Figure empruntée au mémoire de Hare
3. Dans un cas d’Hydronéphrose double considérée comme fermée, dû à Rayer et rappelé par Hillier, d’un côté au moins l’uretère n’était pas complètement oblitéré.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
c. État des reins.
L’atrophie de la substance rénale parvient bien rarement, dans ces cas, au degré qu’elle peut présenter dans les Hydronéphroses ordinaires. Et, du seul fait qu’un rein est atteint d’une Hydronéphrose qui revêt les caractères de la variété dite intermittente, quel que soit le volume acquis par le bassinet, on est en droit, cliniquement, de conclure que le rein n’est pas encore totalement détruit. En effet n’est-ce pas là un indice manifeste de la persistance du fonctionnement d’une partie au moins de la glande que ces alternatives de plénitude ou de vacuité partielle ou totale de la poche hydronéphrotique?
Jadis, alors que l’on n’osait pas trop sacrifier un rein, douloureux il est vrai, mais encore capable d’entr’aider celui du côté opposé resté sain, de peur que ce dernier ne puisse pas suffire à sa tâche et faire à lui seul la besogne des deux glandes S cette notion aurait pu avoir une certaine importance, en ce sens qu’elle eût pu arrêter la main du chirurgien tenté d’extirper un tel rein. Mais aujourd’hui que l’on est bien fixé sur ce point, à savoir que l’on peut, sans grande crainte d’urémie, supprimer un rein tout à fait sain, la remarque que nous venons de faire n’a qu’un faible intérêt. Elle indique seulement que le traitement de cette variété d’Hydronéphrose par la création d’une fistule du bassinet restera toujours très aléatoire, cette fistule menaçant de durer indéfiniment. Gela a, d’ailleurs, été observé dans quelques cas sur lesquels nous reviendrons en discutant les différents modes de traitement à proposer suivant les phases de la maladie.
d. Etat des vaisseaux du bassinet.
Il y aurait certes bien d’autres petits points, concernant l’Hydronéphrose en général, à signaler ici ; mais nous ne saurions nous étendre davantage sans sortir des limites auxquelles nous astreint notre sujet. Toutefois il y a encore une remarque que nous avons faite et qui mérite une courte mention.
Lorsque l’on examine des pièces fraîches ayant trait à des hydronéphroses intermittentes, hydronéphroses à leur début ou peu marquées, on peut avoir l’occasion de faire certaines constatations qui échapperaient forcément si l’observation avait lieu à une période plus avancée de la maladie. C’est ainsi que, sur le rein enlevé par
1. Voir les réflexions qui accompagnent l’observation de Fell.
DE l’hYDRONÉPHROSE INTERMITTENTE
M. Terrier (Observation LXVI), on voyaittrès bienjpar transparence, au-dessous de la muqueuse du bassinet, un grand nombre de petits vaisseaux, convergeant vers le collet de ce réservoir et gorgés de sang. C’étaient là, très certainement, les rameaux les plus élevés et les plus ténus des veinules formant le plexus veineux péri-uretérin, qui a été signalé récemment par MM. Lejars et Tuffier b Ce plexus^, qui ressemble tout à fait, on le sait, à un manchon creux constitué par une sorte de treillis vasculaire, au centre duquel passe l’uretère, a ses plus fines racines sur les parois du bassinet. C’étaient ces veinules d’origine, remplies de sang au-dessus de l’extrémité pyélique de l’uretère, que l’on apercevait très nettement sur la face interne de la poche.
Le mécanisme de cette dilatation paraît très facile à saisir. L’uretère, étant coudé à sa partie supérieure, ces veinules subissaient aussi une légère flexion, c’est-à-dire une certaine diminution de calibre, et la circulation était gênée dans tout le département qui se trouvait en amont de l’obstacle. D’où stase sanguine et congestion marquée dans les parois du bassinet.
Nous ne faisons que signaler ce fait, à première vue d’intérêt secondaire; mais nous aurons sous peu l’occasion de le rappeler pour expliquer comment il peut favoriser la transformation d’une hydronéplirose intermittente en hydronéphrose définitive, contribuer à l’épaississement de ses parois et au développement de brides conjonctives pouvant enserrer l’uretère, ou même aider à l’infection d’une simple hydronéphrose, restée aseptique jusque-là.
1. Tuffier et Lejars. Les veines de la capsule adipeuse du rein-, in Arch. de Physiol. norm. et patholog., n° 1, janvier 1891, p. 41 (voir p. 49).
2. L’un de nous a pu, au cours de recherches anatomiques récentes, étudier à loisir ce plexus. Il reviendra ultérieurement, dans un travail spécial, sur cet intéressant sujet.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
§ II. — Des lésions appartenant en propre à l’Hydronéphrose
intermittente.
Nous avons hâte d’arriver à la description des lésions qui vont nous expliquer l’intermittence des symptômes; mais, comme nous allons les rencontrer surtout au niveau de l’extrémité supérieure de l’uretère, il nous semble indispensable de rappeler en quelques mots la disposition normale des parties, c’est-à-dire le mode d’abouchement dè ce conduit dans le bassinet.