ÉQUIPEMENT. — FARDEAU
S L EQUIPEMENT.
L'une des réformes qu'a subies depuis quelques années notre défectueux équipement de fantassin, et qui s'étend à toute l'infanterie , consiste dans la substitution du ceinturon en cuir agrafé sur le devant, aux buffleteries croisées de sabre et de giberne. Ce ceinturon, qui soutient la cartouchière , le foiureau de la baïonnette et l'arme blanche, remplace très* avantageusement le porte-giberne et le baudrier, que leurs dimensions et
leur pesanteur rendraient insupportables dans ce pays. La petite cartouchière en cuir, pouvant se placer en avant, en arrière, et mieux sur le côté, est également de beaucoup préférable k la giberne.
Le havre-sac de peau est le même en Algérie qu'en France. Celui nouveau modèle, en cuir noir, ciré, qu'avaient reçu dans Torigine les chasseurs d'Orléans , ana* logue au havre-sac anglais, était moins grand, plus léger que le précédent, et son imperméabilité constituait à nos yeux une véritable amélioration. Mais ce havre-sac n'a fait qu'apparaître, et l'ancien genre a prévalue Le mode particulier de suspension, à l'aide de passants qui rattachent la bretelle du sac au ceinturon, est aussi, ce nous semble, un perfectionnement.
Quant à la couverture de campement que reçoit le soldat, elle est d'une importance extrême (V. tome I, p. 34a); et l'on ne devrait jamais la supprimer dans les expéditions, pour alléger le fardeau : le bon sens du soldat lui-même n'approuve point cette imprudente sollicitude. Il est vrai que la couverture a les inconvénients qui résultent de son volume et de son poids ; mais, pour abriter alternativement des ardeurs du soleil, du .froid et des pluies, quels services ne rendelle pasi En campagne, nous avons quelquefois constaté des différences sensibles dans l'état sanitaire des régiments, suivant qu'ils étaient ou non pourvus de cet effet précieux. Cependant il fallait en diminuer le poids :
' Joarn. mil. off. ann. 18A0. a'sem. p. 696 — Œ Ibid. ann. i845, a* seiu. p. 8^0.
4/i DE L'HYGIENE EN ALGERIE.
et de là Fidée, d'abord de diviser la couverture en deux parties égales; ensuite, de lui substituer une pièce d'étoffe moins pesante et moins perméable à Teau. La couverture étant partagée, le bénéfice en est réduit de moitié : la difficidté n est que tournée. Cest à la toile vernie dont nous avons parlé tout à rbeiu^e, c'est au manteau du chasseur d'Orléans qu'il appartenait de la résoudre.
Le sac de toile est également une pièce d'une incontestable utilité dans les marches. C'est une heureuse idée que de le faire servir de tente, en l'ajoutant à son semblable , après l'avoir décousu et garni de boutonnières, sur l'un de ses côtés. Quelques piquets, ou même deux baïonnettes et deux baguettes de fusil, suffisent à la construction de cet abri pour deux hommes. Ainsi le sac sert à l'usage pour lequel on utilisait, au bivac, le manteau verni. On conçoit, d'après cela, qu'en cas de pluie le chasseur, enveloppé du sac de couchage , s'abritait préférablement sous son manteau, tandis que, pour les autres fantassins, l'abri sous le toit du sac empêche que la couverture ne s'imprègne d'une grande masse d'eau.
L'hygiène peut encore se préoccuper de l'armement considéré par rapport aux qualités qui le rendent plus ou moins portatif. Nous n'en dirons qu'un mot, Pom: notre fusil actuel, modèle de 1 822, qui pèse 4 kilogr. 68, il est, avec celui de l'Autriche, le plus léger des fusils militaires européens; viennent ensuite ceux de Prusse