‹ De l'hydronéphrose intermittenteChapitre 48 sur 123 · I. — Évolution et complications · texte numérisé non relu

I. — Évolution et complications

Au cours de l’évolution d’une hydronéphrose intermittente un certain nombre de péripéties peuvent venir modifier le tableau clinique.

La plus importante de toutes est la Grossesse, dont l’influence a été étudiée par Eger. Puis des complications diverses peuvent apparaître, dont la plus intéressante, en raison de sa fréquence, est la Pyonéphrose ou plutôt la transformation de l’hydronéphrose en pyonéphrose véritable, à la suite de l’infection de la muqueuse du bassinet.

Il nous faudra signaler en outre la possibilité de lésions de moindre intérêt, telles que la péripyélite, la. périnéphrite, la péritonite péri-rénale.

Enfin il nous reste à étudier les différents modes de terminaison de cette hydronéphrose. En première ligne vient sa transformation en hydronéphrose définitive ou fermée avec toutes ses conséquences, solution en somme la moins redoutable entre les mauvaises, car il y en a une meilleure, l’hydronéphrose intermittente, semblant pouvoir disparaître spontanément. En seconde ligne, signalons des accidents très graves, mais plus rares : la rupture du sac hydronéphrotique, suivie de péritonite suraiguë, et la néphrite infectieuse chronique, qui mène bientôt, par divers chemins, à ïurémie, surtout si l’autre rein est pris aussi.

A. — Influence de la grossesse,

a). C’est souvent une grossesse qui fait apparaître une tumeur hydronéphrotique ou du moins en révèle l’existence à la malade.

Restée à l’état latent jusque-là, puisqu’elle ne présentait alors que des dimensions fort restreintes, elle augmente à la suite sans doute de la compression de l’uretère par l’utérus gravide et devient plus ou moins appréciable. Puis, lorsque celui-ci ne contient plus de fœtus et rentre dans le petit bassin, la tuméfaction rénale est des plus manifestes.

Ce fait, qui a été observé dans bien des cas de reins mobiles ou

ÉTUDE CLINIQUE

d’hydronéphroses fermées, en rapport (Martin ‘) ou non avec un rein mobile, peut se rencontrer de même quand il s’agit d’hydronéph rose intermittente.

Dans le cas de Johnson (obs. II), les premiers symptômes de l’affection (douleurs, troubles urinaires) se montrèrent vers le cinquième mois de la première grossesse et la tumeur apparut à la même époque de la deuxième grossesse. Il en fut à peu près de même dans les cas de Wilse, Fagge (Obs. XII), Eger (Obs. XIX), Newman (Obs. XVIII).

De plus, ce qui démontre que rarement la grossesse doit être la cause véritable et unique de l’hydronéphrose ou même du rein mobile, c’est que parfois, comme dans le cas II de Newman, la maladie n’est apparue qu’après le neuvième accouchement ou plusieurs années après la deuxième grossesse (Landau, Obs. XXXII). Enfin, il y a un grand nombre de femmes qui ont des reins mobiles avec ou sans hydronéphrose sans avoir jamais eu d’enfants.

h). D’ailleurs, quand il s’agit d’hydronéphrose intermittente, les grossesses peuvent, absolument comme dans le cas de rein mobile — autre point de rapprochement entre les deux affections, — avoir une certaine influence, en apparence bienfaisante, au moins pendant quelques mois. Le cas d’Eger est tout à fait typique à ce point de vue.

Sa malade, qui avait des crises très fréquentes pendant les quatre premiers mois de sa grossesse, n’éprouva d’abord aucun soulagement et même les accès revinrent presque toutes les semaines; mais, subitement, vers le cinquième mois, ils disparurent tout à fait. Et cette amélioration persista si bien qu’il n’y eut pas une seule crise jusqu’à l’accouchement; la malade ressentait seulement un malaise dans l’aine. Mais, à peine l’utérus fut-il débarrassé de son faix que la tumeur réapparut : la matrice, occupée par le fœtus, masquait la poche et l’amélioration était simplement due à ce que l’hydronéphrose, d’intermittente qu’elle était auparavant, était devenue définitive par compression de l’uretère par l’utérus gravide : ceci explique pourquoi les accès avaient disparu, mais pourquoi aussi il persistait encore un certain malaise. Puis, deux mois après l’accouchement, l’hydronôphrose commença à se vider un beau jour, par petites doses, et, à partir de ce moment, les crises réapparurent comme devant. Les choses se passèrent d’une façon analogue au cours d’une grossesse ultérieure.

Dans d’autres cas, comme dans celui de Johnson par exemple, la gravidité de l’utérus peut n’avoir que des inconvénients, si cet organe n'est pas assez développé pour amener la transformation de fhydro-

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