Rockwell. Loc. cit
OBSERVATIONS
rétraction du testicidedu côté malade, névrcdgie<jé7iito- crurale, etc. On cherclia soigneusement, mais en vain, des fragments de calculs et des détritus dans les urines, l’examen montra une grande quantité de sang (un sixième), de l’épithélium rénal et vésical en abondance, un peu d’oxalate de chaux, des masses granuleuses, mais pas d’urates ni d’acide urique, pas de traces d’inflammation du rein ou de son bassinet. Le malade fut soumis à une diète sévère, avec ingestion d’alcalins et usage fréquent de bains chauds, de frictions à la brosse, etc.
Il parut s’en trouver mieux pendant plusieurs semaines; mais, en novembre, il recommença à uriner beaucoup de sang et à ressentir, à des intervalles d’environ une semaine, des crises de coliques rénales assez violentes pour exiger un soulagement immédiat. On ne pouvait y arriver que par de fortes doses d’opium et de chloroforme qu’il était difficile d’administrer, car le malade supportait fort mal ces deux remèdes. Il survenait des vomissements qui duraient encore après la fin de la crise.
Le 5 novembre il y eut une crise d’une violence extraordinaire, suivie d’une rétention d'urme cdguG , qui nécessita le cathétérisme. Pendant qu’on le sondait, le malade fit remarquer dans le flanc droit l’existence d’une grosseur dont il s’était plaint auparavant, mais qu’on n’avait pu découvrir.
Évolution de la maladie. — En l’examinant, on trouva une tumeur mal définie, occupant le côté droit au voisinage du rein, mate à la percussion, et un peu mobile dans la direction de la cavité abdominale. Le lendemain la rétention d’urine et le cathétérisme furent suivis d’une diminution rapide de la tumeur. Le malade commença à se plaindre de sensibilité au-dessus de la vessie et vers l’orifice de l’uretère droit, et de douleurs aiguës après la miction.
Dans l’espoir que le calcul, qu’il croyait petit d’après le récit précédent, était peut-être engagé dans l’uretère ou arrêté à l’orifice vésical, M. Rockwell alla avec le malade le 8 novembre chez le professeur E.-E. Keyes pour le consulter sur le traitement immédiat et ultérieur. La tumeur rénale, qu’on sentait trois jours auparavant, avait disparu, et le D’’ Keyes ne put en découvrir la trace évidente, mais pensant qu’un calcul était engagé dans les voies urinaires il conseilla de les nettoyer à l’aide de diurétiques (bière, etc.) pour essayer de déloger le calcul. Dans le cas où ce plan ne réussirait pas, après plusieurs essais, il recommanda une néphrectomie exploratrice, de préférence par la voie abdominale, comme le conseille Langenbucb. Le premier essaient lieu le 12 novembre, et le lendemain matin le malade éprouva la crise la plus terrible qu’il eût jamais eue. Pendant les heures qu’elle dura il demanda 14 grains de morphine qui furent absorbés par la peau et l’estomac et l’inhalation d’une livre de chloroforme qu’on lui administra pendant le repos relatif procuré par l’opium. Dès qu’il fut rétabli le malade se décida à subir l’opération; mais il en recula la date jus(|u’à la fin de décembre. Pendant ce temps, les attaques se succédèrent avec une fréquence variable. Le malade désirant plus ample avis, on consulta M. le Prof. Sands, qui convint avec MM. les D’’® Keyes et Rockwell de l’utilité d’une opération exploratrice; mais comme le rein était probablement sain et son examen par une incision
DE l’hydronépiirose intermitteinte
lombaire comparativement facile, on jugea ce plan préférable au premier (voie abdominale) et exempt des mômes dangers.
Au bout de quelques jours le malade entra à Saint-Mary’s hospital, et le 29 décembre M. Rockwel lui fit l’opération suivante.
Opération. — Une incision de 4 pouces 1 /2 de longueur parallèle à la dernière côte mit à nu le bord du carré des lombes, puis ses fibres étant bien écartées et l’hémorragie arrêtée, l’aponévrose profonde fut coupée et la graisse circumrénale grattée pour permettre la palpation du rein. Gela n’en fut pas moins très difficile, carie malade était très fortement musclé et le bord inférieur du rein faiblement perceptible sous le bord de la dernière côte. La plaie fut donc agrandie en prolongeant son angle externe d’environ 3 pouces et l’on put constater avec le doigt que le bassinet formait les deux tiers inférieurs du rein ^ et sentir les battements de l’artère rénale. La palpation soigneuse de l’organe fit découvrir un peu de Vinduration caractéristique décrite par Morris et révéla la présence de quelque chose en connexion avec l’uretère dont on pouvait suivre la trace pendant un pouce ou deux.
Ayant employé deux doigts et pressé doucement le bassinet au milieu, M. Rockwell crut découvrir une masse dure près du hile, mais quand il eut retiré la main et l’eut débarrassée du sang pour faire un toucher plus délicat, il ne put la retrouver. Une longue aiguille exploratrice fut passée dans le bassinet et promenée dans tout le rein, mais sans résultat.
Le malade ne supportant pas bien l’anesthésique, on dut renoncer à un examen qu’on avait espéré faire par l’incision du rein -même ^ et comme la néphrectomie était impraticable pour le môme motif, on dut se contenter de laver la plaie avec une solution de bi-iodure de mercure et de la fermer par des sutures de soie. On la recouvrit de gaze iodoformée, après avoir introduit un gros drain, et compléta le pansement par une couche épaisse d’ouate.
Suites opératoires. — Le malade se remit bien de l’anesthésie et se dit très bien jusqu’au soir; maison appela en hâte M. Rockwell pour une hémorragie subite. Celle-ci venait d’un vaisseau de la plaie, car le drain n’était pas obstrué et le sang jaillissait à côté, sans doute par feffet de féther sur quelque vaisseau (???).
La plaie fut réouverte en partie, le vaisseau fermé et la gaze iodoformée de nouveau amassée autour du drain; aucun écoulement ne se produisit. On retira de la vessie environ une demi -pinte d’urine très claire et le malade eut une très bonne nuit.
Le troisième jour, comme le pansement était humide et avait une odeur urineuse faible, on l’enleva, et la plaie s’étant refermée sauf à la place de la gaze on y plaça quelques sutures de catgut à l’aide de la cocaïne, et on réunit les couches profondes ne laissant qu’un trou pour le drain. A la suite de ce traitement la plaie guérit, quoique le suintement du liquide dût faire
1. Le diagnostic d’hydonéphrose était vérifié. {Note des Trad.)
2. Il aurait été intéressant de savoir pourquoi l’anesthésie ne pouvait être supportée, ce dont nous doutons un peu. {Note des trad.)
OBSERVATIONS
changer le pansement tous les jours. Le vingtième jour (18 janvier), cette sécrétion, qui avait diminué régulièrement, cessa subitement, et les symptômes de calcul vésical s’accentuèrent.
Depuis six jours ils étaient d’une intensité variable, quand le 24 janvier, la plaie, qui n’était plus qu’un trajet fistuleux, livra passage à de grandes quantités de liquide limpide et sans odeur L II y en eut assez pour pénétrer le lit du malade, en dépit des pansements absorbants qu’on renouvelait toutes les trois heures. Cela dura deux jours, puis cessa subitement; le malade se plaignit de douleurs et de ténesme vésical. Le troisième jour au matin (27 janvier), il évacua un calcul d’oxalate de calcium pesant 6 grains et les symptômes disparurent. 11 garda la chambre une semaine encore et la fistule se ferma grâce aux pansements de naphtaline.
Le 17 février, M. B... quitta Chôpital et le mars il s’en alla en Floride, se plaignant encore d’irritation de la vessie et de douleurs accidentelles pendant la miction. D’après l’aspect du calcul évacué, on attribua cela à un petit fragment resté dans la vessie, mais on ne put l’y découvrir.
Le 17 mars, il sortit un fragment plus gros que le premier et pesant 14 grains. Dès lors le malade se rétablit promptement et le 26 mars, il retourna chez lui se disant débarrassé de toute douleur.
L’examen du liane droit fit découvrir une Iwneur élastique et mal fluctuante dans l’espace iléo-costal, mate à la percussion et présentant une surface de résonance moyenne entre celle du bord antérieur et la matité ordinaire du foie. 11 ne sortit pas d’urine, le malade ayant uriné une demiheure avant. L’examen consécutif démontra la présence de cellules épithéliales rénales et de petits amas de pus. Le malade découvrit une diminution notable delà grosseur à des périodes régulières, qui correspondaient à l’évacuation de grandes quantités d’urine. La vessie demeurant un peu irritable, on administra du borax, augmentant progressivement, suivant le conseil du D*" Keyes. Le malade en retira un peu d’amélioration.
Le 18 avril, il se représenta dans le service deM. Rockwell. La tumeur du côté avait entièrement disparu et à la percussion on trouvait la vessie normale. L’urine était telle qu’on l’avait constatée à l’examen précédent. On n’a pas revu ce malade pendant l’été: mais sa lettre du 14 septembre 1888 dit que, grâce à la diète lactée, son état s’est tellement amélioré que l’urine est maintenant presque claire; parfois cependant la grosseur du côté l’inquiète encore. Il se regarde comme très bien portant, bien que, suivant toute probabilité, une légère pyélite et une bydronépbrose persistent encore, comme résultat de ses souffrances passées.
1. Évacuation de l’hydronéphrose par la plaie lombaire. {Note des Tmd.)
Terrier et Baudouin.
DE L’ilYDllONÉPimOSE INTERMITTENTE
Observation XL VIII.
Thiriak (Résumé) ^
Uydron&phrose intermittente du rein droit {îlydronéphrosc
à évacuation brusque).
Jeune fille, âgée d'une trentaine d’années, soufTrant depuis quelques années de coliques néphrétiques peu intenses et rendant de temps en temps du sable dans ses urines.
Depuis six semaines, elle a remarqué que son ventre avait augmenté de volume, et le Leclerc constate l’existence d’une tumeur volumineuse, siégeant principalement du côté de l’abdomen. A première vue, on avait pris cette tumeur pour un kyste de Vovaire.
M. le D‘‘ Tliiriar examina attentivement la malade, et*, se basant sur les commémoratifs, sur ce fait que les urines, d’habitude troubles, étaient tout à fait claires depuis V apparition de la tumeur., sur la situation, la position de cette tumeur, posa le diagnostic d’hydronéphrose du rein droit.
Une ponction exploratrice fut proposée et acceptée, à l’effet d’éclairer le diagnostic. Elle fut fixée au surlendemain de la visite, et la mère fut prévenue de la gravité de l’atTection qui, cependant, pouvait disparaître spontanément.
A l’arrivée du chirurgien, 48 heures après, la tumeur avait disparu. La patiente avait évacué une grande quantité d'urine trouble, brunâtre, et depuis lors l’affection n’a plus reparu.
Observation XLIX.
Lindner (Cas I) (Traduction in extenso)-.
Hein mobile gauche. — Hydronéphrose intermittente gauche.
Une femme, atteinte d’un rein mobile gauche, fut prise tout à coup d’accès douloureux très pénibles, qui durèrent 0 à 8 jours environ; la douleur siégeait surtout au niveau du rein. En même temps, il y eut subitement une notable diminution des urines et une augmentation du double de la tumeur du üanc gauche. Puis une abondante émission d’urine se produisit, et en 18 ou 24 heures la tumeur reprit ses dimensions normales.
Ordinairement cette malade n’avait pas de crises semblables.
M. Lindner diagnostiqua une hydronéphrose intermittente.