HYSTÉRIE SANS ATTAQUES
Ici les troubles psychiques tiennent le premier rang et
les désordres somatiques sont au contraire très peu prononcés : c’est ce qui a fait nier longtemps l’hystérie desenfants. Nous allons essayer de décrire aussi soigneusement que possible ces troubles des facultés affectives et intellectuelles qui caractérisent cette phase de la maladie, auxquels conviendraient bien mieux qu’à l’hystérie convulsive cette epilhele de Protée, accolée si invariablemenlt parles pathologistes a la névrose qui nous occupe.
D’après M. Legrand du Saulle (1), ce serait d abord les facultés affectives qui seraient atteintes chez les jeunes hystériques. Leur préoccupation constante est de faire parler d’eux. A l’occasion d’un fait qui chez un enfant bien portant ne produirait qu'une impression légère, on voit le jeune hystérique tomber dans un état de tristesse dont rien ne peut le tirer : un jouet brisé, une promenade manquee, une remontrance légère et voilà notre petit malade sombre, taciturne, fuyant ses compagnons de jeux, recherchant la solitude, tous les traits du visage contractés, les larmes prêtes à jaillir. Plus les parents et l’entourage seront frappes de ce changement d’humeur, plus l’hystérique persistera
dans son jeu, et vouloir le consoler, tenter de lui rendre la gaieté en s'empressant autour de lui, c’est aller à l’encontre de ce qu’il faut faire. Laissez votre petit malade se morfondre seul, ne vous occupez pas de sa mauvaise humeur