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diverses qui ont été données de la matité splénique normale.
Deux instruments analogues, le phonendoscope de Bianchi et le splanchnomètre de Capitan et Verdin ont donné d'excellents résultats dans la délimitation rapide ct précise de tous les organes. C'est à l’aide du splanchnomètre que M.le D' Ramond, alors interne de ChaulTard a mesuré vingt raies dont il a pu trouver les diamètres réels (Vorr Picou).
De même nous avons utilisé pour nos recherches, le phonendoscope, afin de contrôler et de préciser les résultats obtenus par la simple percussion. Grâce à cette méthode,nous avons pu dessiner sur la peau des malades, l'image de leur rate, el constater, d’un jour à l'autre, des varialions que, par la percussion manuelle seule, nous n'aurions pas osé affirmer.
Nous ne pensons pas cependant avoir jamais apprécié les limites réelles de chacune des rates examinées : ainsi qu'en témoignent quelques autopsies, nos mesures étaient inférieures de un à deux centimètres aux dimensions véritables,
Parmi les différentes attitudes à donner au sujet, pendant la recherche de la rate, une seule nous a été permise chez nos cardiaques : le décubitus latéral droit, bien que dans cette position la matité splénique devienne plus petite (de Niemeyer).
En effet, comme l'indiquent Ziemssen et Besnier, la situation verlicale permel de percuter plus aisément les parties inférivures de l'hypochondre ; ces auleurs conseillent d'ailleurs de contrôler l'examen fait dans une
position par la recherche faite dans l’autre.
F “Mais il n'eût pas été possible d'imposer à des malades
‘#4 ; dyspnéiques une exploration aussi laborieuse dans la te
Slation verticale, aussi avons-nous essayé, dans tous nos
examens, d'obtenir de éhacun un décubitus latéral droit satisfaisant, et nous avons pratiqué la percussion de la rate suivant les règles indiquées par Piorry et par Lancereaux (1).
Le malade étant en bonne attitude, le bras gauche replié sur La tète ou ramené au devant du cou, laissant par conséquent à découvert la région à examiner, nous nous plaçons à sa droite.
A l'aide du crayon dermographique, nous traçons sur la peau une ligne allant du sommet de l'aisselle à l'épine iliaque antéro-supérieure. Sur cette ligne axillo-iliaque, nous percutons fortement à partir de la cinquième côte gauche. On obtient une sonorité franche avec sensation d'élasticité « c'est le poumon seul ».
Puis nous continuons à percuter fortement en descendant sur la crête iliaque jusqu à la matilé franche de la rate seule ; nous remontons ensuite en percutant avec plus de soin et nous arrivons à une zone de submatité qui représente la portion de la rate recouverte par le poumou.
Nous marquons un premier point de repère à ce niveau, puis nous redescendons vers la crête iliaque où il faut percuter plus légèrement, et dès que la malité fait place à la sonorité, nous avons la limite inférieure de Ia rate
que nous repérons d'un second trait.
(1) Paulesco : Percussion de la rate Journal de médecine interne, 1897,
St Ne
Une fois les limites supérieure et inférieure obtenues, nous traçons une nouvelle ligne transversale coupant la ligne axillo-iliaque à égale distance des deux repères supérieur et inférieur de la matité verticale. Parallèlement à celte dernière ligne, nous percutons avec force en allant vers la colonne vertébrale : quand nous avons obtenu et marqué la limite postérieure de la matité, nous revenons en avant, en percutant légèrement encore à cause de la présence de la grosse tubérosité de l'estomac dont le tympanisme peut masquer la matité splénique. Au point où on ne perçoit plus cette matité, on trace le quatrième point de repère antérieur.
C'est à ce moment que nous faisons intervenir la phonendoscopie : nous plaçons le phonendoscope au centre de de la zone de malité, et nous frottons légèrement avec l'index, la peau, au niveau de cet espace mat, en nous éloignant peu à peu de la tige de l'instrument. Par des frolttements horizontaux nous vérifions nos limites supérieure et inférieure ; puis nos limiles antérieure el postérieure par des frottements verticaux ; enfin poùraracer le contour de la rate, en réunissant les quatre points principaux, nous procédons par des frottements obliques.
Il nous à paru bon de ne pas déplacer la tige du phonendoscope pendant l'exploration afin de mieux juger de la nuance des vibrations obtenues. Cet instrument nous a élé fort utile, dans les cas d'épanchement de la plèvre gauche, par exemple et chez les sujets adipeux.
Nos recherches de la matité splénique ont toujours été pratiquées aux mêmes heures, détail qui n'est pas indifférent, étant donnés les changements physiologiques du volume de l'organe,
HISFORIGTIE
La pathologie du cœur n'est bien étudiée que depuis Corvisart, qui, le premier signale le retentissement du cœur sur le foie. Il ne parle pas de la rate. Un peu plus tard, Portal dans son Traité des maladies du foie, dit avoir remarqué à l’autopsie, sinon cliniquement, l’augmentation de volume de la rate chez les cardiaques : «après des ampliations de volume du cœur, dit-il, il n'est pas étonnant, comme le retour du sang par les veines a été plus ou moins intercepté, que la rate et le foie soient plus ou moins engorgés. C'est ce que nous avons bien reconnu par l'observation ».
Bouillaud émet l’avis que la rate est diminuée de volume
chez les cardiaques, sauf dans quelques cas où elle est
hypertrophiée. Mais en cxaminant les comples rendus
d'autopsie de son traité clinique,on s'aperçoit que la rate n'y figure pas, le plus ordinairement.
Dans ses cliniques médicales et dans son anatomie pathologique, Andral discule assez longuement à propos du retentissement de la gène circulatoire sur la rate. «Il semblerait, dit-il, que la rate, dont le sang emporté par la veine splénique traverse le foie avant de se rendre au
cœur, devrait s’engorger et se tuméfier dans la même
proportion que le foie. Iln'en est rien cependant et dans le cas où, consécutivement à une maladie du cœur, tous les tissus et le foie en particulier, étaient gorgés de sang veineux, nous avons trouvé indifféremment la rate tantôt assez volumineuse, et en même temps dure ou molle, tantôt ayant ses dimensions normales, tantôt enfin beaucoup plus petite que dans son état ordinaire ».
Mais Andral ajoute que depuis la publication de ses cliniques, il croit avoir constaté que l'état le plus ordinaire dela rate dans les maladies de cœur est une grande densité de son tissu, sans une augmentation notable de son volume.
Grisolle est d'avis que, par son organisation même, la rate est un viscère éminemment disposé aux congestions, mais que ces congestions semblent n apporter aucun trouble dans l'organisme.
Piorry déclare non seulement que la rate n'est pas augmentée de volume, mais qu'elle est diminuée, chezles cardiaques. Appuyant cette opinion, Besnier, dans son article du dictionnaire Dechambre, nous dit que dags les cardiopathies, quelque grande que soit la gêne circulatoire, la rate ne se congeslionne que médiocrement et ne présente que rarement des altérations, alors même que la stase sanguine générale est ancienne.
De Niemeyer, à qui l'on doit une bonne étude de Ja rale, pense aussi que la rate subit à un faible degré l'infuence de la stase et avoue qu'il est difficile d'expliquer pourquoi : « Il est encore plus extraordinaire, ajoute-t-1], que dans la forme atrophique du foie muscade, le gonflement hypérémique de la rate fasse même généralement défaut. »
“ Le il convient de faire remarquer que la rate normale d'un adulte, pour Niemeyer à comme dimensions 13 à
Fu centimètres en longueur et à à LE HuUres en
ea est 250 grammes. Ces chiffres sont de beaucoup 14 supérieurs à ceux généralement acceptés et qui sont Va L d'après Sappey, Testut, Picou, etc., 12 à 13 centimètres 2e à pour le grand axe, sur T à 8 nt avec un poids moyen ÿ de 180 grammes. | |
Dans ses cliniques médicales, Peter admet que la rate . augmente de volume sous l'influence de la slase vei- 2 neuse et qu'elle peut, comme le foie, diminuer de nn volume, sous l'influence d'une rétraction cirrhotique. Er:
Les traités classiques récents ne nient pas que chez les cardiaques à la période d'asystolie, surtout quand il y a TE dilatation marquée du cœur droit, la rate puisse être TRS modifiée, mais cela sans augmentation de volume bien appréciable.
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DESCRIPHONSCELINIOQUE
L'insuffisance des contractions cardiaques et de la circulation du cœur provoque des manifestations toujours les mêmes et qu'on désigne, depuis Beau du nom d'asystolie. Mais si on note dans les cardiopathies chroniques une série d'accidents bien caractérisés, il est un fait intéressant que ceux-ci ne se montrent pas chacun au même degré chez les différents malades, comme le prouvent l'importance variable et la distribution inégale des congestions viscérales. Le tableau de l'asystolie varie en elfet suivant la résistance des circulations périphériques, et c'est ainsi que nous voyons le poumon ou le foie, le rein ou le cerveau, fournir séparément la symplomatologie entière de l'insuffisance cardiaque.
ILest un organe dont la participation à la stase velneuse générale à été passée sous silence, c'est la rate. Elle nous paraît cependant devoir prendre rang parmi Îles organes qui souffrent de l'affection du cœur : nous avons, en effet, constaté, à plusieurs reprises, chez des cardiaques asystoliques, l'augmentation de volume de la rate, et nous avons vu, dans des cas exceptionnels sans doute, mais incontestables, l'hypertrophie splénique excessive constituer à elle seule une forme spéciale d’'asystolie.
AO
Nous avons à examiner, suivant que cet organe joue un
rôle effacé ou important dans l'évolution de la cardiopathie, d'abord ce qu'est la rate dans l’asystolie commune,
ensuite l’asystolie à forme splénique,
ÏJ. — [La RATE DANS L’ASYSTOLIE BANALE,
L'interrogatoire du cardiaque assis sur son lit, haletant, au facies pâle, angoissé, aux lèvres violettes, aux extrémités froides, présentant des œdèmes plus ou.moins marqués, nous fait connaître le plus souvent quil souffre dans la région précordiale et dans la région hépatique.
Il n'est pas rare qu'il accuse également un point de côté douloureux dans l'hypochondre gauche ; la région splénique est le siège depuis un temps variable, d'une gène douloureuse qui augmente par les mouvements, s'exagère dans les larges inspirations, dans les efforts, et s'atténue par le repos. Certains cardiaques se soulagent, pendant la marche, en appuyant la main gauche sur le côté, de façon à comprimer l'hypochondre. is
Mais l'hépatalgie étant, d'habitude, plus intense et plus étendue, le malade attirera rarement l'attention du médecin sur la splénalgie qui passera inaperçue, si le hasard ou l'idée préconçue ne la lui font pas découvrir.
Pour interpréter cette gène douloureuse de l'hypochondre gauche, il faut chercher à se rendre un compte exact du siège de la douleur, par la palpation. Après s'être placé à la droite du malade auquel on fait fléchir légère-
ment les cuisses sur le bassin, afin que la paroi abdomi-
ie
nale reste souple, on déprime, avec la main droite, celte paroi, au dessous des fausses côtes gauches.
Selon le degré de la congestion de la rate, les doigts sentent plus ou moins nettement le bord inférieur de l'or-
gane, en même temps que le malade éprouve une sensation douloureuse.
Nous voyons ainsi quil en est de la rate comme du foie ; l'augmentation de son volume se traduit par l'abaissement de son bord inférieur, et la palpation de ce bord abaissé est douloureuse. Nous avons manifestement rencontré ce signe chez nos cardiaques, alors même que manquait la douleur spontanée, et il nous paraît important de n'en pas omettre la recherche.
D'ailleurs, c'est un fait connu que les congestions physiologiques et pathologiques de la rate donnent lieu fréquemment dans l'appareil splénique à des manifestations de gène, de tension, de douleur spontanée ou provoquée, et dont l'intensité est variable avec les individus et avec l'importance de Ia congestion. Nous trouvons signalé par Beau le fait d'une splénalgie physiologique, il a noté durant la course et les efforts prolongés le gonflement douloureux de ia rale, qui se traduit, au point même où siège cet organe, par une douleur tensive, vulgairement dite « foulure ». C'est pour empêcher ce sonflement et la douleur qui en résulle, dit-il, que les coureurs portent une ceinture au niveau de la région splénique. D'autre part, Cruveilhier rapporte que chez les sujets atteints de splénopathies diverses, il existe régulièrement une concordance entre l'aire de la matité et un espace dans lequel la percussion détermine, chez le
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