CHAPITRE ni
Anatomie pathologique.
SOMMAIRE : § I. Des lésions, sans capactères propres, se rencontrant dans toutes les liydronéphroses : a. Dimensions, forme et rapport du sac hydronéphrotique; b. Nombre; c. État des reins; d. État des vaisseaux du bassinet.
§ II. Des lésions appartenant en propre à l’iiydronéphrose întermîttente : I. Ancdomie normale : Abouchement de l’uretère dans le bassinet :
a. Axe du bassinet: 6. Son collet; c. Dimensions; d. Cas particuliers; e. Remarques diverses. — II. Anatomie pathologique : Lésions de l’uretère dans l’hydro- NÉPHROSE intermittente : 1° Lésions de Vex'trémiié supérieure : a. Coudure avec accolement au bassinet (observations inédites) ; b. Pénétration à angle aigu de l’uretère à travers la paroi du bassinet; c. Remarques diverses. — 2® Lésions de l’extrémité inférieure de l’uretère : Oblitération momentanée par une production néoplasique (Morris). — 3® Absence de lésions. — 4® Des lésions supposées théoriquement : a. Oblitération par compression ou traction de l’uretère;
b. Oblitération par corps étranger.
Nous ne pouvons, dans une étude particulièrement réservée à une variété clinique d’Hydronéphrose, reprendre toute l’anatomie pathologique de cette affection. Ce n’est point que cette question soit fort claire, ni qu’elle soit suffisamment traitée dans les ouvrages classiques. Pourtant nous devons nous borner à ne signaler que les lésions qui, dans l’espèce, peuvent servir à élucider la pathogénie de cette variété spéciale d’Hydronéphrose, celles qui permettent d’en saisir la cause intime, d’en comprendre le mécanisme. Nous insisterons toutefois sur les altérations anatomiques qui expliquent la transformation de cette Hydronéphrose à forme intermittente en Hydrophroseàpoche définitivement close.
C’est dire que, pour nous, l’étude de la lésion fondamentale ellemême, c’est-à-dire du sac hydronéphrotique et des modifications concomitantes du côté du rein, ne saurait présenter le moindre
DE l’HYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE
intérêt. Il nous suffira d’indiquer brièvement le volume que peut atteindre le bassinet distendu et la fréquence des cas où cette dilatation est peu considérable, — ce qui explique pourquoi elle passe si souvent inaperçue, — ainsi que la possibilité de l’existence simultanée d’une Hydronéphrose des deux côtés. Nous ne dirons qu’un mot delà nature du liquide contenu dans la poche hydronéphrotique: il n’y a là aucun caractère distinctif bien net. Généralement, dans les cas rares où il n’y a pas la moindre infection des voies urinaires, ce liquide présente toutes les apparences et presque toutes les qualités biologiques de l’urine normale.
§ I. — Des lésions, sans caractères propres, se rencontrant dans
toutes les Hydronéphroses.
a. Dimensions, forme et rapports.
Il est démontré aujourd’hui que l’Hydrcnéphrose intermittente peut présenter toutes les dimensions de l’Hypronéphrose définitivement constituée. Il suffit de parcourir les observations que nous avons rassemblées pour en avoir la preuve; il serait donc fastidieux et inutile de décrire à nouveau les caractères des poches ayant le volume d’un œuf de poule ou celui d’une tête d’adulte. D’ailleurs, à l’autopsie, les connexions du sac avec les organes voisins sont absolument les mêmes que s’il s’agit du type le plus classique; et l’on pourrait rééditer ici la fameuse discussion de ses rapports avec le gros intestin, point qui, relativement au diagnostic de cette affection, n’a pas toute l’importance qu’on a voulu lui attribuer.
Il est plus intéressant de faire remarquer que souvent l’Hydronéphrose intermittente peut être très peu volumineuse, tout en donnant lieu à des symptômes des plus sérieux, et que le bassinet peut présenter une augmentation très notable d’épaisseur de ses parois et s’accompagner d’une induration marquée du tissu conjonctif qui l’englobe normalement, malgré ses faibles dimensions.
Tels sont les cas de M. Terrier (Obs. LXVI) et de M. Quénu (Obs. LXX), dans lesquels le bassinet pouvait à peine contenir 100 et 50 grammes de liquide, et présentait déjà un certain degré d’irritation péripyélique en même temps qu’un réel épaississement de ses parois; pourtant l’affectionne durait pas depuis fort longtemps.
D’autre part, comme nous allons le voir, la cause de l’Hydronéphrose siège ordinairement à l’extrémité supérieure de l’uretère : il en résulte que le sac hydronéphrotique, au lieu d’être piriforme avec prolongement en boudin, constitué par furetère dilaté aussi, est généralement sphérique ; et l’uretère, loin d’être distendu, est ordinairement plus ou moins rétracté. (Voir Fig. I. : Cas de Hare.)
h. Nombre,
Les Hydronéphroses doubles, d’une façon générale, ne doivent pas être aussi rares qu’on l’a dit, si nous nous reportons aux 70 cas
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d’Hydronéphrose intermittente que nous avons rassemblés, et dont 7 seulement ont été autopsiés. Or, dans ces 7 derniers cas, il y en avait 2 où l’Hydronéphrose était double, anatomiquement parlant (Morris, cas I; Fürbringer, cas III) ; ajoutons-y, ce qui fait 5 au total, ceux de Hare (cas I), d’Hillier (cas II) et de Newman (cas III), où l’Hydronéphrose double fut diagnostiquée sur le vivant Dans deux d’entre eux (Hare, Newman), la tumeur fut cliniquement intermittente des deux côtés-, dans les 3 autres, la seconde poche passa inaperçue pendant la vie ou fut considérée comme une Hydronéphrose fixe ; mais, selon toute probabilité, elle fut aussi intermittente à un moment donné dans les cas de Morris et de Für-
Fig. I. — Un rein atteint d’IIydronéphrose intermittente (cas I de de Hare).
Légende : K, gros intestin ; F, foie ; SH, bassinet; R, rein (Côté droit)
bringer, tout en ne se démasquant pas par des symptômes très accusés.
A cette occasion faisons remarquer, avec L. Landau, que lors d’hydronéphroses doubles — en dehors bien entendu des cas de foetus mort-nés — il doit forcément y avoir au moins une des hydronéphroses qui soit intermittente. L’homme, en effet, ne saurait vivre avec une oblitération définitive des deux uretères ^ Cette simple remarque justifie encore ce que nous disions au début, à savoir qu’il doit rester souvent une voie d’échappement plus ou moins ouverte dans un sac hydronéphrotique que, cliniquement, on a pu considérer comme hermétiquement clos.
1. Comme il n'y a pas eu d’autopsie dans deux de ces cas, l’existence de l’Hydronéphrose double pourrait être à la rigueur discutée; mais les observations de Millier et de Newman semblent avoir été prises avec trop de soin pour qu’il puisse y avoir eu confusion.