HISTORIQUE
cause des lacunes qu’elle présente et de la notion étiologique à mettre en relief ici (peut-être même était-ce une Hydronéphrose par calcul rénal tombé ultérieurement dans la vessie, etc., etc.?). Mais, comme il est impossible de la faire rentrer dans le cadre d’une autre affection, elle ne nous a pas paru négligeable.
Cent ans plus tard, Boissier du Sauvages ‘ résume ce cas, jusquelà unique, dans ses Nosologica Methodica et considère comme parfaitement admissible cette nouvelle sorte d’ischurie (de rétention d’urine), comme on disait alors. Il la croit, lui aussi, en rapport avec les phases lunaires et il écrit de confiance, en tête du chapitre où il relate cette observation : Ischuria renalis lunatica Tulpii.
Au début de ce siècle, J. Johnson observe un cas d’Hydronéphrose intermittente; mais, comme nous le verrons plus loin, l’histoire de sa malade constitue une forme un peu spéciale, et, somme toute, ce cas, qui n’est pas douteux comme évacuatien brusque et spontanée d'une hydronéphrose, n’a que des rapports cliniques assez éloignés avec le véritable type de l’hydronéphrose intermittente.
Schônlein, au dire de L. Landau ^ aurait vu sans doute des faits analogues, puisqu’il s’exprime ainsi dans son Traité de Pathologie qui remonte à 1832 : « Dans une varité d’Hydronéphrose, les malades peuvent rendre une quantité considérable d’urine en vingt-quatre heures; dans ce cas, l’uretère est libre. » Mais il n’est pas plus explicite et malheureusement cet auteur ne nous a pas laissé d’observations détaillées; du moins, nous n’avons pas pu les retrouver dans la littérature allemande.
Ce n’est guère qu’à partir de 1855 qu’on rencontre cette affection consignée parfois dans les journaux médicaux, car nous avons vu ce qu’en 1841 Rayer savait sur ce sujet. La première observation, sérieusement recueillie à cette époque, est d’ailleurs magistralement rédigée par un auteur anglais, Hare, qui la fait connaître en 1857. Elle offre une importance capitale pour l’histoire de l’Hydronéphrose intermittente, car elle est aussi complète que possible, accompagnée d’un examen anatomique fort précis, et surtout remarquable par la bilatéralité des lésions.
Quelques années plus tard, Henry Thompson présente, au nom de Joseph Thompson, à la Société pathologique de Londres, le 5 novembre 1861, une pièce anatomo-pathologique se rapportant à un cas d’Hydronéphrose intermittente, moins vague que celui de J ohnson,
1. Boissier du Sauvaf^es. Loc. cit. (Voir Tulpius à la Bibliographie.)