L. Landau. Die Wanderniere der Frauen, 1881, p
DE l’hydronéphrose IISTERMIÏTEISTE
puisque l’autopsie fut faite, mais cliniquement assez analogue. Puis Thomas Hillier communique à la Société royale de Médecine et de Chirurgie de Londres, le 14 novembre 1865, deux cas très nets, dont l’un aurait été observé par lui dès 1855. L’observation, rapportée par S. Rosenstein, dans son Traité des maladies des ?’ei;2s, publié quelque temps après, est encore tout à fait comparable à celle de Johnson. Nous ne la mentionnons ici que pour mémoire, car il ne s’agit pas d’une hydronéphrose intermittente typique.
Plusieurs années s’écoulent sans qu’une nouvelle observation paraisse, lorsqu’un médecin norvégien, P. Wilse, en publie à son tour une fort intéressante avec une relation précise de l’autopsie faite par le professeur Heiberg (1873).
C’est Wilse, ou plutôt Heiberg, qui le premier désigne cette affection sous le nom d' Hydronéphrose temporaire. Et peu de temps après, — plus exactement quelques mois plus tard, — en septembre 1874, Thomas Cole (de Bath), qui vient de voir un fait semblable, met franchement en tête de son observation le terme d'Hydronéphrose intermittente^ dénomination qui a été vulgarisée par H. Morris et L. Landau.
C’est aussi vers cette époque, c’est-à-dire en avril 1876, que paraît le long mémoire de H. Morris (de Londres), premier travail d’ensemble sur la question. Il s’efforce de la mettre au point, de s’y reconnaître au milieu d’un chaos d’observations d’Hydronéphroses trop courtes et trop mal rédigées. Il parvient à débrouiller ce sujet assez obscur et analyse à ce propos un certain nombre des cas publiés jusque-là*. Malheureusement l’observation qui sert de base à sa communication à la Société de Médecine et de Chirurgie de Londres ne constitue, comme quelques-unes de celles rapportées précédemment, qu’un type spécial, vraiment rare, d’Hydronéphrose interrnit- * tente. Aussi ne voit-il pas cette affection sous son véritable jour.
Il était réservé, douze ans plus tard seulement, à Newman et surtout à L. Landau, de mettre le doigt sur le nœud de la question. Au lieu de s’arrêter à décrire des cas exceptionnels, ces auteurs ont reconnu, en effet, de suite, que la clé de voûte de tout l’édifice consistait dans les rapports de l’Hydronéphrose avec le rein mobile.
1. Il ne mentionne que 6 cas et néglige ceux de Tulpius, de Wilse, de Rosenstein et le cas II de Hillier; mais il comprend par contre dans sa description ceux d’Estlin et de Roberts, qui, comme nous le rapp’ellerons plus tard, ne sont pas des Hydronéphroses intermittentes, mais des dilatations intermittentes des uretèi'es. C’est avec juste raison qu’il fait rentrer dans une catégorie à part celui de Johnson.
inSTORIOUE
Toutefois H. Morris cite à la fm de son travail une observation de Fagge, qui aurait dû le mettre un peu sur la voie, de même que celles de Hare, de Hillier et de Gole peut-être ! Quant à celle de Bryant, qu’il rapporte aussi, c’est une pyonéphrose intermittente sur la pathogénie de laquelle nous aurons à revenir.
A la suite de la communication de Morris, Hare rappelle le cas qu’il a publié en 1857 et en signale brièvement deux autres. Th. Smith en cite trois autres, sans en fournir la relation; d’ailleurs il s’agissait de pyonéph roses.
Quelques mois plus tard paraît la première observation allemande, soigneusement prise d’ailleurs et bien étudiée par Eger. Ici l’intermittence des symptômes n’attire que secondairement l’attention de ce médecin instruit qui, par contre, se rend parfaitement compte, un des premiers, de la relation de l’Hydronéphrose avec le rein mobile constaté chez sa malade.
Citons encore pour cette époque le cas méconnu de Desnos et Barié, publié en 1876, et celui de Kœnig, qui est simplement mentionné dans son Traité de Pathologie chirurgicale.
Chose curieuse, si l’on fait abstraction des Traités des maladies du Rein où Roberts et H. Morris citent le nombre des observations qu’ils ont pu rassembler et où H. Morris ajoute 2 faits inédits, sans donner d’ailleurs le moindre détail (1885), une dizaine d’années se passent avant que l’on puisse rencontrer de nouveaux cas dans la littérature E L’attention semble s’être détournée de ce sujet. Il nous faut arriver jusqu’à la publication d’une statistique de J. Lloyd (de Birmingham), parue en 1886, à l’observation méconnue de Walther Fell (de la Nouvelle-Zélande, 1888), et surtout au mémoire capital de L. Landau (fm de 1888), et à l’apparition du livre de David Newman (1888), pour retouver la mention de faits de ce genre.
Comme nous l’avons déjà fait remarquer, ce sont les Leçons de David Newman, où nous trouvons 5 observations, et la communication de L. Landau à la Société de médecine berlinoise * renfermant les quatre cas observés par ce savant gynécologiste, qui rappellent de nouveau, avec grand profit, l’attention sur ce chapitre de pathologie rénale. Ces deux auteurs établissent de la façon la plus nette le
1. Le cas de Backer (1881) ayant été méconnu comme Hydronéphrose intermittente.
2. Landau avait déjà ébauché ce sujet dès 1881 dans un chapitre de son Traité
des reins mobiles chez la femme {Die Wanderniere der Frauen, p. 66 et 92), qu’on lira avec fruit, et fait faire quelques expériences à son élève Krakauer sur l’Hydronéphrose intermittente. ^
Terrier et Baudouin. 9
DE l’hYDHOÎNÉPHROSE INTERMITTENTE
rôle considérable que joue dans la pathogénie de la plupart des Hydronéphroses intermittentes la mobilité du rein ; et nous aurons bien des fois l’occasion, au cours de ce travail, de rappeler leurs noms et les justes remarques qu’ils ont faites à ce propos. Mais, à partir de ce moment, les observations se multiplient avec une étonnante rapidité. Il suffit de citer désormais les faits de Fürbringer (3 cas), dont l’un surtout est très intéressant, d’Israël (1 cas), de Lindner (2 cas) \ de Thiriar (1 cas, à rapprocher de ceux de Rosenstein et de Johnson) ; l’observation de Hahn (rapportée par E. Gohn, son assistant), et celles de Kappe, Kœhler, Socin, LancereauXj Guy on, Braun, K. Zawisza % Fowler, etc., etc.
Malgré la publication de ces nombreuses observations — nous avons déjà dépassé la soixantaine, — les auteurs classiques continuent à être d’un laconisme désespérant ou d’une obscurité parfaite sur cette variété d’Hydronéphrose. Dans les grands Dictionnaires, il en est à peine question. Quelques lignes seulement dans l’article d’Englisch de V /yncyclopëdie d' Eulenhurg . Il n’y a rien dans le Dictio7inaire encijclop. dessc. méd., ce qui étonne quelque peu, comme d’ailleurs dans le Dictionnaire en 30 volumes^ ce qui se comprend mieux. Le Nouveau Dictionnaire de médecine pratique^ à l’article Hydronéphi'ose, est un peu plus explicite sur cette forme clinique. H. Morris, dans V Encyclopédie internationale de Chirurgie (t. VI, p. 435), y insiste beaucoup moins que dans son petit Traité publié en Angleterre et la mentionne à peine. Dans le Traité de Pathologie exteyme de Follin et Duplay, quelques lignes seulement y sont consacrées, de meme que dans celui de Kœnig, etc., et dans les Manuels de Lécorché, Keyes, Br. Clarke, Lavaux, Desnos, etc., sur les maladies des voies urinaires
L’ouvrage récent de Paul Fürbringer est un des plus précis, et il n’y a guère que le Traité des affections des reins de M. le P' Le Dentu qui contienne des détails plus circonstanciés; encore cet auteur at-il à peine insisté sur les relations de l’Hydronéphrose et des reins mobiles, les leçons de Newman lui ayant échappé et le travail de Landau ne lui étant connu que par les résumés incomplets et très écourtés des journaux français.
1. Lindner dit qu’il a vu plusieurs cas de ce genre ; mais il ne rapporte que deux observations dans deux publications successives.
2. K. Zawisza a fait suivre la relation de ses observations de quelques remarques intéressantes ; malheureusement L. Landau les avait déj<à formulées auparavant.
3. On ne trouvera aucun renseignement sur cette question dans le Traité de Chirurgie de M. le P' Tillaux, les Leçons de M. le professeur Guyon, de Thompson, la thèse de Brodeur, etc.