^ad Vespasianum retulit,eiq(:e vaticinatiis f est imperium.Fjus oracuH momiuit etiam Appianus, Historia* Romamp li-

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