CHAPITRE Il
ETIOLOGIE -— EVOLUTION
Les malades observés en nombre égal, hommes et femmes, sont des adultes jeunes, 20 à 25 ans, soit des malades plus âgés, mais ne dépassant pas la cinquantaine, on ne peut guère avec Malling reconnaître que l'affection atteint surtout le sexe masculin, ni parler de bilatéralité. Les cas que nous avons relevés, et nous pouvons dire que les deux yeux étaient examinés en même temps avec une attention égale, montraient toujours une atteinte unilatérale avec intégrité complète de l’œil opposé.
Les malades, le plus souvent, se présentaient pour un symptôme: subjectif unique, apparu brusquement, la diminution progressive et constante de l’acuité visuelle.
Ce trouble apparaissait ordinairement le matin sous forme de brouillard, se dissipant au cours de la journée. Cet état sé maintient pendant quinze jours à un
era
mois. Puis ce brouillard devient plus persistant, s’accompagne d’éblouissement de cercles colorés, lorsque l'individu fixe une lumière.
Cet état s'accompagne aussi de douleurs périorbitaires et orbitaires, ainsi que de céphalée hémifrontale.
Pas de phobophobie, ni de larmoiïement. Le malade présente du côté malade :
Un œil blanc, une légère injection périkératique peut exister, mais il faut la rechercher avec soin, nous devons ajouter que cette injection n’occupe souvent qu’un segment du cadran oculaire.
La conjonctive garde le plus souvent sa blancheur nacrée. L'iris, dans son ensemble, ne semble pas infiltré; sa couleur, son dessin, ne semble pas changé, en comparant avec le côté opposé. Le bord pupillaire net peut présenter une petite synéchie, visible surtout après dilatation. L’iris est normal plus souvent lorsque la cyclite est pure. Les réflexes à la lumière sont diminués.
‘Le cristallin a une transparence absolue. La cornée légèrement trouble peut montrer la présence de précipités sur sa face postérieure, mais seulement lorsqu’ils sont très abondants. Les milieux sont transparents et le fond de l’œil, par l’examen ophtalmoscopique, peut être vu en détail, soit à l’image droite, soit à l’image renversée. >
Cet examen toujours complété par le microscope cornéen et la lampe à fente, révèle les précipités de descemetite et de la buée endothéliale.
CAR, à REA
Caractère de ces précipités
Ces précipités localisés en regard de l’aire pupillaire ne se disposent pas suivant la forme triangulaire habituelle à la partie inférieure de la cornée, le maximum étant à la partie la plus élevée de la membrane ils peuvent même occuper le milieu de la face postérieure de la cornée. L’humeur aqueuse est en mouvement perpétuel, un courant continu s’y produit dans le sens suivant : l'humeur monte devant l'iris et descend derrière la cornée, ce courant provient de la différence de température qui existe entre la cornée constamment refroidie par le milieu extérieur et l'iris dont la température est presque égale à celle du rest: de l’organisme. La vitesse du courant de conversion est de 1 mm. par à ou 4 secondes. La viscosité modifie naturellement la rapidité du courant. Ea teneur en albumine qui augmente dans les inflammations ralentit le courant, quand elle atteint 2 % celui-ci s'arrête. L’humeur aqueuse pathologique est une solution colloïdale qui s’illumine au passage du faisceau de la lampe à fente et ceci d'autant plus nettement que sa teneur en protéine est plus forte. La biomicroscopie met en évidence les modifications suivantes : troubles nuageux, troubles granuleux avec filaments fibrineux, conséquences de l’inflammation de liris et du corps ciliaire.
La formation des précipités dans l'humeur aqueuse et leur adhérence à la face postérieure de la cornée
peuvent être expliquées au point de vue physico-
Te
chimique : la tension superficiell, l’état électrique des membranes et la concentration ionique du milieu conditionnent Ja floculation et l’adhérence des précipités à la face postérieure de la cornée.
Il existe souvent consécutivement à inflammation de l'iris un déplacement de pigment. Mais c’est surtout au niveau du sphincter, vers le bord pupillaire, que l'on trouve de gros fragments, de pigments, ces gros
zone du sphincter et venant se déposer dans le champ pupillaire sur la cristalloïde antérieure. Par endroit le bord pupillaire est ainsi amputé d’une portion plus ou’ moins grande de son épithélium pigmentaire, et alors l'iris est flou, son aspect est pelucheux, on distingue mal les trubécules.
Dans l’ensemble on n’observe pas la fine poussière pigmentaire caractéristique du glaucome, primitif ce pigment provient du feuillet pigmentaire, irien, qui s’atrophie de plus en plus.
EvoLUTION
Ces crises d’hypertension apparues brusquement, ne sont en réalité que les étapes différentes d’une même infection entraînant l’altération fonctionnelle du corps ciliaire.
La cyclite originelle ayant souvent passé .inaperçue, lorsque le malade vient consulter, ou bien lorsque les troubles antérieurs remontent à une époque assez
TA
éloignée, on se trouve en présence d’une hypertension, sans autres signes accessoires.
Un temps plus ou moins long s'écoule entre les différents épisodes — quelques mois à plusieurs années — périodes pendant lesquelles le malade ne présente aucun signe subjectif ou objectif après examen attentif. |
L’hypertension surveillée régulièrement cède le plus souvent à un traitement énergique que nous discuterons plus loin, avec des alternatives de recrudescence et d'amélioration, amenant les variations de l’acuité, en raison inverse, de l'hypertension même.
Les douleurs qui parfois accompagnent lhypertension, très vives, subsistent longtemps maïs très atténuées lorsque la tension est revenue à la normale.
L'état général est souvent atteint, le colibacille souvent en cause peut être décelé au niveau du tube digestif de l’appareil urinaire.
La spécificité soupconnée peut être révélée par des examens de laboratoires, par les antécédents.
La bacillose discrète, ancienne, révélée par la radio, par la présence d’adénopathies ou de cicatrices eutanées, enfin le zona. à
Au cours des études de la tension oculaire dans le zona ophtalmique, on a constaté que la tension oculaire était diminuée. Hartmann, dans sa thèse sur la neurotomie rétrogasserienne, a montré en effet que Jabaissement de la tension oculaire du côté de l'œil opéré était un fait habituel et durable et qu’il était plus fréquent et plus important quand une kératite
neuroparalytique s’installait. Le zona ophtalmique peut en quelque sorte se comparer à la neurotomie rétro-gasserienne puisqu'il donne lui aussi une anesthésie cornéenne et une kératite qui a bien des ressemblances avec la kératite neuroparalytique d’hypotonie a en effet été notée dans maintes observations.
Horner Goldzicher signale l'apparition d’une hypotonie très marquée au cours du zona. Rollet et Colrat rapportent une observation d’ulcère de la cornée avec hypotonie oculaire apparue tardivement au cours d’un zona ophtalmique droit. Il s'agissait d’un véri- ‘table abcès de la cornée traité par la galvano-cautérisation. L’ulcère guéri la tension à OD—12 à OG— 25 mm. Hg du Mac Lean.
À ce propos, il faut remarquer que l’hypotonie est fréquente dans le zona ophtalmique et détermine parfois une véritable ophtalmomalacie.
Quant à l’hypertension au cours du zona peu d’auteurs en font l’objet d’une mention. Un travail intéressant a été publié par le docteur Morax à propos de deux observations de types différents recueillies dans son service à Lariboisière.
Dans la première il s’agissait d’un zona ophtalmique gauche compliqué d’irido-cyclite, chez une dame ayant un glaucome chronique bilatéral. Gette affec- ‘ion ne s'était manifestée par aucun symptôme, Le zona du côté droit a provoqué de ce côté une poussée hypertensive telle que TOD—60 alors que TOG—31 mm. Hg. Une scléro-iridectomie a été rendue nécessaire par la persistante de l'hypertension.
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