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Diagnostic
D'abord on peut écarter toutes lestumeurs solides qui sont susceptibles d’être rencontrées dans cette région, Car rien qne le symptôme; fluctuation, existant dès le début prouve qu'on a bien affaire à une collection liquide: Cependant comme quelquefois la fluctuation est difficile à percevoir il ne faudrait pas oublier la présence possible d'un lipome musculaire ou un oôstéo-sarcome de l’humérus au début.
Cette tumeur contient-elle du pus, du sang, de la sérosité soit normale, soit altérée ?
On peut de suite éliminer l’idée d’abcès chaud car la marche de l'hygroma bacillaire n'est pas celle d’une lésion inflammatoire aiguë.
Le diagnostic avec l’abcès froïd est plus difficile; cependant l’abcès froid est en général moins circonscrit que l’hygroma ; de plus pendant toute la durée de l’évolution, même pendant la période prodromique, on constate un point osseux douloureux qui existe encore lorsque l’abcès froid produit les troubles pour lesquels le malade consulte le méde-
= = cin. Ces points douloureux siègent de préférence pour l'abcès froid au niveau de l'angle externe de l'omoplate où au niveau de la tubérosité de l'humérus ; dans l’hygroma les points douloureux, lorsqu'ils existent, se trouvent du moins le plus fréquent, au niveau de l'insertion inférieure du deltoïde.
L'épanchement sanguin peut encore être confondu avec l'hygroma sous-deltoïdien mais en général le premier est consécutif à un violent traumatisme de l'épaule et acquiert très rapidement, en quelques heures son volume définitif. De plus il est aceompagné de tous lessignes de la contusion. Il n'y aurait qu'un épanchement spontané et lent provenant chez un hémophilique ou un scorbüutique qui pourrait réellement induire en erreur.
Est-ce un hygroma contenant de la sérosité pure ou de la sérosité sanguinolente ou purulente ? Une ponction exploratrice est indispensable pour poser un diagnostic ferme.
La perception de la crépitation met encore dans ces divers cas sur la voie du diagnostic mais si l’on avait affaire à un kyste hydatique il faudrait avoir encore recours à la ponction pour se prononcer.
Une autre affection peut-être également confondue avec l'hygroma sous-deltoïdien : c’est l’arthrite scapulo-humérale mais dans l’hygroma le gonftement n’occupe pas tout le moignon de l'épaule, il est limité à la partie antéro-interne de l'articulation. Les
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mouvements sont en outre plus compromis dans l'arthrite et tous en général sont limités ou douloureux, tandis que dans l'hygroma, le plus habituelle- -ment,seulsles mouvements nécessitant la contraction du deltoïde sont limités et douloureux, Dans l’arthrite les mouvements actifs sont impossibles à cause de la douleur ; pour l’hygronra le malade peut mouvoir le bras dans tous les sens, moins aisément il est vrai, l'élévation cependant ne dépasse pas une certaine limite.
Enfin l’hygroma aigu'à une évolution bien plus rapide, est presque toujours conséeulif à un traumatisme, à un mouvement forcé, à une cause quelconque ayant pu réveiller chez le sujet la diathèse rhumalismale ; l’impotence fonctionnelle et la douleur sont plus accusées que dans l'hygroma à grains riziformes ; de plus il manque la crépitation.
L’hygroma chronique, la périarthrite scapulohumérale, succède souvent àun traumatisme plus ou moins récent, ou à un hygroma aigu ; la crépitation, l’impotence plus ou moins absolue, l'évolution, les antécédents sont de précieux auxiliaires pour le différencier de l’hygroma tuberculeux.
Pronostic
Le pronostic de l’hygroma tuberculeux est toujours assez grave et doit être réservé, sinon pour le présent, parce qu'il ne compromet pas immédiatement la vie du patient, du moins pour l’aveniret cela que l’on considère cette affection au point de vue des conséquences futures tant locales que générales.
De prime abord le pronostic de l’hygroma parait bénin ; mais si on examine ce qui se passe du côté de l'épaule et du bras on s'aperçoit qu’il doit être réservé. Plus le volume de l’hygroma augmente plus les fonctions du membre se trouvent compromises et il arrive un moment où l'individu atteint de cette affection est frappé d'impotence fonctionnelle absolue du bras, qui est immobilisé, accolé à la paroi thoracique.
Supposons en outre que l’hygroma vienne à être infecté par une cause quelconque, maladie infectieuse, piqûres, traumatismes de diverses natures et l'on est en présence d'un foyer suppuré voisin d’un organe important, l'articulation de l'épaule, donc
= dé: +.
menace continuelle d’arthrite purulente dont nous
n’avons pas ici à exposer tous les dangers.
Enfin au point de vue des conséquences par
rapport à l’état général de l'individu, l’hygroma bacillaire est également assez sévère vu que le malade est porteur d’une tuberculose locale qui, un jour ou l’autre, peut se généraliser soit du côté des poumons, soit du côté des organes abdominaux ou même du cerveau. ;
Si maintenant on opère l’hygroma bacillaire, il faut encore étre réservé sur les suites, sinon précoces, du moins tardives de l’opération. Il y a eu choc opératoire et en outre pour peu qu'il soit resté quelque petit débri de fongosités dans un diverticule on peut assister à l’évolution d'une lésion tuberculeuse soit osseuse du côté de l’humérus, soit articulaire dans l'articulation scapulo-humérale. On est alors en présence d’ostéite bacillaire de l’humérus ou d’arthrite de même nature de l'épaule, de la scapulalgie qui ont un caractère de gravité bien plus sérieux. Plusieurs années peuvent s’écouler avant l'apparition de ces manifestations bacillaires.
C’est ce qui se produisit pour un malade qu'avait opéré M. Tillaux d’un hygroma sous-deltoïdien, dont il n'avait pas soupçonné la nature bacillaire,et auquel il dut faire dix ans après une résection de l'épaule pour tuberculose humérale.
Done, de toutes facons, pronostic sérieux et reservé même après opération et guérison opératoire.
Traitement
Doit-on avoir recours aux revulsifs ordinaires, teinture d’iode, vésicatoires volants, pointes de feu, etc... ? Peut-être tout-à-fait au début, lorsque les malades n’accusent qu'une douleur légère produite par les mouvements, obtiendrait-on en les associant au repos quelque résultat avec ces procédés, Or, on est. habituellement consulté lorsque le gonflement du moignon de l'épaule est déjà fort accusé, c’est-à-dire que la maladie évolue depuis longtemps ; dans ces cas ces procédés de révulsion sont restés sans succès.
La ponction suivie d'injection d’un liquide caustique et irritant dans la poche kystique, teinture d’iode par moitié; solution de chlorure de zine au dixième, ete. ont donné de bons résultats dans les mains de MM. Robert et Gosselin. Ce procédé n'est pas à l'abri de tout reproche, car outre qu’il expose à l'infection de la poche, moins maintenant grâce à l’antisepsie, il a encore l'inconvénient suivant :
On n'est pas certain d’avoir vidé totalement la poche de son contenu, liquide, grains riziformes
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et le malade est toujours menacé de récidive possible.
Le traitement auquel actuellement on doit avoir recours est l’incision et l’excision totale de la poche ; dans les cas où des prolongements ne pourraient être excisés, 1l faudrait les gratter avec soin au moyen d’une curette.
Là ne doit pas se borner le traitement car,le plus tôt possible après l'opération, il faut mobiliser l'épaule et le bras pour éviter la pseudo-ankylose qui surviendraitrapidementaprès une immobilisation un peu prolongée. On pourra également employer le massage, les frictions, les douches sulfureuses et l’électricité.
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à Corclusions
L'hygroma sous-deltoïdien à grains riziformes est: Une affection assez rare qui se voit de préférence chez l'homme adulte ;
Son évolution est lente et insidieuse, se déclarant chez des personnes paraissant indemnes de tuberculose ;
D'un diagnostic parfois très difficile ;
Toujours de nature tuberculeuse et de ce fait comporte un pronostic réservé pour le présent et l'avenir.
Si l’on n'opère pas ces hygromas,les malades sont voués à une impotence absolue du bras et de plus portent continuellement un foyer bacillaire avec dangers de généralisation.
Le traitement doit être chirurgical : il faut inciser et exciser totalement la poche kystique bacillaire, et soumettre rapidement après la guérison opératoire le malade à une gymnastique approprite (mouvements de l'épaule, massage, frictions, douches, élec-
Richard 4
tricité, ete...) pour éviter l'ankylose et l'atrophie du deltoïde.
Enfin ultérieurement on peut voir. évoluer une lésion tuberculeuse dans un point voisin ou sous- -jacent à l'hygroma bacillaire,
Le Président de la Thèse Vu : le Doyen, TILLAUX.