S I. HISTORIQUE
Les peuples guerriers, en perfectionnant leurs institutions, ont toujoiœs compris que la tenue militaire devait différer du costume civil; et tous ont cherché, par divers moyens, à revêtir leiu^s soldats d'un habillement qui fût homogène, et propre aux usages de la guerre. Mais le nombre même de ces moyens essayés, adoptés et délaissés toiu* à tour, suivant le temps, les lieux et les mœiu*s, prouve assez combien le problème est difficile à résoudre. Jetons un rapide coup d'œil sur ces intéressantes transformations du vêtement, chez les anciens et chez les modernes.
I. ANCIENS. — Les Grecs portaient, sous leur armure, une tunique de laine à manches étroites, et s'enveloppaient, au besoin, d'un manteau fixé sur Tépaide gauche. Cette espèce de pallium prenait quelquefois le nom de x^ajxv?; et, alors, il répondait, à ce qu'il paraît, au paludamentum romain , sorte de cotte d'armes de distinction, destinée aux officiers, et venue d'Ëtrurie, si l'on en croit Florus^ La tunique des légionnaires romains était à manches courtes et laides, et descendait jusqu'aux genoux : leur vêtement militaire, en laine grossière, qui s'agrafait sur l'épaule droite, était le sagum ou sagulam, alors en usage chez les Gaidois, les Bretons, les Germains, les Espagnols, et que les
^ Epitom. rer. rom. lib. I, cap. v.
Romains adoptèrent. Pendant les deux ou trois premiers siècles de Rome , ils avaient combattu sous la toge ; et plus tard encore , ce vêtement ne fut pas tout à fait abandonné dans l'armée *. Mais la saie devint Thabit de guerre, comme la toge était Thabit de paix. Seulement, celle des Gaulois, fermée siu* le devant , et descendant jusqu'aux genoux f était à manches, et celle des Romains n'en avait pas, à ce que dit Montfaucon*. La braie gaidoise, 6racca, sorte de haut-de-chausse, encore usitée dans la basse Bretagne, l'Auvergne, la Suisse, ne s'introduisit que vers le commencement de l'empire. Elle était longue et d'une ampleur extrême; tandis que l'espèce de culotte ou de caleçon que les Romains appelaient campestre ou campeste, qui servait aux exercices du champ de Mars, et qui fut plus spécialement affectée à l'homme de cheval, était très-étroite, et n'allait que du nombril aux genoux.
Le manteau d'hiver, à l'usage des sentinelles romaines, était ouvert seulement par le haut, et siu*monté d'un capuchon. Il prenait le nom de penula, semblable au <pev6kri$ des Grecs; la lœna correspondait à la ^(kàXvaL, La lacema, le birrhas, de même que Yè(pe</lpk, selon Suidas*, étaient encore des manteaux de campagne , fort analogues aux précédents. Les lUyriens, les Gaidois, et, chez ceux-ci, les Bardes, con-
^ Le Beau, Mém. de l'Acad. des Inscript t. XXXIX, p. 5io-5ii; ann. 1777.
* L'antiq, expliq. éd. 1719-24* t. ED, part, i, p. 83-84. ' Éd. 1705. t. III, p. 591, 674; 1. 1, p. 920.