OBSERVATION XVIII
Paralysie agitante. Hyoscyamine. Manie hystérique.
(Note communiquée par mon collègue et ami Bourneville.)
Catherine Metzg.., 33 ans, est entrée le 19 août 1869 à l’hôpital St-Louis, salle St-Jean n° 57 ( service de M. Hardy). Elle présente tout l’ensemble symptomatique de la paralysie agitante : tremblement des membres, de la tête, ne cessant que peu dans le sommeil, augmentant dans les mouvements ou sous l’influence d’une émotion ; obtusion de la physionomie, légère raideur du cou ; attitude spéciale durant la marche, parfois propulsion irrésistible. Accès des sueurs très-abondantes, etc. Par moments elle a des crises hystéi iformes dans lesquelles elle rit bruyamment.
16 octobre. Injection de cinq gouttes d’une solution d’hyoscyamine au 100*.
18 et 19 octobre. Même traitement. Aucun phénomène particulier.
20 octobre. Injection de sept gouttes. Les pupilles, moyenne ment dilatées avant l’opération, sont restées les mêmes. Pouls k 64. — Vingt minutes plus tard, même état des pupilles et du pouls. — Une heure après, pouls à 72.
21 octobre. Injection de huit gouttes. Pas de changement des pupilles. — 22 octobre. Injection de deux gouttes. La malade déclare trembler un peu moins ; mais, pour nous, la modification est peu sensible.
23 octobre. Injection de 12 gouttes. Rien de spécial. Elle a depuis deux jours ses accès de fou rire. — 24, 25, 26 octobre. injection de 12 gouttes.
27 octobre. Injection de 14 gouttes. Dès avant l’injection, pupilles notablement dilatées. La malade ne paraît éprouver aucun phénomène spécial. Jamais les piqûres n’ont été suivies de rougeur ou de gonflement.
A partir du 28 octobre la malade a présenté des accidents maniaques et hystériques de plus en plus intenses et on a été obligé de l’envoyer dans un établissement d’aliénées.