‹ De l'hydronéphrose intermittenteChapitre 119 sur 123 · Lindner. München, med. Woch., 1890, loc. cit.,p · texte numérisé non relu

Lindner. München, med. Woch., 1890, loc. cit.,p

3. H. Braun. Loc. cil., p. 135. C’est le dernier cas rapporté par Braun dans son mémoire.

OBSERVATIONS

des accès douloureux revenant à des intervalles de plusieurs jours, l’apparition d’une tumeur dans la région de Thypocondre gauche. Il faut mentionner en outre qu’au début de la maladie les urines de cette femme contenaient parfois des graviers uriques; puis plus tard et plus fréquemment, on y trouva des graviers pliospliatiques. Très souvent de petits calciils déterminaient des hémorragies vésicales assez abondantes pour être la cause de syncopes; quatre semaines avant son entrée à la clinique, cette malade avait pour la dernière fois rendu un petit calcul, en meme temps qiTelle avait eu une légère hémorragie. Pendant les années précédentes on avait eu recours sans succès à divers traitements médicaux et aux eaux minérales les plus variées.

État actuel. — Entrée à la clinique d’iéna le 5 mai 188a pour être mise en observation, et dans le but de savoir si l’on devait faire l’extirpation du rein.

A ce moment, Braun constata que tous les cinq à sept jours environ apparaissaient des accès douloureux extrêmement violents; en même temps se développait dans la région rénale gauche une tumeur lisse, très distendue, mais manifestement üuctuante, s’étendant ordinairement jusqu’à la ligne blanche et descendant jusqu’à la crête iliaque. A la disparition de la tumeur correspondait celle des accès douloureux (il persistait parfois quelques douleurs), et en même temps en notait, ce jour-là, une augmentation très significative dans la quantité d’urine rendue. D’ailleurs on pourra mieux juger de la connexion des deux phénomènes (douleurs et quantité d’urine évaluée) en jetant les yeux sur le tableau ci-dessous :

Tableau 1. — Urine de 24 heures.

6 mai

21 mai

Violente crise doul .

Accès.

Accès violent.

Accès.

1er juin

Accès.

Ainsi donc, habituellement, l’urine excrétée représentait seulement celle sécrétée parle rein droit; puis, à un moment donné, tous les cinq, six ou sept jours, il s’y ajoutait tout à coup celle qui, pendant cet intervalle de temps, s’était accumulée dans le rein gauche.

De ces différents symptômes on pouvait conclure à une Hydronéphrose intermittente. La question de savoir si elle était combinée à un calcul rénal devait forcément rester en suspens, car, au cours d’une observation de plusieurs semaines, on ne trouva dans Turine aucun gravier. On pouvait accepter

DE l’hYDROISÉPHROSE INTERMITTENTE

que le rein de l’autre côté était absolument sain, puisque dans l’urine on n’avait jamais découvert la présence d’éléments anormaux.

Comme l’extraordinaire violence des crises douloureuses rendait tout travail impossible et la vie absolument terrible pour cette malade, Braun se décida à faire la néphrectomie le 4 juin 1885.

Opération. — Longue incision de 1 8 centim. partant de la dernière côte et se dirigeant en bas et en avant jusqu’à l’épine iliaque antéro-supérieure. Après avoir déchiré la capsule adipeuse on sentit le rein qui était mollasse comme une guenille. De nombreuses adhérences furent détruites avec le bistouri ou avec le doigt; on lia un certain nombre de vaisseaux situés dans ces adhérences et on extirpa la tumeur sans blesser le péritoine. Les vaisseaux, c’est-à-dire l’artère et la veine rénale, furent d’abord liés en masse puis liés isolément avec des fils desoie, de même que l’uretère et un autre cordon partant de la face antérieure du rein. Après désinfection de toute la cavité de la plaie à la solution de sublimé à 1 pour 1000, on plaça deux drains, sutura au catgut les muscles de la paroi à l’aide de dix points de suture perdue. La peau fut suturée avec 16 points de suture à la soie. Pansement à la gaze iodoformée.

Examen de la pièce. — La longueur du rein extirpé était de 14 centimètres ; il avait 5 centimètres de large et 2 centim. 5 d’épaisseur. Cette largeur en y comprenant le bassinet était de 9 centimètres. Par une injection de liquide, le rein pouvait être notablement distendu. Le bassinet et les calices étaient si élargis qu’on trouvait seulement au niveau de la partie interne de l’organe une petite partie de substance rénale intacte. Il n’y avait aucun calcul dans le bassinet. L’uretère qui devait fonctionner pendant la vie, s’ouvrait à la partie supérieure du bassinet et y était adhérent. Cet uretère était coudé et appliqué sur la surface du bassinet par un second uretère, très reconnaissable à sa musculature, oblitéré et adhérent aussi à la surface du bassinet. Dans cet entrecroisement des uretères et dans leur adhérence au bassinet, ce qui était la conséquence de l’inflammation de ses parois, résidait certainement la cause de l’hydronéphrose intermittente et des symptômes qu’elle présenta. L’urine sécrétée par ce rein pouvait vaincre la résistance offerte à sa sortie par la coudure de l’uretère, lorsqu’elle était soumise à une certaine tension dans le bassinet; mais il fallait toujours plusieurs jours pour atteindre cette tension par suite de la petite quantité d’urine sécrétée par la substance rénale persistante.

Suites opératoires. — Rien de particulier à signaler. Guérison sans la moindre suppuration. L’un des drains fut enlevé au 2° jour; l’autre le 6®; les dernières sutures superficielles le 9'=. La température monta le 2*^ jour après l’opération à 38", 4; en dehors de cette élévation elle resta normale. Une fois le pouls donne 420 pulsations, mais ordinairement il resta à 70-90. La quantité d’urine sécrétée en 24 h. après l’opération fut, au début, moindre qu’avant l’opération, certainement par suite d’une absorption moindre de liquide et des vomissements dus à la narcose chloroformique.

OBSEnVATIONS

Tahleau II. — Lruie rendue en heures apri^s Voptralion.

.7 juin

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10 juin

15 juin

20 juin

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Suites éloignées. — 4 semaines après rexUrpation du rein la malade était en pleine santé. Les douleurs qu’elle ressentait depuis quarante ans et qui étaient tantôt légères, tantôt vives, avaient complètement disparu et, d’après les derniers renseignements reçus par Braun en 18'J0, elles n’ont jamais réapparu.

Au printemps 1888 la malade était en très bon état. Aucune douleur dans le ventre; mais elle a remarqué depuis quelques mois des graviers dans ses urines.

Observation LX.

Zawisz.v (Cas I) (Traduction in extenso) L

Hein mobile droit. Hydronéphrose intermittente éi droite ÇP y élite et hématurie).

Au mois de novembre 1887, je fus appelé en consultation par mon confrère, M. Watraszenski, près de M. W. S..., qui avait de temps en temps des hématuries.

Antécédents. — W. S..., ingénieur (Prussien), âgé de quarante et un ans, est né d’une famille saine. Dans son enfance il souffrait de constipation opiniâtre. Après la campagne de 1870, il fut atteint pendant un an d’une dyspepsie gastrique et intestinale, pour laquelle il fit, vers le printemps 1872, une cure aux eaux de Karlsbad avec un résultat satisfaisant.

Début. — A partir de l’âge de seize ans il était sujet à des douleurs, survenant par accès, qui commençaient dans la région lombaire droite et se propageaient vers l’iiypocondre droit, de là vers l’épigastre, dans tout le ventre et jusqu’à la colonne vertébrale. Ces douleurs furent toujours accompagnées de nausées ét de frissons.

Les accès apparaissaient le plus souvent à la suite des écarts du régime. L’ingestion d’aliments développant des gaz et l’usage d’une certaine bière blanche, que le malade buvait en Allemagne, se terminaient toujours par un accès douloureux. Si alors le patient restait immobile, couché sur le dos et un peu incliné du côté droit, tous les phénomènes cessaient au bout de (juelques instants ou de plusieurs heures.

Plus tard, c’est-à-dire à partir de 1878, les accès devinrent plus violents, durèrent plus longtemps, et souvent furent accompagnés de vomissements. Après chaque accès, le malade constatait que l’émission des urines était plus abondante. Au mois de juin 1884, sans aucune douleur, apparut, pour la première fois, du sang dans l’urine. A partir de cette époque et jusqu’à

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