‹ De l'hydronéphrose intermittenteChapitre 120 sur 123 · Zawisza. Loc. oit., p · texte numérisé non relu

Zawisza. Loc. oit., p

Tehiukh et BArnoriN.

DE l’iIYDRONÉPHROSE INTERMITTEÎSTE

l’année 1887 ces hématuries se reproduisirent à des intervalles plus ou moins espacés et durèrent de 3 à 8 jours. Le malade observait que le sang se montrait presque toujours à la suite des écarts du régime ou après une marche pénible. Depuis l’apparition du sang dans Turine les crises douloureuses cessèrent et ne reparurent plus.

État actuel. — W. S. est fortement bâti et de bonne constitution; squelette normalement développé, musculature forte, tissu graisseux abondant, muqueuses vivement colorées. Pas de lésions dans les poumons ni dans le cœur. Pouls à 8“. Pas de fièvre. Le ventre légèrement ballonné, sub-matité sur toute son étendue. Le foie et la rate non augmentés de volume.

Dans l’hypocondre, à la palpation, on sent une tumeur dure, lisse, peu douloureuse, non fluctuante, et qui donne l’impression du foie très hypertrophié. Sous la pression digitale dirigée de bas en haut elle cède en grande partie, mais pas complètement, de sorte qu’on peut la sentir toujours dans l’hypocondre. Quand nous engageons le malade à faire un mouvement d’inspiration profonde, la tumeur fait saillie très nettement en s’abaissant, mais elle rétrocède quand l’inspiration s’arrête. En interposant les doigts entre le foie et la partie supérieure de la tumeur nous nous opposons à cette rétrocession. Elle se présente alors sous forme d’un corps ovalaire, dirigé dans son plus long diamètre parallèlement à l’axe transverse du corps. En bas elle atteint la ligne passant au-dessous de l’ombilic, et latéralement suivant sa dimension transversale elle touche d’un côté la ligne axillaire antérieure; de l’autre elle dépasse de quelques centimètres la ligne médiane. On ne peut pas la déplacer en dehors, par contre elle se laisse repousser légèrement en bas et en dedans. L’analyse de l’urine, exécutée par M. le D*" Przewoski, a donné : couleur jaune pâle avec reflet rougeâtre, quantité en vingt-quatre heures 1 400 cc., densité 1 012. Urée 21, G gr. par 1000. Réaction acide persistant longtemps. Un peu d’hémoglobine dissoute. Beaucoup de globules rouges bien conservés. Un peu de mucus, très peu de globules de pus provenant probablement des bassinets. Albumine 0,12 0/00. Absence de cylindres urinaires. Du reste, on n’a pas trouvé d’autres éléments qui eussent pu révéler l’existence des calculs rénaux, d’un néoplasme ou de la tuberculose rénale.

D’habitude j’examinais le malade à l’époque de l’apparition du sang dans l’urine. Or, j’ai pu observer qu’au début de l’hématurie, à la palpation du ventre, la tumeur apparaissait toujours beaucoup plus volumineuse et plus dure, et qu’elle diminuait visiblement quand le taux du sang contenu dans l’urine s’abaissait. Ce phénomène était toujours accompagné d’une plus abondante sécrétion urinaire. En mettant en parallèle les données fournies par les antécédents et par l’état actuel, nous sommes arrivé à la conclusion que dans notre cas nous avons eu affaire à une hydronéphrose passagère à la période de la maladie où l’évacuation complète des bassinets n’est plus possible par suite de leur grande distension, et où la pyélite suppurée a déjà commencé.

Traitement. — Gomme les opinions des chirurgiens, au sujet de l’intervention opératoire dans des cas semblables, étaient très divisées, je conseillai

015SERVATI0NS

au malade de porter une ceinture pour soutenir le rein, et je l’envoyai à Karlshad pour obvier à son alFection du tube digestif. Le confrère Stiche qui le soignait constata la diminution considérable du rein, ce qui fut également remarqué par le professeur Leyden, consulté par le malade au moment de son voyage pour Karlsbad.

Observation LXI.

Zawisza (Cas II) (Traduction in extenso) L

Rein mobile droit. — Ilydronéphrosc intermittente à droite.

Au mois de décembre 1889 se présenta à moi Mme L., souffrant de crampes d’estomac, sur lesquelles une cure de Karlsbad de six semaines n’avait produit aucun résultat.

Aussi bien pendant la cure que plusieurs semaines après la malade était sujette, à différentes reprises, à de très vives crampes malgré l’absence de tout écart du régime.

Antécédents. — Mme L. est née d’une famille saine, n’a fait aucune maladie sérieuse, n’a jamais eu de jaunisse. A partir de l’âge de IG ans elle a eu des menstrues assez régulières. Plusieurs fois elle fut atteinte d’anémie, qui cédait sous l’action du fer.

Début. — Autant qu’elle peut se le rappeler, étant encore jeune fdle, après une course précipitée ou à la suite d’un travail prolongé à la machine à coudre elle éprouvait à l’épigastre des douleurs peu intenses. Depuis quelque temps ces douleurs étaient devenues d’un caractère très violent et duraient plusieurs heures. Elles commençaient dans l’iiypocondre droit, envahissaient tout le ventre, la région lombaire droite et étaient accompagnées quelquefois de nausées et de vomissements. Il semblait à la malade que la cause de ces crises résidait dans l’ingestion de certains aliments; aussi, dans ces derniers temps, en dépit de son excellent appétit, redoutant de nouvelles crises, elle se privait de nourriture. Mais les douleurs persévéraient, malgré l’estomac vide, le matin à jeun au saut du lit.

Etat actuel. — Mme L.., âgée de vingt-quatre ans, frêle, mariée depuis quelques années, n’a pas eu d’enfants. Squelette régulier, muscles très peu développés, tissu adipo-graisseux pauvre, muqueuses pâles. L’appétit médiocre, constipation durant parfois plusieurs jours. A l’examen objectif on n’a pu constater aucune modification, sauf le rein mobile du coté droit.

En raison de la pauvreté du sang et de la paresse intestinale, je prescrivis à la malade de l’arsenic en pilules et j’exprimai le désir de la voir pendant une de ses crises.

Dix jours plus tard je fus appelé près d’elle et je la trouvai dans l’état suivant : couchée sur le dos, penchée un peu à droite, car cette position lui amenait un peu de soulagement, elle se plaignait de vives douleurs à l’épi-

l, Zawisza. Loc. cil., p. 3.

UE l’HYURONÉUHROSE LMERMITTEINTE

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gastre, à l’iiypocondre droit et dans la région lombaire. Les douleurs l’ont prise le matin au saut du lit sans aucune cause apparente.

A l’examen, j’ai trouvé, dans l’hypocondre droit, une tumeur d’une forte dimension, dure, lisse et très douloureuse. Inférieurement elle descendait à deux travers de doigts au-dessous de la ligne ombilicale, à droite elle atteignait la ligne axillaire antérieure, en dedans elle dépassait sensiblement la ligne médiane. A l’inspiration profonde elle s’abaissait; elle donnait la sensation du foie hypertrophié. La percussion de toute la surface de la tumeur olTrait un son tympanique très mat.

Traitement. — Je supposai avoir affaire à une crise des calculs biliaires et à une hypertrophie notable du foie. Je conseillai donc des application chaudes et un purgatif. Le lendemain je visitai la malade, je la trouvai se promenant dans la chambre — les douleurs ont complètement disparu. A l’examen du ventre je n’ai plus retrouvé la tumeur de la veille, le foie n’était point augmenté de volume; seulement pendant de profondes inspirations on pouvait sentir le rein mobile de dimension morale. Il n’y avait aucun doute ; j’avais devant moi un cas d’hydronéphrose passagère aiguë. Je conseillai donc à la malade de continuer l’Lisage des pilules prescrites qui la fortifiaient en excitant l’appétit et en régularisant les garde-robes et de mettre sur le rein un bandage approprié.

Observation LXII.

Zawisza (Cas III) (Traduction in extenso) L Rein mobile. — Ihjdronéphrose intermittente à droite.

Au mois de juillet 1890 est venue me trouver à la clinique Mlle M..., pour des douleurs très violentes, apparaissant de temps en temps à l’épigastre et dans l’hypocondre droit. Ges douleurs s’irradiaient vers la région lombaire, vers l’ombilic, dans l’aine, et étaient accompagnées de nausées, de serrement de la poitrine et de grande prostration.

Antécédents. — Jusqu’à cette époque on attribua ces crises à la colique hépatique due aux calculs biliaires, et on prescrivit par jour une cuillerée à café de sel de Karlsbad dissous dans de l’eau tiède et une diète appropriée. Au bout de trois mois de ce traitement et malgré l’observation de la diète la plus sévère, éclata un très violent accès de douleurs.

Mlle M.., âgée de trente ans, née d’une famille saine, n’a fait aucune maladie grave, n’a jamais eu de jaunisse; ses époques sont régulières; muscles très peu développés, tissu adipeux peu abondant. Squelette normal, muqueuses pâles.

A l’examen objectif on n’a pas découvert de modifications, à l’exception du rein mobile du côté droit.

La malade se plaint du manque complet des forces et de l’appétit. Je prescrivis de l’arsenic avec du poivre en pilules, des bains salés, et je priai de me quérir en cas d’apparition de douleurs.

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