TOI TOI-MÊME
Platon, dans son Prottigoras ^ rapporte, en effet , que les anciens sages de la Grèce avaient écrit dans le temple de Delphes deux inscriptions qu'il traite de divines et de mystérieuses. Au-dessous du célèbre Nosce te ipsum^ « Connais-toi toi- « même , » ces sages inspirés avaient écrit cette autre formule : iVe quid nimis , « Rien de trop. » Comment ces deux idées se liaient-elles ? Elles se liaient, suivant nous, admirablement. Il faut que rhomme connaisse sa nature, et, la sondant, ne s'élève ni trop haut ni trop bas. Il est la plus haute des créatures , mais il est une créature. Qu'il se connaisse donc, et que, se connaissant, il trouve Dieu en lui ; qu'il cherche Dieu de plus en plus en lui : mais qu'il reste homme et attaché à l'humanité. Dieu est en lui, mais l'humanité y est aussi.
Est-ce arrêter l'esprit humain dans sa course divine que de tourner ainsi l'idéal vers la terre?
Eh! certainement ce n'est pas vers la terre, c'est vers le ciel , c'est-à-dire vers l'infini , qu'il faut diriger nos regards. Mais cette tendance vers l'infini