‹ De l'hydronéphrose intermittenteChapitre 107 sur 123 · Landau. Loc. cil · texte numérisé non relu

Landau. Loc. cil

2. M. Israël a observé, depuis, plusieurs cas d’hydronéphrose intermittente (Communication orale, à Paris, 1" mai 1891).

3. Traduction de l’observation publiée in extenso dans le Berliner Klin. Woch., les résumés fournis par la Sem. médicale et le Bull, médical nous ayant paru parfois trop écourtés, parfois aussi trop inexacts.

DE L’iIYDROr^ÉPimOSE INTERMITTENTE

M. Israël eut [roecasion d’examiner cette femme. Il constata qu’elle était d’ordinaire très bien portante, avait un très bon état f^énéral et réussit avec la plus grande facilité à découvrir dans le côté droit de l’abdomen une grosse tumeur manifestement lluctuante. Elle avait tous les caractères d’une tumeur du rein, s’étendait du rebord costal jusqu’aux environs de la crête iliaque, s’avançait du côté gauche jusque vers la ligne médiane et s’enfonçait profondément dans l’abdomen.

Tout à coup, au cours de l’exploration bimanuelle des organes génitaux, la tumeur disparut d’une façon absolument inattendue, sous la main du chirurgien, appuyée sur la paroi abdominale.

En même temps se manifesta un impérieux besoin d’uriner. Et bientôt, au lieu et place de la tumeur disparue on ne trouva qu’un rein légèrement augmenté de volume; on constata en outre que ce rein était flottant. M. Israël put dans la suite répéter cette constatation à Taide d’une pression modérée de la main sur la paroi abdominale.

Des renseignements assez intéressants ont été fournis par la malade sur la façon dont chaque fois débutaient les accès ; ils survenaient habituellement à la suite d’une station debout prolongée, ou d’une ingestion de boissons gazeuses ou d’aliments développant des gaz. A son dire, elle pouvait déterminer un accès, avec la sûreté d’un expérimentateur, en faisant usage d’aliments féculents, de bière blanche ou d’eau de Seltz. M. Israël d’ailleurs a eu lui-même une fois l’occasion, pendant le temps que cette malade a été soumise à son observation, d’être le témoin des conséquences d’une telle ingestion. Et à son avis, le mécanisme de ces phénomènes n’est pas difficile à comprendre. Après une station debout prolongée, le rein mobile descendait sous l’influence de la pesanteur. L’ingestion de boissons gazeuses ou d’aliments développant des gaz était la cause d’une distension très considérable des anses intestinales, qui amenait le déplacement du rein, en agissant directement sur lui h On comprendra facilement l’importance de ces faits si l’on se rappelle les rapports immédiats qui existent entre la partie descendante du duodénum, le côlon ascendant et le rein droit. Indubitablement dans ces conditions, le déplacement du rein devait amener un arrêt dans l’écoulement de l'urine.

Pour parer à ces inconvénients, M. Israël conseilla à sa malade le port d’un appareil destiné à maintenir le rein en place et à s’opposer à ses déplacements. Cet appareil consistait en une ceinture abdominale en acier et une courte tige dorsale, dont l’extrémité inférieure était un ressort d’acier analogue à ceux des bandages herniaires. Ce ressort prenait appui sur le flanc droit. Une pelote, placée à son extrémité antérieure, pressait sur la partie antérieure du rein et le maintenait en place.

L’appareil fonctionna très bien et les effets s’en firent de suite sentir. Depuis le moment où elle porte cet appareil, la malade a eu des accès d’une intensité beaucoup moindre; mais ils survinrent aussi fréquemment qu au-

1. Le traducteur de l’observation d’Israël dans le Bull. méd. a donné à ce passage un sens qui est absolument le contraire de celui du texte allemand. {N.d. Tr.y

OBSERVATIONS

paravant. D’ailleurs elle pouvait couper court à l’accès elle-niôme, en exerçant avec la main une légère pression soit sur la pelote, soit sur le rein déplacé. Et au bout d’un mois les accès ne survinrent presque plus. L’appareil avait été placé à la fm de mars; en juillet, M. Israël revit la malade. Elle n’avait plus eu d’accès depuis un mois.

Grossesse. — En décembre, elle revint consulter M. Israël : elle était enceinte de cinq mois, mais n’avait pas eu de nouvel accès. On lui conseilla d’abandonner son bandage, dans l’espoir que l’utérus dont le volume allait en augmentant se chargerait de maintenir lui-même le rein en place. Au dire de la malade depuis cette épo<j[ue jusqu’à aujourd’hui, c’est-à-dire depuis six ans, il n’est survenu aucun accès véritable. Elle a bien eu, deux ou trois fois l’an, lorsqu’elle a soulevé inconsidérément un fardeau un peu lourd, une sensation de pesanteur dans le côté; mais cette sensation disparaissait très facilement par la pression et les frictions.

M. Israël a revu cette malade il y a huit jours, pour la première fois depuis six ans. Et, chose étrange, ce jour- là précisément pour la première fois, elle a éprouvé à nouveau une sensation violente de distension abdominale, et, lorsqu’il l’examina, il trouva une tumeur du rein hydronéphrotique, assez volumineuse, plus petite toutefois que précédemment, mais s’avançant toujours très nettement vers la région ombilicale. Une pression modérée fit diminuer la tumeur, mais pas assez cependant pour qu’on pût croire qu’il ne restait qu’un rein un peu augmenté de volume. Les deux jours suivants, sous l’intluence d’une distension considérable de l’abdomen par des gaz, les anciennes douleurs réapparurent comme précédemment., et, il y a deux jours et demi lorsque M. Israël examina cette tumeur pour la dernière fois, il trouva de nouveau une tumeur du rein Iluctuante, ayant le volume qu’elle avait jadis présentée. Mais cette fois elle disparut si bien sous l’intluence de la pression qu’il eut la plus grande peine, même après une palpation très minutieuse, à retrouver le rein. La seule différence, qui existait entre l’état ancien et l’état actuel, était la suivante : Tandis que la tumeur et le rein étaient jadis si mobiles qu’on pouvait les faire glisser par des mouvements de latéralité jusque sur la ligne médiane ou dans la profondeur du bassin, aujourd’hui, la tumeur rénale était si bien fixée que le rein ne pouvait plus être considérécomme un rein flottant.

Observation XXXVIII.

EiiRiiRiNGKR (Cas 1) (Citation)

Hydronéphrose intermittente.

Femme. Hydronéphrose intermittente classique.

Marche des accès typique. Malade venue consulter, non pour l’hydronéphrose, mais pour une affection intercurrente.

1. Observation lue le 24 octobre 1888 à la Berl. med. Gesellschaft.

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