‹ De l'Hystérie chez les enfantsChapitre 13 sur 34 · Legrand du Saulle. Les hystériques, p · texte numérisé non relu

Legrand du Saulle. Les hystériques, p

èu de maladie de peau, de rhumalismes, ni de convulsions. Mais elle souffre de violentes migraines qui débutent par des frissons, suivis de douleurs de tète avec nausées, mais sans vomissements ; les migraines durent de trois à douze heures, et n’apparaissent pas spécialement à l’époque menstruelle. Celte femme est brune, grande et bien faite; elle paraît intelligente : elle se reconnaît impressionnable, mais n’éprouve pas pourtant la sensation de boule hystérique; de temps en temps, elle souffre de palpitations cardiaques ; depuis sept ans qu’elle a quitté son amant, elle n’en a pas pris d’autre, dit-elle ; en tous cas, elle n a pas eu d’autres enfants. Elle se défend de tout excès de boisson, et ne présente, d’ailleurs aucun signe d’éthylisme.

Le grand’père maternel de la malade est mort d’une affection cardiaque ; il était alcoolique ; la grand’mère était très nerveuse et souffrait de névralgies, mais n’avait pas d’attaques convulsives et ne buvait pas.

Parmi les a lires parents, il n’y a ni aliénés, ni épileptiques, ni gens difformes. Le bisaïeul maternel et sa femme se sont suicidés tous les deux, parce qu’ils avaient perdu leur fortune.

Grossesse. — La mère delà malade était devenue enceinte après quelques semaines de rapports sexuels. Son amant la demanda en mariage ; la mère qui avait d’abord refusé son consentement à cause de la disproportion des âges, l'accorda quand elle apprit l’état de grossesse; mais alors on reconnut que l’amant était déjà marié. Le père et la mère de la malade continuèrent leurs relations et vécurent ensemble. Au quatrième mois de la grossesse, une perte abondante se déclara et dura quatre jours, mais cependant, l’accouchement se fit à terme et naturellement. La mère n’avait pas d’autre chagrin que l’ennui de sa situation irrégulière.

L’enfant, élevée au biberon, en nourrice, fut reprise à vingt-deux mois ; elle marchait à un an, parlait à quinze mois et fut propre de bonne heure. Pas de gourme, ni de glandes, ni d’écoulements d’oreilles ; quelques ophthalmies de courte durée. Rougeole à cinq ans, puis douleurs de tête venant par crises si violentes qu’elle se frappait la tête et qui durèrent un mois ; elle n’eut pas alors de convul-

sions, ni de perte de connaissance ; son caractère devint irritable, insoumis ; elle avait de fréquentes colères, et, quoique d’un naturel craintif, ne cédait jamais.

Elle a toujours dormi les yeux à demi-ouverts. Elle a des cauchemars presque toutes les nuits et se réveille en criant : « Maman, on me prend, on me prend ! »

A onze ans, elle fut prise d’une crise d’excitation maniaque; elle parlait de se battre sur les barricades avec les soldats, se plaignait qu’on voulait l’assassiner et prit un jour un couteau pour frapper sa grand’mère.

Dans l’intervalle de ses emportements, elle causait seule presque tout le temps et éclatait de rire pendant vingt minutes. On la fit entrer à Sainte-Anne où on lui donna des bains ; elle disait qu’on voulait la noyer dans la baignoire.

Sortie au bout de six mois, plus calme, elle resta trois mois avec sa mère, mais elle n’était pas revenue à un état naturel. Dans la rue, tantôt elle interpellait les hommes, leur reprochant de la regarder et de dire du mal d’elle ; tantôt elle ne voulait pas qu’on parlât haut de peur d'attirer l’attention des passants. Elle injuriait les autres petites filles, cherchait à se battre et à égratigner. Trois jours avant son entrée à la Salpêtrière, elle a sauté à l’oreille de sa grand-mère, comme en rage; à la maison, elle pinçait sa mère, lui mordait la main ou lui tordait la joue ; à certains moments, elle se regardait dans la glace, se trouvait très jolie, admirait ses mains, parlait de mariage : elle disait qu’elle se serait mariée avec le médecin de service, si elle était restée à Sainte-Anne.

Elle aime la solitude et entend parfois des voix qui disent du mal d’elle. Elle a quelques hallucinations de la vue ; elle voit des poux dans sa soupe.

Elle aurait essayé de mettre le feu et a brûlé une couverture ; on l’a vu grimper une fois sur une fenêtre en faisant mine de se jeter en

bas.

Pas d’onanisme. La santé physique est bonne, l’appétit assez régu-

lier, ainsi que les gardes-robes. Un peu de congestion céphalique après les repas.

L’enfant tousse un peu, mais n’a jamais eu d’hémophlysie. Elle n’est pas réglée : sa mère l’était à quatorze ans, sa grand’mère à douze.

A l’école elle apprend peu à cause de son inattention, car sa mémoire est bonne. Elle se rappelle tous les détails de son internement : le voyage de l’Infirmerie de la préfecture au bureau de répartition de Sainte-Anne oh elle est restée huit jours cette fois, et garde rancune à sa mère de l’avoir fait conduire dans une voiture grillée.

Elle reconnaît très bien ses parents quant ils viennent la visiter. Bien qu’elle n’ait jamais eu depuis son entrée ni attaques convulsives ni vertiges, ni perte de connaissance, son caractère est bien resté celui d’une hystérique ; à la fois très nerveuse et très portée à l’exagération. Elle fait des manières, disent ses petits camarades.

Bien que ce soit à l’ordinaire un cœur sec et indifférent, et que la réalité de ses sentiments affectueux pour les personnes qui l’entourent ou sa mère qui vient la voir, soit très douteuse, elle ne manque pas à certains jours d’afficher en paroles et en gestes des démonstrations de tendresse excessive quand elle est certaine d’être regardée et écoutée.

Vis-à-vis des élèves du service, son regard est effronté et provoquant. Un jour, dans le cabinet du médecin elle a tenté de simuler des vertiges épileptiques ; elle a été sévèrement admonestée et elle n a plus recommencé.

Mais à côté de ces cas, on en rencontre de nombreux où le jeune hystérique ment sans autre but que le plaisir de mentir, et ce n'est pas là un des moindres caractères de l’état mental de ces petits malades.

Nous en trouvons un autre dans leur amour des excentricités ; mais ici, il faut le dire, l’âge entre pour une part presqu’aussi large que la maladie : la raison n’existe pas encore chez l’enfant pour pondérer ses actes et l’expérience

lui manque pour lui permettre de les contrôler, de voir s’ils rentrent bien dans le cadre des actes qu’il a l’habitude de voir se reproduire journellement.

Qu’est-ce que l’excentrique ? c’est l’individu qui commet des actes anormaux, qui, étant à l’étroit dans le monde des réalités correctes, est avide de l’extraordinaire, prend plaisir à être pour tout le monde un sujet d’étonnement, imaginant pour lui-même le genre de vie le plus anormal, se mettant en révolte avec les usages reçus ; c’est l’individu qui impose avec audace ses caprices les plus malséants, combat toutes les traditions et tente de leur substituer ses idées et ses procédés. Il y a bien là des traits pouvant s’appliquer aux jeunes hystériques ; mais d’autres sont des conséquences de l’enfance même. L’adulte excentrique qui commet un acte anormal le fait avec connaissance de cause ; il a son expérience pour lui montrer qu’il se met, en le commettant, en contradiction avec ce qu’il a été habitué à voir faire ; mais l’enfant, qui manque d’expérience, peut commettre un acte anormal de gaieté de cœur, sans se douter qu’il est en désaccord avec ce que l’usage et l’habitude ont jugé bon d’appeler un acte ordinaire, normal.

Ainsi n’incriminons pas trop la maladie quand il s’agit de J l’excentricité cnez les jeunes hystériques. Le désir d’étonner, la volonté d’imposer ses caprices, voilà qui est marqué au coin de la névrose, le reste, mettons-le sur le compte de l’inexpérience de l’enfant, en ajoutant, toutefois, pour ne pas faire à celle-ci la part trop large que plus l’enfant se rapprochera de l’âge adulte, plus rares devront être ces excentricités, car alors le développement de l’hystérie, seul, pourra donner l’explication d’actes bizarres et anormaux que l’âge, ap-

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portant son tribut d’expérience, aurait dû suffire a faire avorter.

Nous l’avons dit, l’intelligence est rarement atteinte : quelquefois on voit cependant survenir des troubles de la mémoire analogues à ceux qui ont été rapportés dans les observations d’hystériques adultes, où des cas très nets de double conscience avaient été observés (Cas de FœlidaX. par M. Arzam de Bordeaux, de Louis Y... recueilli a l’asile de Bonneval (Eure-et-Loir par le D r Camuset). M. Legrand du Saulle résume ainsi une observation de M. Arzam de Bordeaux.

Il s’agit d’un jeune garçon de douze à treize ans qui présenta dès l’âge de cinq ans des accidents hystériques : toux quinteuse et spasmodique, chorée, hoquets, convulsions, paralysies diverses ; puis s’y ajoutèrent des hallucinations terrifiantes et une perte subite de la mémoire pendant laquelle il ne savait plus ni lire ni écrire, ni compter, avait oublié tout son passé, causait mal, ne reconnaissait plus son entourage, sauf son père et sa mère et l’un ou l’autre de ses frères et sœurs, pais pas toujours les mêmes. Il savait encore conduire une voiture, monter à cheval * et dire ses prières à l’heure» habituelle (il avait toujours fait preuve d’une véritable exaltation religieuse). — Au bout de vingt jours, celte amnésie cessa brusquement, et, comme si un voile se fût déchiré, la notion entière de son passé lui revint subitement. Ainsi, pendant l’amnésie, il ne voyait dans les caractères imprimés ou écrits que des signes sans valeur; tout à coup leur ensemble eut un sens pour lui, il n’eut pas à réapprendre lentement à lire, de même pour l’écriture et les autres connaissances qu’il avait

possédées auparavant. Quatre fois en deux ans le même phénomène se reproduisit : amnésie totale et périodique alternant avec des accidents nettement hystériques, paralysies, contractures, suffocations, tics, aboiements, terreurs etc.. Nul doute que chez cet enfant comme chez Fœlida, l’amnésie n’ait été un mode d’expression de la névrose hystérique.

Que s’est-il passé là ? C’est ce que M. Ribot dans son livre sur les maladies de la mémoire appelle une amnésie générale périodique. Il cite, du reste l’observation de ce petit malade et d’autres plus complètes relatives à des adultes. Il cherche à donner de ces faits une explication en supposant qu’à côté de la mémoire normale acquise depuis l'enfance, il se forme pendant les accès une mémoire partielle, temporaire et parasite. Puis, ces deux mémoires alternent et se substituent l’une à l’autre. La première embrasse la totalité des états de conscience, la seconde un groupe restreint d’états qui, par un triage naturel se séparent des autres et forment dans la vie de l’individu une suite de tronçons qui se rejoignent.

« Le résultat de cette scission de la mémoire, c’est que l’individu s’apparaît à lui-même — ou du moins aux autres — comme ayant une double vie. Illusion naturelle, le moi consistant (ou paraissant consister) dans la possibilité d’associer aux états présents des états qui sont reconnus, c’est-à-dire localisés dans le passé. H y a ici deux centres distincts d’association et d’attraction. Chacun attire un groupe d’états et reste sans influence sur les autres. »

Pour le cas que nous venons de citer, il n’est pas néces-

saire de faire intervenir la formation d’une mémoire nouvelle. La mémoire normale disparait et reparaît périodiquement ; elle est pendant un certain laps de temps suspendue sous ses formes consciente et demi-consciente. Mais tout ce qui est mémoire organisée, routine, n’est pas entamé. Les dernières assises de la mémoire tiennent bon.

Quelle que soit l’explication physiologique ou psychologique de ces amnésies générales, bornons-nous à citer ce cas et à faire remarquer que c’est une forme rare de manifestation intellectuelle de l’hystérie infantile.

Disons enfin que toutes ces mauifestations pathologiques de la névrose s’attaquant soit aux facultés intellectuelles, soit aux facultés affectives se présentent de la même façon chez le jeune garçon et chez la petite fille.

Cependant il faut signaler chez certains jeunes garçons hystériques des caractères tendant à les rapprocher du sexe faible, présentant en un mot cet ensemble de symptômes qu’on a appelé le féminisme. Physiquement, rien n’est bien remarquable ; l’âge que nous étudions n’étant pour le jeune garçon qu’une période de transition, de formation, les contours moins arrêtés, les saillies musculaires plus fondues, les mouvements plus lents, plus harmonieux, moins décidés, tout cela est mis sur le compte de l’âge, et les seuls symptômes qui restent pour éclairer l’observateur doivent encore être cherchés dans le caractère. Le jeune garçon est plus timide, plus craintif que ne le sont généralement les enfants de son âge . il se trouble aux questions qu’on lui pose, rougit, baisse les yeux : le regard est presque toujours vague, rêveur, poétique, langoureux. L’enfant est coquet, passe des heures à sa toilette : il n’éprouve aucun

plaisir aux travaux manuels ; il ne recherche pas les jeux auxquels se plaisent les camarades de son âge. Il joue de préférence à des jeux de petite fille, recherche les poupées, les chiffons, les rubans. Voici un exemple de ces tendances chez un jeuue garçon manifestement hystérique.

Observation III

Jeune garçon. — Crises convulsives dans lesquelles dominait l'arc de cercle et précédées de phénomènes épileptiforme. — Plaques d'hyperesthésie au côté gauche. — Modification du caractères et des goûts. — Espiègleries, amour de poupées.

« Au mois d’août 1877, on vint me prier de voir le jeune X..., atteint d’une maladie nerveuse que le médecin traitant mettait sur le compte d’une tumeur cérébrale, ou qu’il rattachait pour le moins à l’épilepsie. Le jeune malade avait des crises depuis plusieurs mois dans lesquelles, à la perte de connaissance se joignirent des convulsions plus ou moins intenses. »

« En arrivant à la demeure du jeune X..., je trouve, à ma rencontre, le médecin traitant qui m’apprend que le malade est justement dans ses crises et que je pourrai facilement constater que c’est bien de l’épilepsie. »

« J’entre et vois un enfant qui venait en effet de tomber en état de crise. Pour l'instant, il était en attitude d’arc de cercle parfait ; tout le corps était incurvé en arrière et la tête et les pieds reposaient seuls sur le lit. Les yeux ouverts étaient en strabisme convergent. J’appliquai la main sur l’abdomen de l’enfant, et j’y découvris une plaque d’hypéresthésie du côté gauche. En pressant sur ce point, le petit malade quitta brusquement l’attitude d’arc de cercle et se mit à sauter comme un ver, puis il ne tarda pas à reprendre la position première qu’il garda pendant sept à huit minutes. On me dit que, dans scs crises, l’arc de cercle était précédé de convulsions épileptiformes,

et cela plusieurs fois par jour. Son caractère s’était considérablement modifié. Je remarquai dans la chambre où nous nous trouvions et qui était celle que l’enfant occupait habituellement, tout un étalage de joujoux de fillette, des ménages, un petit salon, des poupées. Comme je demandais à sa mère si elle n’avait pas d’autres enfants, elle répondit négativement et déclara que son enfant qui était un vrai garçon auparavant, avait pris des goûts féminins depuis qu’il était malade, et s’était misa jouei comme une petite fille.

< Il était facile, d’après la forme des convulsions et d’après ces quelques renseignements, de reconnaître qu’il s’agissait ici de phénomènes hystériques et nullement d’épilepsie. Je conseillai de mettre l’enfant entre les mains d’un précepteur, et tout d’abofd, de l éloigner de son père et de sa mère, puis de le soumettre pendant trois ou quatre mois au moins, aux pratiques de l’hydrothérapie méthodique (douches froides brisées matin et soir). J’ajoutai un peu d’exercice gymnastique et du fer à l’intérieur. L’enfant était un peu anémique, d’apparence délicate et féminine. Il n’y avait aucune anomalie des organes génitaux. Au bout de quinze jours, les crises devinrent plus rares. Au deuxième mois elles avaient complètement cessé. Enfin, la guérison pouvait être considérée comme complète après le troisième mois du traitement. L’hydrothérapie n’en fut pas moins continuée pendant sept à huit mois. Depuis, l’enfant n’a plus éprouvé aucun malaise.

Le traitement fut suivi à l’établissement hydrothérapique du D r Pascal, auquel nous devons les renseignements qui suivent et qui complètent le récit de M. Charcot.

Le 1 er octobre 1877, Mme X... venait à l’Institut hydrothérapique de Passy conduire son fils pour l’y soumettre à la médication hydrothérapique. .

Le jeune X... est âgé de douze ans, d’un tempérament lymphaliconerveux ; sa taille est à peine celle des garçons de son âge.

Depuis huit mois, le malade a complètement perdu la faculté du travail. Tout effort d’attention le fatigne, le brise. Il a perdu l’appé-

tit, il est devenu taquin, plein de caprices. Chaque jour il faut le conduire au bazar et satisfaire ses fantaisies.

Le sommeil fait également défaut, l'anémie est profonde. Pour compléter ce tableau, des crises nerveuses avec perte de connaissance sont survenues, et avec ces crises, une véritable manie de la destruction. Un jour il ouvrira les robinets pour inonder l’appartement. Un autre jour, ce sont les tapis du salon qu’il arrosera avec de l’huile.

Et, ceci est à noter, lorsque la chose est faite, il fait chorus avec ceux qui la déplorent, si bien que, sans ses confidences imprudentes , on ne se douterait jamais qu’il est l’auteur du méfait.

Pendant <ette phase de la maladie, le jeune X... avait des hallucinations, il voyait des animaux, chiens, chats, etc. Il eut même des accès de somnambulisme. A deux reprises différentes, après avoir été mis au lit, on le trouva levé, habillé, ayant allumé des bougies.

Les amusements de ses camarades n’ont plus d’attrait pour lui. Ce qui lui plaît, ce sont les poupées ; il prend tous les goûts des jeunes filles.

Sur le conseil du médecin de la famille qui croyait à une affection grave du cerveau, ou s’en alla passer une saison à la campagne.

Six mois après, nulle amélioration n’était survenue. Les crises continuaient. La famille demanda que le professeur Charcot fût appelé en consultation.

Après l’examen du malade et sur les renseignements qui lui furent donnés, M. Charcot conclut à une affection nerveuse, purement hystériforme, parfaitement curable par un traitement hydrothérapique bien dirigé.

Le traitement fut donc institué et suivi avec une grande ponctualité pendant six mois.

Lorsque les forces furent revenues, on mit le jeune malade à la gymnastique ; plus tard on lui fit faire de l’équitation, de l’escrime.

Le traitement consistait en deux douches par jour.

A l'intérieur, teinture de mars tariarisée, 8 gouttes matin et soir

(16 gouttes par jour) : vin de Colombo, un petit verre avant chaque

16 Au bout de deux mois, on lui donna un précepteur pour le remettre au travail, et h mesure que la santé revenait, les progrès intellectuels étaient aussi plus marqués.

Après six mois de traitement, le jeune X... a grandi, s est développé. il a gagné en poids 7 kilogrammes; sa famille l’emmène à la

campagne. , , , , •

Au mois de novembre, nous le voyons; l’action consecutive du tra tement a porté ses fruits, il est méconnaissable, grand, fort, apte aux études qu’il a définitivement reprises, il est maintenant bien p us avancé que ses jeunes contemporains.

Toute trace de l’affection diagnostiquée en premier lieu, affection qui avait rendu si malheureuse toute sa famille, a complètement disparu (1).

Cependant, le féminisme s’observe bien moins souvent qu’on ne serait tenté de le croire chez les jeunes garçons, et le plus souvent, l’habitus extérieur et un examen superficie ne révèlent rien de la névrose. Dans ce cas néanmoins, il était, on le voit assez développé.

Cette observation est aussi très remarquable par le développement qu’avaient pris chez ce jeune hystérique les modifications du caractère et des goûts, par la tendance aux espiègleries : aussi est-ce pour cela que nous l’avons placée à la fin de cette étude des troubles mentaux des jeunes hystériques.

Nous venons d’étudier l’état psychique spécial, les desordres intellectuels qui tiennent une place si large dans le tableau symptomatique de l’hystérie infantile ne s accompagnant pas d’attaque. Disons cependant que même dans

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