‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 211 sur 216 · LIVRE SIXIÈME. IOo · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. IOo

est-elle inconciliable avec la vie sur la terré"? La preuve qu'elle ne l'est pas, c'est que personne ne nie que tant d'hommes qui ont vécu vertueusement n'aient eu une vie conforme à cette tendance vers l'infini. Et ce qu'ils ont fait une fois, pourquoi ne le feraient-ils pas une seconde fois? Ou plutôt, pourquoi n'auraient-ils pas vécu une longue série de fois, et ne continueraient-ils pas encore à vivre sur la terre , en progressant toujours vers l'infini?

Quelle connaissance avons-nous de l'univers qui ne nous vienne de cette terre où nous sommes ? Quel sentiment avons-nous de l'Être Infini , quelle notion de la vie, quelle idée du beau, du bien, quelle idée de la vertu qui n'ait cette origine , et qui ne sorte de cette source? Pourquoi donc la mépriserions-nous, et combien le mépris pour cette cause de toutes nos grandeurs spirituelles et pour cette nourrice de notre âme serait mal placé !

Alexandre était un insensé lorsqu'il trouvait la terre trop petite pour le contenir. La terre est assez grande pour occuper des millions d'Alexandre , non pas à la conquérir d'une façon 'grossière, en la ravageant, mais à la connaître, à la féconder, à la perfectionner, à la civiliser, à la moraliser. Que de milliards d'hommes peuvent gagner |e ciel sur la terre !

10a/| I>£ L^ULIIASITÉ.

Il a fallu, pour qu'on arrivât à ce profond dédaiu qu'on affecte aujourd'hui pour la nature et pour la vie, c'est-à-dire pour l'humanité , il a fallu, disje , pour arriver à se faire de la vie future les idées chimériques qu'on s'en fait, croire, comme en effet on l'a cru longtemps, que des révélateurs tombés (le ce monde inconnu et tout à fait incorporel qu'on appelle le ciel étaient venus sur la terre. Mais qu'ont-ils appris réellement , ces révélateurs , ces hommes tombés du ciel , que d'autres hommes n'aient égalé, et dont les autres hommes en général n'aient approché?

Eux-mêmes se sont-ils dits Dieu? Non, ils se sont dits inspirés par Dieu pour faire connaître à l'homme sa nature et ses devoirs; l'erreur seule du vulgaire les a fails Dieux. L'idolâtrie a marché à côté de la religion, comme l'ombre accompagne la lumière.

On ne croit plus guère aujourd'hui à ces révélateurs d'une essence différente de celle des autres hommes. Pourquoi donc l'idéalisme cherche-t-i! encore un autre ciel manifesté que la vie de V homme dans T humanité?

Ne voit-on pas que ces deux questions sont absolument du même ordre, qu'elles se tiennent

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