‹ De l'Hypertension au cours des Irido CyclitesChapitre 15 sur 24 · RP): EE · texte numérisé non relu

RP): EE

Au point de vue général rien à signaler, ainsi que : dans les antécédents. La tension artérielle est de 19-9 au Vaquez. Le Wassermann est négatif. Néanmoins le malade signale que depuis l’âge de 16 ans, il a des rougeurs de cet œil et quül larmoie de temps en temps sans cause apparente.

On prescrit du collyre à la pilocarpine toutes les deux heures; lésérine le matin et le soir, 20 piqûres de cyanure Hg intra-veineux. La tension baisse progressivement, en deux mois la vision est 9/10 comme auparavant. Le malade est examiné une fois par mois.

Le 17 mai 1927, il refait une poussée hypertensive TOD — 45 mm. Hg; TOG —= 28 mm. Hg; au Mac Lean. VOD — 9/10. Le champ visuel est normal.

Sous linfluence des myotiques instillés toutes les deux

heures et des injections intra-veineuses de cyanure, la tension baisse fprogressivement et en 10 jours redevient normale.

‘ Notons toujours de contraste entre la persistance d’une très bonne acuité visuelle TOD = 9/10 et l’existence d’une buée endolhéliole de la cornée très nette au microscope et des précipités de descemelite.

En juillet 1927, il a une tension oculaire normale, et fait une poussée d’épisclérite de l’angle interne de LOD: 2%

Toute trace de descemetite a disparu.

Durant lannée 1928, l’œil droit reste normal avec acuité de I. |

Le 27 octobre, le malade va bien. Puis trois mois après les crises douloureuses réapparaissent, même acui- té, ia tension, s'élève à 40 mm. Hg au Mac Léan, Or

prescrit de l’ésérine en plus du collyre à la pilocarpine que le malade met dans son œil droit deux fois par jour quotidiennement. Le 15 novembre, 35 mm. Hg au Mac Lean VOD = 9/10.

Le 22 novembre 1927, 25 mm. Hg au Mac Lean.

TOD — 25 mm. Hg au Mac Lean; TOD — 18 mm. Hg au Mac Lean.

Le malade se fait surveiller régulièrement.

Les crises s’espacent, gardant les mêmes caractères subjectifs et objectifs sans disparaître complètement; le malade en signale au printemps et en automne des années 1927 et ‘1928.

Cet état se maintient jusqu’en avril 1929. |

Il présente alors un léger brouillard de OD avec céphalée.

Il se fait alors hospitaliser, sa tension dépassant 80 au Schiôtz, on décide de lopérer.

L’œil est blanc.

La pilocarpine est prescrite toutes les deux heures en instillations dans l'œil droit principalement, une injection intra-veineuse de cyanure est faite tous les deux jours; en huit jours la tension redescend à 25, on diffère l'opération, on n’opère pas le malade, l’amélioration se maintient, le malade sort huit jours après.

On constate à l'examen biomicroscopique qu'il n’y a pas de descemetite mais persistance d’une légère buée endolhéliale qui n'empêche pas la conservation d’une acuité de H.

Depuis il est revenu voir le Dr Veil qui le suit.

Le 30 mai 1930, la tension est de 0/7,5 au niveau de OD.

Le, LA La cornée est troublé.

OD = 5/10 faible. :

On prescrit la pilocarpine six fois par jour et des injections de cyanure de Hg intra-veineuses. Il en reçoit 15 en tout.

Le 31 mai TOD est de 80 mm. Hg au Mac Lean; VOD = 5/10.

Le 3 juin TOD = 66 mm. Hg au Mac Lean; NOD = 10

Le 5 juin l’amélioration progresse, l’acuité est de 9/10, T à 30 mm. Hg au Mac Lean.

Le 23 juillet, OD — 9/10.

Le 10 janvier 1931 VOD — 9/10 faible. La tension est normale. VOG — 10/10 faible.

L'œil est blane, la pupille en dilatation moyenne à droite. Réagit parfaitement à la lumière, à l'accomodation à gauche; le champ visuel est normal.

Au microscope on voit une descemetite discrète sur la face postérieure de la cornée tiers inférieur et à droite, et quelques points dans laire pupillaire. La : cornée est transparente, pas d’œdème, pas de buée endolhéliale.

En résumé chez ce malade observé depuis trois ans, on a constaté: 4 poussées d'hypertonies; la première avec alternatives d’élévation et d’abaissement de la tension a duré près de deux mois.

La deuxième: 10 jours.

La troisième: 12 jours.

La quatrième: 6 jours.

. Dans l'intervalle le malade a toujours été surveillé et n'a présenté aucun phénomène glaucomateux.

Actuellement l'œil reste tout à fait. normal sans aucune sequelle. C’est par l'examen biomicroscopique seul que le diagnostic de glaucome secondaire a une cyclite a pu être établi.

5e Observation personnelle.

Monsieur K..., étudiant en médecine, âgé de 21 ans est adressé dans le service de clinique ophtalmologique par M. le Professeur Rathery, lé 15 janvier 1931, depuis une dizaine de jours environ. Ce jeune homme présentait des troubles visuels de l'œil gauche caractérisés par une baisse marquée d’acuité visuelle, par des douleurs orbitaires et périorbitaires.

L'examen fonctionnel de OG montre une diminution assez accusée de l’acuité visuelle 6/10 non améliorée par les verres, le champ visuel est normal.

Il existe une légère infection conjonctivale, une très légère injection périkératique inférieure entre 8 heures et 5 heures. ;

L'iris ne paraît pas décoloré. Le contour pupillaire est régulier, la pupille est en mydriase moyenne mais réagit mal à la lumière. |

-La chambre antérieure n’est pas effacée, à la loupe on distingue une descemetite abondante dans tout le

de AT ROSE L

tiers inférieur de la cornée, et les leucocytes sont tellement abondants qu'on a l'impression d’avoir une cornée piquetée.

Le tonus de cet œil gauche pris au Baïllard donne 39 min: Hg.

L'examen ophtalmoscopique possible malgré l'étendue des précipités de la face postérieure de la cornée, montre un fond d'œil normal.

L’examen au microscope cornéen et à la lampe à. fente confirme la descemetile importante couvrant la partie moyenne et inférieure de la cornée. Les contours de l'iris sont réguliers, sa structure parait normale, pas de pigments sur la cristalloïide antérieure. La cornée présente une légère buée endolhéliale. |

Cet examen permet de conclure à un glaucome secondaire à une cyclite.

L’œil droit à une acuité de 10/10 et n’a jamais présenté aucune altération de tonus, il est normal au microscope cornéen.

L'examen général du malade ne montre aucune lésion du cœur ou du poumon.

Malgré un Bordet-Wassermann négatif, on prescrit des injections intra-eineuses de cyanure de. mercure, et l’instillation d'un collyre au sulfate d’atropine une goutte une fois par jour.

La pupille se laisse dilater facilement.

On ne constate aucune amélioration, ni au point de vue tonométrique, ni au point de vue acuité; c’est pourquoi on remplace l’atropine par la pilocarpine à Ogr. 20 pour 10 grammes d’eau deux fois par jour; le malade présente au bout de huit jours une amélioration de son œil gauche qui va s’accentuant de jour en jour.

RTE

Les examens soigneux de laboratoires révélèrent il ÿ a un an quelques colibacilles dans les urines, le malade présentait depuis le mois de janvier 1930, des troubles gastro-intestinaux, avec alternatives de conslipation et de débacles diahréïiques, pas de température, l’appétil était conservé.

Les troubles gastro-intestinaux coïncidaient d’ailleurs avec des poussées inflammatoires de OG, survenant à plusieurs reprises depuis un an, avec des intervalles de deux à trois mois. La durée était de huit à dix jours, puis tout rentrait dans l’ordre. C’est à ce moment que l’on trouve quelques colibacilles dans les urines. On peut penser que c’est au même colibacille que lon peut imputer cette cyclite, et expliquer la genèse de cette dernière par des métastases microbiennes, à point de départ intestinal; le malade est d’ailleurs traité dans ce sens et présente actuellement une amélioration de son état général.

Le 25 janvier 1931, l’acuité visuelle de OG est remontée à 9/10 sans correction. Le champ visuel est normal, la tension au Baïllard est de 25 mill. Hg. Les précipités de descemetite sont réduits à quelques éléments. Les instillations à la pilocarpine sont régulièrement continuées. En résumé on se trouve en présence d’une cyclite unilatérale avec hypertension consécutive chez un jeune homme de 21 ans. L’infection ciliaire semblant reconnaître une origine colibacillaire.

Là encore les phénomènes glaucomateux tenaient la première place et seule la présence de précipités de descemetite permet de préciser la nature de l’hypertension.

L'atropine a été mal supportée, la pilocarpine as-

w | | — 34 — sociée aux injections intra-veineuses de cyanure de mercure a donné un résultat rapidement favorable.

6e Observation personnelle.

Mademoiselle V..., âgée de 34 ans, martiniquaise d'origine, a été hospitalisée le 17 décembre 1930 dans le service ophtalmologique de lHôtel-Dieu à la demande du docteur Velter.

La malade était venue d’abord consulter à Saint- Antoine parce que depuis quatre jours elle ressentait de fortes douleurs oculaires et périorbitaires au niveau de lœil droit, de la céphalée frontale à droite. Ces douleurs intolérables étaient apparues à la mi-octobre de la même année avec baisse d’acuité progressive, la malade distinguait faiblement la main à 0 m. 20.

Le matin de son hospitalisation: 17 décembre 1930, l’œil droit présente une injection périkératique modérée, la cornée est légèrement trouble, la pupille est un peu plus dilatée que l’autre et réagit paresseusement.

Le fond de l'œil est inexplorable. Le champ visuel présente au périmètre un rétrécissement nasal.

L'œil est dur au doigt, au tonomètre de Schiôtz on trouve 33 mm. Hg de tension avec un poids de 7,5. La sensibilité cornéenne est diminuée. L’œil gauche a une acuité de 19/10 avec un verre de -1 à 0°. Le fonds de l'œil est normal.

Les réflexes photo-moteurs sont normaux. L'iris est normal, la chambre antérieure est assez profonde. On porte le diagnostic de glaucome de l’œil droit. L’examen biomocroscopique à la lampe à fente avec le plus

à ! — 355 — ‘ cs faible grossissement permet de constater l'existence d'une descemetite nette au 1/3 inférieure de la face postérieure de la cornée, il y a en outre des dépôts de pigments assez abondants sur la cristalloïde antérieure, Le contour pupillaire est régulier sans synéchies, l'iris est normal. La cornée en diaphanonscopie présente une légère buée endothéliale, L’examen biomicroscopique en nous faisant percevoir la descemetite non visible autrement, nous permet de porter le diagnostic de glaucome secondaire à une irido-cyclite. Sans le microscope cornéen et la lampe à fente nour aurions dit glaucome primitif subaigu. Chez cette malade rien à signaler au point de vue général ni dans les antécédents. Le Wassermann est négatif. Les 18-19-30 décembre, la tension oculaire de l'œil droit étant de. 39 mill. Hg avec 1 poids de 7,5 la malade reçoit deux fois par jour l'instillation d’un collyre à la pilocarpine de 2 0/0.

Le 20 décembre pas d'amélioration, la malade souffre beaucoup. Le Dr Renard fait une ponction à la pique et la malade reçoit une goutte d’atropine. La mydriase est moyenne.

Le 21 décembre, légère amélioration, la malade ne recoit aucun collyre.

Le 22 décembre, la tension de TOD avec poids de ET est de 30 mm. Hg, la pupille est modérément dilatée.

On remet de la pilocarpine deux fois par jour à 2 0/0.

La tension,de TOG = 22 mm. Hg avec poids de 7,5.

Le 23 décembre 1930, on instille toujours de la pilocarpine. |

Le 24 décembre À Le 25 décembre » pas de pilocarpine, on instille un Le 26 décembre collyre -à la dionine, les douleurs se calment, l’acuité est toujours très basse, la tension se maintient au même

chiffre.

Les 27, 28, 29, 30, 31 décembre, 1er, 2, 3 janvier 1931, pas de collyre mais compresses chaudes et injections de Gy Hg intra-veineux. Continuation les jours suivants.

Le 4 janvier 1931, ventouse à la tempe droite. On remet de la pilocarpine une fois par jour.

Les 5, 6 janvier, même traitement, même état.

Le 7 janvier, on supprime de nouveau la pilocarpine.

Ou fait faire toujours des compresses chaudes, collyre à la dionine une fois par jour.

Pour OG l’acuité est de 10/10 avec -1 a O.

Les différents viscères ne présentent rien d’anormal. La tension artérielle est de 12,9 au V.

Les 8, :9,%10; 11, 12 et 13 janvier, l’acuité est meilleure, la malade compte les doigts à O0 m. 30. On ne peut prendre le champ visuel, les douleurs persistent la nuit.

Le 15 janvier, on fait une injection sous-conjonctivale d’adrénaline au millième. La pupille se dilate, le fond de l'œil est visible, l’acuité est de 1/10.

Du 16 au 19 janvier, atropine une fois par jour.

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Du 19 au 31 pas de collyre, l’acuité est de 2/10, la tenion est à 28 mm. Hg au Schiôtz avec un poids de 7,5.

Du 2 au 6 février, on instille de. la pilocarpine à 2 0/0 deux fois par jour, l’acuité est de 4/10, la tension de 26 mm..Hg au Schiôtz avec un poids de 7,5.

La malade a de temps en temps quelques douleurs lancinantes.

Le 9 février. l’acuité est de 5/10, la tension est normale, le dernier examen au microscope révèle une descemetite discrète dans le 1/3 inférieur de la cornée, pas d’œdème à la cornée.

La malade sort de l'hôpital.

Elle devra alternativement mettre de l’homatropine

3 0/0 et de la pilocarpine à 2 0/0 dans son œil

En résumé on s’est trouvé en présence d’un glaucome subaigu avec irido-cyclite révélée par le microscope cornéen très améliorée par l’atropine et la pilocarpine alternées et par injections intra-veineuses de Cy Hg de mercure. La pilocarpine a donné de meilleurs résultats que l’atropine.

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