V. — VÊTEMENT
siècle dernier, combien d'auteurs les ont conseillées comme prophylactiques dans les épidémies M Ce moyen des onctions, ou plutôt des frictions huileuses tièdes, sur toute Thahitude du corps, constitue même ime méthode, celle de Baldwin, pour la préservation et la curation de la peste. (V. Appendice, S viii.) Il est donc permis de croire que, sous cet autre point de vue, et conséquemment dans les localités marécageuses , et pendant les travaux de remuement du sol, les onctions à la siuface cutanée ne seraient pas inutiles à la conservation de Tétat sain.
Les onctions huileuses, soit générales, soit partielles, pourront encore garantir, dans une certaine mesure, de la piqûre des insectes et de Tinvasion des parasites. Tout le monde le sait, car le contact des corps gras a pour effet d'obturer les stigmates de ces animaux, et de les priver de respiration : Thuile tue les insectes; c'est ime remarque bien ancienne^. Ainsi quelquefois en usent les Algériens, et particulièrement les femmes, qui se frictionnent d'huile ou de beurre, dont l'odeiur forte repousse d'ailleurs ces hôtes incommodes. Les voyageurs nous apprennent que cet usage existe en Arabie, en Egypte, dans l'intérieur de l'Afrique. D'autres peuples font, dans le même but, de semblables onctions avec l'huile de palmier ou de genipa, tandis que
' De medicin. lib. I , cap. x. — Raymond , Mém, de la Soc, roy, de méd. ann. 1780-81, p. 77-78.
' Aristote, De hisL anim, lib. VIU, cap. xxvii. — Pline, op, cit. lib. XI, cap. XXI, cxv. — Ëlien, Deanim, nat. lib. IV, cap. xvni.
c est rhuile de noix d acajou qui sert de prophylactique aux nègres et aux mulâtres des Antilles, contre la maladie produite par la chique^; ou bien encore c'est rhuile de carapa ou de raucou que les indigènes emploient à cet effet ^.
Considérées comme agent curatif , les onctions ou les frictions d'huile pure ou camphrée sont des moyens consacrés dans les cas de piqûre ou de morsiu*e de divers insectes. Néanmoins, pour les piqûres d'abeilles, de guêpes, de frelons, l'extraction de l'aiguillon, selon le procédé de Swammerdam , passe avant tout^. On les a préconisées contre la morsure de la vipère; mais l'ammoniaque administrée à l'intérieur et à l'extérieur est un moyen préférable , qui d'ailleurs n'exclut pas l'emploi de ventouses et de la cautérisation. Les onctions ne suffisent même point contre la piqûre du scorpion, qui nécessite également une légère cautérisation. Enfin, n'est-ce pas ainsi qu'agit Fhuile d'olives en onctions, conseillée par Delpech pour la curation de la gale^? L'expérience apprend, en outre, que la guérison de toutes les vésicules s'obtient par l'application du médicament antipsorique sur les parties affectées par le sarcopte, et même sur la face palmaire des mains, comme dans l'emploi de la poudre de P^horel; ou sur les mains
* Labat, Ann. de la méd. physiol. (par F. J. V. Broussais) t. XXIll, p. Ail* ann. i833.
* H. Cloquet, Dict. de méd. éd. i8ai-a8, t. V, p. i4i-i4a. ' Orfila, Traité de toxicol éd. i843. t. II. p. 685.
* Rev. méd. ann. 1827, t. II, p. i^g.