V. — VÊTEMENT
même , il gravit les sommets escarpés comme il marche dans le désert; il nest arrêté par aucun obstacle, et sa présence seule est la terreur de Tennemi. Or, le costume doit être compté pour quelque chose dans ces résultats. Le zouave, affublé comme notre fantassin, vaudrait-il ce qu'il vaut? Non sans doute. C'est à Tà-propos de toutes les pièces qui composent son vêtement, c'est aux justes proportions de leur ensemble, que le corps des zouaves doit une partie de sa réputation et de sa gloire ; et c'est à des conditions semblables que d'autres corps devront de ne point être siu^passés par lui.
Pour le vêtement de l'officier, nous croyons qu'il devrait être de même forme que celui du soldat, afin de ne point avoir le fatal privilège d'attirer l'attention de l'ennemi. L'homogénéité, l'harmonie de la tenue l'exigent d'ailleurs. Mais, si l'on en juge autrement, il serait bon que la tunique, ou redingote actuelle, fût portée ouverte sur le devant, avec gilet blanc, comme dans la marine. Le fêci, simple bonnet à l'usage de l'officier, est une coiffure sinon irréprochable, du moins assez commode, et certainement préférable au képi.
Il n'est pas besoin d'ajouter que la couleur des diverses parties du nouvel uniforme, notamment de la ceinture et du turban, servirait à la distinction des corps entre eux. Du reste, autant dans l'intérêt sanitaire que par raison d'économie, tous ces changements, s'il arrivait qu'ils fussent admis , pourraient être opérés à l'avance et sur notre continent.
Une réflexîon encore, c est que, si les réformes que nous proposons, ou quelques-unes d'entre elles , étaient utiles pour Tarmée d'Algérie , elles n'auraient pas une utilité moindre pour nos régiments de marine, appelés à braver, dans les pays chauds, les conditions climatériques les plus délétères.
Puisque chaque pays a sa constitution propre et ses lois, ne soyons pas assez imprudents pour le méconnaître, et pour vouloir ne pas changer nous-mêmes, créatures si débiles, quand tout change dans le monde qui nous environne. Si les climats nouveaux sont meurtriers, le danger qu'ils font courir est toujours en raison des moyens employés poiu* en prévenir les effets nuisibles. N'oublions pas combien est grande l'influence de ces moyens.