‹ De l'hygiène en AlgérieChapitre 32 sur 74 · V.— VÊTEMENT · texte numérisé non relu

V.— VÊTEMENT

et sur les pieds , ou dans le creux des aisselles seulement , aussi bien que par Fusage des frictions générales ^

Les frictions dans lesquelles entrerait le mercure seraient un moyen de combattre énergiquement le fléau des insectes parasites; mais, à moins que le mélange ne contienne une proportion considérable de graissé, le mercure est un agent que son activité ne permet point de laisser aux mains du soldat. Toutefois, ici encore, on a remarqué qu'il n est pas nécessaire doindre la périphérie du corps entier, pour obtenir le résidtat que Ton se propose. Sur quelques parties de la peau que soit appliqué Fonguent mercuriel, son action se manifeste à toute la surface cutanée. Il suffit, par exemple, dune étroite ceinture enduite de ce médicament, poiu* guérir de la gale. On pourrait donc se borner à remploi de frictions semblables autour du cou et des poignets , ou bien aux creux axillaires et poplités.

Il est remarquable que ce moyen de combattre les parasites est mis en pratique par des populations arabes. Suivant le voyageiur Ibn-Bat out'a, dans quelques contrées de l'Afrique, « la vermine foiumille, au point qu'on est obligé de porter autoiu* du cou, des ficelles imprégnées de mercure » pour la détruire^. Rhazès, qui consacre un chapitre à ce sujet important, mentionne ce procédé, qui ne trouverait son application qu en des circonstances

' Émery, BalleL gén de ihérap, t. VIII, p. 297 et suiv. ann. i835. — Forgel, ihid, t. XXIV, p. 86, ann. i843.

* Vay. dans le Soudan, trad. fr. par M. G. de Slane; Joum. asiat. sér. IV, t. I, p. 189, ann. i843.

heureusement exceptionnelles. «De iliis autem, dit-il, « quffî eos (pedicuios) qui sunt generati interficiunt, est « argentum vivum extinctum, quando oleo admiscetiu*, « et ex eo cingulum ex filis laneis inungitur, quod super

« se aliquis appendit, aut quo cingitur ' »

De même que les onctions, les frictions de diverse nature furent en grande estime, et dun usage habituel, non-seulement dans la gymnastique et dans Thygiène, mais aussi dans la médecine, chez les anciens^; de même que les onctions, elles ne méritent pas Toubli dans lequel nous les laissons. Combien ne seraient pas utiles les frictions sèches, poiu* tenir lieu d'exercice et pour développer les forces, dans certaines convalescences; pour prévenir les refroidissements et les rétrocessions perspiratoires, que favorise Thumidité; pour tonifier le système des vaisseaux cutanés, et pour donner à tout l'organisme la faculté de réagir plus énergiquement contre l'action des causes pathogéniques ambiantes! Enfin, l'utilité des frictions humides et des pratiques du massage est attestée par l'expérience de tous les jours, dans ce pays. Comme moyens prophylac-

* De re med. lib. VI , cap. xv, éd. lai. 1 544* p- 1 53.

* Hippocrate, De offic. med, S 17, a3, t. III, p. 3a3, 329, éd. Littré (De vict, rat lib. II, III, pass.). — Celse, op. cit. lib. I, cap. m, x;]I,xiy; 111, ix,xxii;IV, m. — Galien, Desanit. tuend. lib. Il, cap. 11 et seq. t. VI, p. 85 et seq.; De meth. med. lib. XI , cap. ix; XII, m, t. X, p. 760, 8a 1 et seq.; Comment, in lib. deArtic. S 3o, 81 ; t. XVIll, pan I, p. 364-365, 397, éd. Kùhn. — Oribase, Collect. medicin. lib. VI, cap. XIII, XVI et seq. — Aétius, Tetrahihl serm. III, cap.i, iv ; IV, XLVi el seq. — Mercuriali, De arte gymnast. lib. I, cap. viii.

tiques , les frictions et les onctions ne sont plus dans nos mœurs; mais puisse cette exclusion de la mode n'être pas sans retoiu*!

Gardons-nous , au moins, d abandonner le précieux usage qui nous reste d'oindre et de fiîctionïier toute la siu^face des pieds avec les graisses, et particulièrement avec le suif, auquel on peut associer Teau-devie. Quil nous sufiBse d'énoncer le fait, car tous les militaires savent que ce genre de précaution est d'une extrême utilité dans les marches. Nous ajouterons seulement que les pieds du soldat devraient être l'objet de visites fréquentes et de soins particuliers. En campagne, les chirurgiens des corps auront toujoiœs à s'applaudir de donner à ces visites et à ces soins une grande attention. Deshonunes spéciaux, des pédicures, étaient chargés de ce service, dans l'armée de Frédéric II ^ Cette mesure, bien simple et d'une exécution facile, diminuerait assurément beaucoup le nombre des éclopés dans les expéditions.

* La Forest, l'Art de soigner les pieds, éd. 1788, p. 167.

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