XIV PRÉFACE
cachent encore à ses yeux et les choses naturelles, et sa propre histoire, et loi-même; cela est encore aujourd'hui reconnu, généralement admis, consenti par tout homme qui réfléchit et qui pense.
Ce n*est, je le répète, ni la fwce, ni le levier, qui nous manquent. La force, c'est le besoin incessant que nous avons de vivre. Le levier, c'est l'industrie, l'art, la science,, que chacun aujourd'hui croit incessamment perfectibles. Ce qui manque, c'est l'axiome onîologtqi^e dont je parle.
C'est un axiome sur la vie , $ur l'être, qui nous manque. C'est un axiome religieux. Que sommes-nous, qu'est chacun de ndus en Dieu ? QueDe est la volonté du créateur en nous donnant l'être à chaque moment de notre existence? Où est notre vie, quel est l'objet de notre vie?
On voit que par ce mot à' axiome ontotogitjue j'entends quelque chose d'assez différent de cette science abstraite et tronquée qu'on appelle quelquefois dans les écoles actueUes ontologie. Il n'y a pa^ à faire de philosophie , si l'on ne brise à chaque instant les absurdes barrières que les psychologues modernes ont établies entre leurs élucubrations abstraites et la vie , c'est-à-dire la vie religieuse , morale et sociale à la fois.
Or donc , ce point fixe , que je crois démontrable autant que la vie peut se démontrer, autant que ï infini peut se prouver, et dont je vais essayer d'apporter une démonstration , c'est la communion du genre humam, ou, cm d'autres thermes, la solidarité mutuelle des hommes.
L'antique mythe de la Bible juive nous faisait tous solidaires en Adam.
Le Christianisme s'est enté sur cette solidarité. Jésus-Christ, sauveur de l'humanité par voie de réversibilité et de solidarité , est un mythe correspondant au mythe d'Adam , damnateur de sa race par solidarité aussi et réversibilité.
La vérité, c'est qu'en effet nous sommes tous solidaires, et vivons d'une vie commune , ou plutôt , comme dit Jésus , d'une vie une.
J'accepte donc^l'idéc qui est au fond de ces mythes, et je m'efforce