‹ De L'Hypertrophie De La Rate Dans Les Maladies Du CœurChapitre 5 sur 17 · NUS · texte numérisé non relu

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malade, des sensations douloureuses plus ou moins accentuées. Enfin Piorry nous dit, dans son Traité de plénimétrisme, que la rate est souvent et très souvent douloureuse particulièrement à la partie inférieure de l'organe, près du rebord costal, et que le point douloureux quil est difficile d'expliquer, est en rapport avec la zone de malilé splénique. Celte localisation spéciale de la gène douloureuse l'empêche d'être confondue avec la névralgie intercostale, dont la douleur suit longitudinalement le bord inférieur de la côte. x

Nous n'avons jamais observé la scapulalèie gauche qui serait aux affections de la rale ce que la douleur de l'épaule droite est aux affections du foie ; de même l'auscultation de la région que nous avons régulièrement pratiquée ne nous à Jamais fourni l'occasion d'entendre un souffle splénique.

Une fois en possession de ces différents symptômes plus ou moins accusés d'hypersplénie: gène spontanée dans Fhypochondre gauche, douleur à l'occasion des mouvements et à la palpation, abaissement du bord antéro-inférieur de la rate, il reste à en apprécier le degré d'hypertrophie en la délimitant par la percussion. Nous avons indiqué, dans l'exposé de notre technique, la façon dont nous avons procédé pour cette recherche : placé à la droite du malade que nous faisons reposer sur le côté droit, nous emplovons d'abord la percussion simple et nous vérilions ensuite avec le phonendoscope.

Nos observations relalent une augmentation très nette de la matilté splénique ; on verra que, chez les asystoli-

ques dont nous rapportons l'examen, l'étendue de la matité

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na pas été inférieure à dix centimètres et demi dans le sens transversal ef à sept centimètres dans le sens vertical, pour atteindre parfois quinze centimètres transversalement et dix centimètres verticalement. Ces dimensions appartiennent donc bien à des rates augmentées de volume, puisque nous savons, d'une manière générale, qu'il est permis, cliniquement, de conclure à l'hypertrophie splénique lorsque les diamètres du grand axe et du petit axe sont supérieurs à dix centimètres pour le premier et à cinq centimètres pour le second.

De plus, la plupart de nos recherches ont porté sur des femmes, dont la rate est, d'après les anatomistes, plus petite de un demi à un centimètre dans la longueur et la largeur. On sait également qu'elle s'atrophie dans la vieillesse d'une facon marquée, et cette notion permet d'apprécier mieux les diensions obtenues, quand il s'agit de vieux cardiaques. Pour établir plus rigoureusement encore nos résultats, nous avons cru utile de faire mention de la taille de chacun de nos malades.

Enfin nous avons soigneusement éliminé les cas douteux : c'est ainsi que nous avous laissé de côlé l'observation d'une femme entrée dans le service de M. Oulmont, en état d’asystolie, et dont la rate était notablement augmentée, à la percussion. Elle avait eu plusieurs accès de fièvres intermittentes, et bien que la dernière crise paludique. remontät à douze ans en arrière, nous avons préféré ne pas mentionner ce fait incertain. Nous avons agi de même pour un cardiaque hyposyslolique qui avait en même temps la syphilis.

Quelques-uns de nos résultats cliniques sont complétés

par l’autopsie qui, non seulement nous à prouvé l'exacti-

ere *“ tude des dimensions trouvées à la recherche de la matité

de la rate, mais encore nous a permis de constater pour la rate et pour le foie, une sorte de parallélisme de l'hypertrophie que nous croyons devoir signaler.

Ainsi, nous avons, dans un cas, un foie muscade de 1.460 gr. avec une rate de 220 grammes ; dans un autre, un foie muscade de 1.250 grammes et une rate de 190 grammes ; dans un troisième, le poids du foie est de 1.670 grammes, et celui de la rate 230 grammes (Voir observations IV, V, VI). Il nous parait done exister, comme le montrent les examens pos{ morlem, une proportion sensiblement égale dans l'augmentation du volume des deux organes, puisque le poids moyen de la rate est évalué à 180 grammes, et celui du foie 1.400 grammes.

Nous joignons à nos faits personnels, un certain nombre d'observations empruntées à différents auteurs, dans lesquelles le poids et l'état de la rate sont mentionnés et permettent de constater le parallélisme dont nous parlons. Et nous nous étonnons à Juste titre de lire dans une thèse de Rossen (1) que la rate « est l'organe le moins souvent lésé dans les maladies du cœur, même arrivées à leur dernière période », lorsque, en parcourant les sept observalions d'asystoliques qu'il relate, nous voyons que la rate est dite grosse dans cinq observations où le foie est noté augmenté de volume. Dans les deux autres cas elle est petite alors que le foie est petit également.

Ce fait qu'il existe plus souvent qu'on le croit généralément une proportion entre l'engorgement des deux organes de dérivation sanguine, se vérifie encore dans un

4) Rossen. Des congestions sanguines gens les maladies du cœur. Thèse Paris, 1855.

bon nombre d'observations que nous avons extraites de l'ouvrage de Parmentier sur le foie cardiaque, et que nous renvoyons à la fin de celte étude.

La solidarité pathologique entre le foie et la rate, vis-àvis des troubles de la cireulation générale, apparaît aussi dans les effets que produit, sur l'hypérémie splénique, la thérapeutique des accidents de l'asystolie. Sous l’action déplétive de la saignée, des purgatifs drastiques, de la digitale, on observe presque toujours en même temps’ que le renforcement de la pression artérielle, que la diminution de la tension veineuse et l'augmentation des urines, Le retrait de volume du foie qui se décongestionne plus ou moins rapidement. La rate, elle aussi, comme nous avons pu l'observer dans quelques cas, bénéficie, soit de la soustraction d'une certaine quantité de sang, soitde la saignée blanche de l'eau -de- vie allemande, soit encore du secours apporté au myocarde par la digitale.

IL n'est pas étonnant, en effet, que la stase diminuant dans le système de la veine porte, la rate revienne sur elle-même, en raison de sa grande élasticité, comme cela se passe pour le foie, dont les variations de volume, sous l'inflience du traitement général, sont souvent si considérables.

Nous mentionnons dans nos observations, les modifications qu'apportent, à la rate congestionnée, les divers agents thérapeutiques : disparition ou atlénuation de la gène de l'hypochondre gauche, diminution de la douleur à Ja palpation. enfin, zone de matité réduite de un à deux

centimètres, surtout dans le sens antéro-postérieur.

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